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Ce ne sont pas tous les pêcheurs qui sont prêts à débourser plus de $1000 pour un séjour pêche. Surtout si le point d'accès en forêt se trouve à Sept-Îles sur la Côte-Nord. C'était une première pour tous les membres de notre groupe en fait. Nous avions envie de solitude et "de pêche exotique" pour employer l'expression de Jean-François. De mon côté j'espérais depuis longtemps avoir la chance de battre mon record personnel de mouchetée et la pourvoirie Mabec me semblait l'endroit tout indiqué pour y arriver.
Préparation et présentation de la rivière Manitou Revenons à la préparation de ce voyage. Déjà en 2003 j'ai tenté de me rendre à la pourvoirie Mabec une première fois. Mon partenaire de pêche habituel a fait pencher la balance plutôt sur la rivière Rupert. En 2004, j'ai hésité longtemps entre la pourvoirie du lac Holt et la pourvoirie Mabec. Je cherchais un endroit où je pourrais me rendre avec ma conjointe pour souligner mon quarantième anniversaire. L'absence de camp pour deux personnes et la grande superficie des plans d'eau m'ont amené à choisir la pourvoirie du lac Holt. En 2005, 2 copains de travail avec lesquels je fréquente surtout des réserves fauniques étaient bien décidés à se payer le luxe d'un voyage de pêche en hydravion. Je leur ai suggéré une sortie sur la rivière Manitou. L'un des intérêts de cette destination est la beauté des paysages et l'état de conservation de l'écosystème de la rivière Manitou. Le secteur dans lequel la pourvoirie Mabec est située est montagneux et on peut y observer plusieurs falaises desquelles se jettent des ruisseaux formant des chutes spectaculaires. La pourvoirie Mabec opère en plan européen au lac Brézel et au lac des Eudistes. Ce lac doit son nom à une communauté religieuse, les Eudistes, qui sont venus de France en 1903 pour s'installer sur la Côte-Nord. Le lac Brézel, lui, rappelle Auguste Brézel, un missionnaire eudiste né en France en 1868 qui arriva sur la Côte-Nord en 1903. La carte du gouvernement du Québec à l'échelle de 1/20 000 de la rivière Manitou mentionne "le portage des Eudistes". Il est donc assuré que des missionnaires de cette communauté ont évangélisé les Montagnais qui fréquentaient ce territoire.
Cette rivière n'a jamais été harnachée jusqu'à maintenant. Un projet de mini-centrale a toutefois failli la dénaturer. En 2001 ce projet a été retiré suite aux pressions populaires. Pourtant la rivière Manitou était déjà considérée à l'époque par Parc Canada comme un site potentiel pour établir un parc national de conservation. Le secteur de la rivière Manitou est aujourd'hui revendiqué par la communauté montagnaise. La famille de Mme Philomène McKenzie prétend en effet que la rivière Manitou fait partie de leur territoire ancestrale. Nous verrons prochainement ce que réservera la négociation de "l'approche commune" entre le gouvernement du Québec et les Montagnais pour cette magnifique rivière de la Côte-Nord. Espérons que la solution de ces conflits permettra la mise en place d'un parc qui protégera définitivement la rivière Manitou.
La grande question: quand doit-on pêcher là-bas? Les conditions climatiques de la Côte-Nord ne me sont pas inconnues puisque je suis né à Baie-Comeau. J'ai réservé au départ un séjour autour du 23 juin 2005 qui offrirait selon moi des conditions agréables. Deux copains étaient disponibles pour m'accompagner pendant cette période mais le 4ième membre du groupe n'était malheureusement pas libre. Avec regret j'ai dû annuler mon voyage là-bas. Mais j'ai demandé au pourvoyeur de m'aviser si un séjour de 4 jours se libérait à un autre moment en juin.
Pendant ce temps j'ai fait mes devoirs pour trouver plus d'informations sur la pourvoirie Mabec. J'ai entendu parler de cette pourvoirie la première fois dans un publi-reportage de Raymond Carignan si ma mémoire est bonne à Passion Plein-Air il y a quelques années. Et oui encore lui! J'écoute en effet toutes ses émissions pour le meilleur et pour le pire. Le pire c'est qu'il nous fait rêver en grand M. Carignan. Chez Mabec lors de son récent tournage diffusé sur RDS à l'hiver 2005, ils ont eu l'occasion de croiser le fer avec plusieurs belles mouchetées. C'est Louis Laurin, le propriétaire de la pourvoirie, qui était leur guide. Évidemment M. Carignan nous dit rarement que la pêche est parfois difficile même dans les destinations de rêve... C'est aussi à cause de lui que je suis allé sur le lac Mistassini pour la première fois. J'y avais pris 3 ou 4 mouchetées trophée dont ma plus belle prise à vie pour cette espèce: une mouchetée de 5 livres et quart. Je pensais bien avoir la chance de battre mon record chez Mabec. La photo des 2 mouchetées trophées illustrant la couverture du dépliant de la pourvoirie Mabec en 2005 a été prise lors d'un séjour de M. Richard Monfette, un chroniqueur de Sentier Chasse et Pêche, il y a quelques années au lac Manitou. Je me souviens vaguement de l'article en question. Mais les photos, elles, peuvent difficilement être oubliées. Le chroniqueur de Sentier avait pris des mouchetées énormes aux couleurs impressionnantes. Il était là-bas en plan américain en fin de saison. Si vous avez le guide de la pourvoirie 2005, allez jeter un coup d'œil à la page 77, n'importe quel pêcheur aimerait avoir la chance une fois dans sa vie de prendre d'aussi belles mouchetées n'est-ce pas?
Contrairement à moi, je ne crois pas que messieurs Carignan et Monfette avaient payé le plein tarif pour avoir la chance de pêcher chez Mabec. Voyez-vous quand vous payez votre voyage et que le media pour lequel vous collaborez ne vous donne pas un sou pour votre texte, vous avez le loisir d'écrire exactement ce que vous voulez. Et j'ai bien l'intention de vous donner ma vision des choses telles que je les ai vécues pour www.peche-reportage.com Une source anonyme sur le web vaut mieux que 2 "publi-reportages" Je reviens à la phase recherche. Je n'avais pas la chance de connaître quelqu'un qui avait fréquenté la pourvoirie Mabec. J'ai donc envoyé quelques bouteilles à la mer via le web et un pêcheur qui est allé deux fois là-bas m'a donné quelques informations dans un premier courriel le 13 décembre 2004: Puisqu'il n'a jamais donné suite à ma demande de publier son nom, je vais le nommer à partir de maintenant ma "source web" et je ne vais pas révéler ses secteurs favoris faute d'avoir eu son accord... - "Il y a vraiment de la grosse truite, mais il faut y aller à la première semaine d'ouverture sinon elle est difficile à prendre: trois à quatre livres en moyenne et quelque cinq livres..." Je l'ai relancé pour avoir un peu plus de détails sur ses expériences personnelles et voici ce qu'il m'a répondu au sujet de la pêche en plan européen au lac des Eudistes et au lac Brézel: - "Ces lacs sont bons autour du 5 juin, quand ils viennent de caler, il fait froid, mais ça vaut la peine croyez-moi. J'y suis allé 2 fois et après avoir discuté avec des pêcheurs qui y allaient à chaque année depuis 10 ans, ils m'ont confirmé que la première semaine de pêche est la seule véritable semaine de pêche sur ces lacs. J'avais pensé comme vous la deuxième année( y allé plus tard) et nous n'avons pas fait nos quotas. La première année nous sommes revenus avec nos quotas et rien en bas de quatre livres et nous avons fait de la remise à l'eau pendant les 2 derniers jours. On avait pris au moins 20 truites par gars par jour. L'année suivante soit le 12 juin, il y a eu des journées ou on n'a rien pris et dans les même trous en plus d'avoir ratissé partout". Est-ce que j'ai besoin de vous dire que j'étais encore plus motivé à faire en sorte que ce voyage fonctionne! Oui c'est vrai que la pêche pouvait être difficile mais moi je pensais surtout à "rien en bas de quatre livres..." J'ai donc communiqué de nouveau avec le pourvoyeur pour tenter cette fois de réserver un séjour plus tôt en juin... Le pourvoyeur J'ai été agréablement surpris par mes discussions avec M. Louis Laurin, le propriétaire de la pourvoirie Mabec. Je ne peux pas le citer parce que je n'ai pas pris de notes pendant nos nombreuses conversations téléphoniques au fil des ans mais je me souviens qu'il prétendait que la pêche était bonne au lac Brézel et au lac des Eudistes de l'ouverture à la fin juin. Il m'avait parlé du fait que la pêche était aussi très bonne à la fin mai mais je ne me souviens pas qu'il m'ait dit que "le temps de la grosse" était en début de saison. S'il l'avait fait, je n'aurais jamais tenté de réserver un séjour à la fin juin en premier lieu. M. Laurin est un homme d'affaire fort sympathique et il était très disponible pour discuter pendant la saison morte. Je n'ai jamais eu de difficultés à le rejoindre en décembre dernier que ce soit par téléphone ou par courriel. J'ai toutefois senti un léger changement d'attitude lorsque mon séjour fut réservé. Mais je ne lui en tiens pas rigueur parce que son horaire était de plus en plus chargé plus la saison avançait. Plan américain et plan européen M. Louis Laurin participe en effet à plusieurs salon de "sportsman" dans le Nord-Est des États-Unis et au Québec. La pourvoirie Mabec fait une bonne partie de son chiffre d'affaire avec le plan américain offert au lac Manitou. La pêche là-bas est bonne pendant une plus longue période. Pourquoi? Simplement parce que l'usage d'un guide y est obligatoire et qu'ils permettent d'accéder à la totalité du territoire de la pourvoirie. Les guides utilisent des bateaux équipés de moteur à turbine qui leur permettent de naviguer aussi bien en lac que sur la rivière Manitou même lorsque l'eau est basse pendant l'été. Ils sont à la recherche des mouchetées trophées. En début de saison elles se trouvent surtout en lac, ensuite elles se déplacent en rivière, surtout en fin de saison, vers leurs sites de fraie. La navigation dans ces secteurs est dangereuse et sans guide un pêcheur aurait vite fait d'endommager les embarcations à moteur à hélice qui sont à la disposition des clients en plan européen. Vous vous demandez peut-être quelle est la différence entre le plan américain et le plan européen? Les repas sont offerts par le pourvoyeur en plan américain. Vous devez amener votre nourriture et faire la popote en plan européen. Le plan européen n'est offert qu'au lac des Eudistes et au lac Brézel. Le plan américain offert au lac Manitou est hors de prix pour mon budget pêche: $2495 plus taxes pour un séjour de 4 jours en 2005. J'ai finalement reçu un coup de fil de M. Louis Laurin qui m'avisait qu'un séjour se libérait au camp du lac Brézel du 12 au 16 juin 2005. Je me suis mis sur le téléphone et j'ai de nouveau réussi à convaincre deux collègues de m'accompagner. Mais il me manquait toujours un 4ième homme. J'ai rencontré Luc par hasard au bureau et je lui ai demandé s'il pouvait être intéressé par une partie de pêche sur la Côte-Nord. Quarante huit heures plus tard, il me confirmait sa disponibilité et j'ai enfin pu réserver notre séjour. M. Laurin m'avait offert un autre séjour à la fin mai mais je n'étais pas disponible pendant ces dates puisque j'allais avec un autre groupe dans la réserve Mastigouche. J'étais aussi réticent à pêcher sur la Côte-Nord à la fin mai. Je fréquente souvent la région de Baie-Comeau pendant cette période. Il n'est pas rare que le mercure descende en bas de zéro pendant la nuit. Je craignais que mon groupe tombe sur des conditions climatiques trop difficiles. Avec ce que je sais aujourd'hui, si j'avais été libre, c'est probablement ce séjour là que j'aurais tenté de réserver. Le printemps 2005 sur la Côte-Nord fut en effet très hâtif et la fin mai offrit semble-t-il de très bonnes conditions de pêche. Le choix des dates pour votre séjour est donc extrêmement difficile. Contrat Là-dessus je tiens à vous donner quelques détails sur le fonctionnement de la pourvoirie Mabec. Comme toute bonne pourvoirie qui se respecte une réservation implique que vous devez donner un dépôt de 50% par personne dans les dix jours suivant la réservation. Le premier 30% du prix total du forfait est non remboursable en tout temps. Le paiement final doit être fait 60 jours avant la date de départ. En cas de pépin, M. Laurin accepte de reporter votre séjour à une date ultérieure, voir l'année suivante, mais les remboursements sont impossibles. C'est important de vérifier ce genre de détails lorsqu'on réserve un séjour en pourvoirie. On ne sait jamais ce qui peut arriver et un homme averti en vaut deux. Accès et fonctionnement de la pourvoirie Mabec Voilà pour l'aspect légal. Maintenant parlons de logistique. La pourvoirie Mabec est accessible uniquement par hydravion. Et on ne vous permet pas d'entrer à leurs camps au moment ou vous voulez contrairement à Air Mont-Laurier par exemple. Chez Mabec en plan européen, vous pouvez rentrer: le dimanche à 11H30 pour sortir le jeudi à 12H30 (4 nuitées) le jeudi à 11H30 pour sortir le dimanche à 12H30 (3 nuitées). Les hydravions de Labrador Air Safari volent presque toujours avec des clients. De cette façon M. Laurin diminue ses frais de transport et maximise ses revenus. Évidemment si vous avez le budget et le temps nécessaire vous pourriez partir une semaine si vous le désiriez. Je vous recommande chaudement de réserver un séjour de 4 jours si possible. La différence de prix est minime: $995 versus $895 en 2005. Les plans d'eau sont grands, une journée de pêche de plus en vaut la peine. Les chalets en plan européen peuvent loger 4 personnes. Il y a un seul chalet sur le lac Brézel. C'est la raison pour laquelle j'ai choisi d'aller là-bas au lieu d'aller au lac des Eudistes. Je voulais avoir la "sacro-sainte paix"... Le site sur le lac des Eudistes comporte trois chalets: deux pour les clients et un pour le gardien du territoire. Les chalets du lac des Eudistes sont aussi d'une capacité de quatre personnes. M. Laurin accepte de louer ses chalets en plan européen en baisse de capacité autour du début mai. Il est donc possible de s'y rendre à deux ou trois personnes si vous acceptez de prendre un de ses séjours invendus à la dernière minute. Que vous soyez logés au lac Brézel ou au lac des Eudistes ne changent rien au territoire de pêche auquel vous avez accès. On peut aisément naviguer sur la rivière Manitou pour aller pêcher sur ces deux plans d'eau. Le transport par hydravion impose des contraintes de poids pour des questions de sécurité évidentes. Vous avez droit à 1200 livres au total, passagers et matériels inclus lors d'un transport aérien par Beaver. Et si vous n'avez jamais fait un voyage en hydravion, vous aurez là un problème majeur surtout si les passagers font plus de 200 livres en moyenne! 4 X 200 livres par passager implique que vous aurez droit à 100 livres par personnes pour le matériel et la bouffe. Sortez vos balances à poissons et vos pèse personnes lorsque vous ferez vos bagages si vous voulez éviter de mauvaises surprises à l'hydrobase du Lac Rapide tout près de Sept-Îles. Malgré toutes nos précautions nous avions 22 livres de trop. Et le transporteur, Labrador Air Safari, une filiale d'Air Saguenay, nous a imposés de laisser du matériel derrière nous. Ils ont pesé tout notre matériel en premier lieu. Ensuite ils nous ont demandés de monter sur la balance. Nous faisions plus que le poids total requis de 1200 livres. Nous avons enlevé toute la glace des glacières. ne glacière et quelques pièces de matériel ont été laissées dans mon véhicule. Nous nous sommes efforcer de limiter le liquide au minimum. Nous n'avions pas d'eau embouteillée ni de Perrier, pas de jus ni de boisson gazeuse et seulement un litre de lait pour le café. Limiter l'alcool est encore plus un casse-tête. Nous n'avions pas le choix! Une caisse de vin de 12 bouteilles fait 34 livres pour votre information. Une caisse de 12 bières fait 15 livres. Évidemment on peut toujours réduire le poids de nos consommations en achetant des canettes et des viniers.
Les gros buveurs peuvent aussi faire une entente et payer des frais de transport supplémentaire! Les 4 pêcheurs qui sont arrivés après nous au lac Brézel ont payé le prix d'un Otter pour le transport à l'aller afin d'amener leur ration de bière! Un coût d'environ $500 supplémentaire pour le transport selon notre pilote. Au départ quand j'ai vu les caisses de bières sortir les unes à la suite des autres de l'hydravion je me suis dit que ces gars là étaient des rois de la logistique. Ensuite j'ai fini par comprendre qu'ils avaient plus d'argent que nous à dépenser pour agrémenter leur séjour... Nous avions calculé par personne 60 livres de matériel et 40 livres de bouffe. Saviez-vous qu'une paire de botte de caoutchouc avec feutre fait plus de 7 livres! Quand je suis monté sur la balance je devais faire plus de 230 livres avec mes bottes. Heureusement tout le groupe avait suivi les directives pour le poids et nous nous en sommes bien tirés puisque pour la bouffe et l'alcool nous devions faire moins de 160 livres. Si cela vous semble un sacré casse-tête de peser tout votre matériel à la maison, vous devrez probablement faire des choix difficiles une fois rendus à l'étape de la pesée à l'hydrobase. Un groupe qui partait pour le lac des Eudistes avant nous a dû laisser un sonar derrière eux...
La pluie a débuté une fois la nuit tombée. Vers 23H00 nos deux autres compagnons de voyage sont arrivés par avion alors que nous dormions déjà à poings fermés. Au déjeuner, nous avons eu la mauvaise surprise d'apprendre qu'Air Canada Jazz avait perdu leur glacière de bouffe périssable dans le transport entre Montréal et Sept-Îles. Comment peut-on perdre des bagages dans un vol direct avec une escale à Québec sans changement d'avion! Le plus drôle de l'affaire c'est que Jean-François en rejoignant le service à la clientèle d'Air Canada a été surpris d'apprendre que l'employé savait à peine où était Montréal! Le préposé travaillait en effet à partir de Bangalore en Inde! Il était originaire de Côte-d'Ivoire et parlait un français impeccable mais il comprenait mal notre problème de glacière et de géographie... Après le déjeuner j'ai amené Luc et tout notre matériel à l'hydrobase. Ensuite je suis retourné passer prendre Jean-François et Patrice en ville puis nous avons réussi à récupérer nos steaks, nos viandes froides, les fromages et la glacière à 10H50 par le premier vol du matin. Nous avions rendez-vous à l'hydrobase à 11H30 et nous sommes arrivés à temps. Mais pendant que nous courrions après notre glacière, les hydravions avaient quitté un peu plus tôt que prévu, à cause du mauvais temps, pour se rendre au lac des Eudistes avec des clients. À notre arrivée à l'hydrobase, nous apprenions que les deux Beavers étaient incapables de revenir du lac des Eudistes à cause de la brume. Au bout d'une heure, on nous a invités à se rendre dîner à Sept-Îles. Ai-je besoin de vous dire que je rageais intérieurement. Nous étions les premiers clients arrivés à l'hydrobase. Théoriquement nous aurions pu partir en premier pour le lac Brézel. Pendant que nous dînions, je me disais que j'aurais pu être sur le lac au même moment en train de pêcher! Bravo Air Canada Jazz.... Nous sommes retournés à l'hydrobase pour tuer le temps sur place. La brume a persisté mais nous avons enfin pu décoller vers 16H00 avec plus de 4 heures et demi de retard. Une fois arrivés au lac Brézel nous avons rencontré le groupe qui nous précédait. Ils avaient au moins eu la possibilité de pêcher en face du camp pour passer le temps. Ils ont répondu gentiment à nos questions: La pêche a été très bonne pour eux. Ils ont réussi à prendre de belles mouchetées un peu partout sur le lac Brézel et même dans la rivière Manitou en face du camp! Et quelles truites! Plusieurs spécimens de 2 livres et plus dont une magnifique truite mouchetée de 24 pouces qui devait bien peser entre 4 et 5 livres. J'étais doublement soulagé, primo nous étions enfin sur place et secundo la pêche risquait d'être fantastique. Le chalet du lac Brézel
Une fois notre matériel de pêche préparé, nous nous sommes dirigés vers le bord de l'eau. Malheureusement il n'y a pas de quai. J'imagine que le changement du niveau de l'eau et les déplacements des glaces sur la rivière au printemps rendent l'installation d'un quai difficile. Les chaloupes d'aluminium de 16 pieds étaient très récentes. Elles étaient propulsées par des moteurs hors-bord 25 forces à 4 temps qui ont décollé, tout au long du voyage, au quart de tour. Toutefois ces moteurs sont lourds et j'invite tous ceux qui ont des problèmes avec leur dos à les manipuler avec attention. J'ai apprécié la présence de sièges pliant dans les chaloupes. C'est la première fois que j'avais droit à ce traitement en pourvoirie.
C'était enfin le temps de partir pêcher! Ma "source web", m'avait dit par courriel: -"Moi je n'ai jamais fait une bonne pêche au lac Brézel, donc je ne perdrais pas de temps sur ce lac." Disons que j'étais dans une drôle de situation. Les 4 pêcheurs qui nous précédaient avaient fait, eux, toute une pêche au lac Brézel! Le gardien du territoire nous a confirmé que leur pêche était aussi bonne que celles des 2 groupes qui pêchaient au lac des Eudistes. C'est donc au lac Brézel que nous avons tenté notre chance le premier soir. Sans véritable succès malheureusement. Quota & techniques de pêche Parlons enfin un peu de technique de pêche. J'en profite pour vous spécifier que pour des fins de conservation la pourvoirie Mabec impose à ses clients un quota de 5 truites par pêcheur. L'usage d'hameçon simple est de mise. Les trépieds sont interdits pour favoriser la remise à l'eau. Les pêcheurs qui étaient au lac Brézel avant nous, un groupe de Québec, avaient pris leurs plus belles truites à la mouche en utilisant des imitations de souris. J'en avais deux! Ils pêchaient en eau peu profonde parfois dans moins de 5 pieds d'eau. Ces structures sont faciles à trouver même sans sonar. Ils avaient pêché uniquement à proximité du chalet et jamais au lac des Eudistes, accessible aisément par la rivière Manitou en aval. C'est important parce que ces deux lacs sont tout de même passablement grands. Le lac des Eudistes surtout et si la pêche était bonne au lac Brézel cela signifiait que nous aurions moins d'exploration à faire. Ils avaient eu pas mal de succès avec des poissons nageurs au début de leur séjour. Nous en avions évidemment quelque uns puisque ma "source web" m'avait dit dans un courriel: - " J'employais un rapala avec dessus noir, coté gris et dessous blanc, 3 à 4 pouces de long. En avant du rapala je mettais un plomb queel ( pas sûr comment ca s'écrit) 1once, pour gratter le fond du lac qui est sablonneux." De plus nous avions suivi les indications fournis dans le guide que la pourvoirie Mabec fait parvenir à ses clients. On y mentionne comment accéder à Sept-Îles, où loger là-bas, à quelles heures se font les entrées et les sorties et surtout quels leurres doit-on apporter. Nous avions donc une panoplie de leurres qui devraient faire l'affaire. Un site magnifique
Des conditions difficiles Il y a un avantage à accéder à un site de pêche par avion. On peut amener très peu d'alcool. C'est donc plus facile de se lever le matin! A 4H00 malgré la pluie j'étais à naviguer la rivière Manitou en direction du lac des Eudistes. La chaloupe roulait à 42 kilomètres/heure selon mon GPS. Je suis arrivé quelques minutes plus tard à l'endroit où la rivière Manitou se jette très lentement dans le lac des Eudistes. J'ai pêché ce secteur ainsi que celui autour des îles à proximité (N50.53924 O65.23954). Je n'ai pas eu une seule touche! La pluie continuelle par une température de 8 degrés celsisus environ a eu raison de mon enthousiasme. Je suis revenu congelé au camp à 6H30 tel que prévu avec les mauvaises nouvelles. La pêche continuait d'être difficile. Heureusement le vent n'était pas de la partie. Déjà que le froid et la pluie nous compliquaient la vie...Nous avons pêché toute la journée de lundi sous la pluie et toujours sans véritable succès. Nous avons bien pris quelques petites mouchetées pour agrémenter le souper et nous aurions été heureux de notre pêche sur une réserve faunique près de Montréal mais nous n'étions pas chez Mabec pour prendre des truites de moins d'une livre. Dans son dépliant publicitaire le pourvoyeur mentionne en première page: Poids moyen des prises : plus de 1 kg. Je suis certain que c'est vrai! Mais si des pêcheurs partent avec des truites mouchetées de 2 à 4 livres, d'autres malheureusement ont dû ramener des prises de 0,5 à 2 livres pour faire la moyenne. Et nous avons été du 2ième groupe!
Mardi le temps couvert et froid s'est poursuivi mais il faisait plus beau que la journée précédente. Raymond Perreault, le gardien du territoire, est passé nous voir et il a réparé le frigo qui nous avait laissé tomber la journée précédente. Je lui ai posé une nouvelle série de questions pour tenter d'avoir plus de succès. Raymond nous a fait remarquer que si nous prenions des petites truites, nous devions pêcher trop près de la rive. Pourtant les pêcheurs qui nous ont précédés là-bas nous avaient recommandés de pêcher en eau peu profonde. La température de l'eau à la surface sur le lac Brézel était à 13 degrés celsisus mais l'eau de surface sur la rivière Manitou était à 8 degrés seulement. M. Perreault nous a encouragés à persévérer. Il nous a dit à mon grand étonnement que le groupe de 8 pêcheurs avait fait une très belle pêche la journée précédente au lac des Eudistes. Nous n'y avions eu aucun succès valable lundi en après-midi. J'espérais que l'arrivée du front froid pouvait expliquer nos insuccès! Je pense sérieusement que c'est plutôt la méconnaissance du territoire. Le groupe qui était au lac des Eudistes avait séjourné plusieurs fois là-bas. Nous en étions à notre première sortie. Raymond nous a expliqué qu'ils utilisaient plusieurs techniques, ils pêchaient à la traîne, à la mouche, à l'arrêt au lancer, au jig, etc. Quand ils trouvaient une technique payante, ils se passaient le mot. Remarquez qu'ils n'avaient pas eu plus de succès que nous le mardi matin! Comme Raymond nous l'a dit souvent "c'est ça la pêche!" Raymond nous a aussi lancé une phrase que je n'étais pas prêt d'oublier: "le temps de la grosse est terminé." La pêche au trophée là-bas se ferait effectivement tôt en saison. Raymond confirmait ainsi ce que prétendait ma "source web". Et contre toute attente le printemps a été très hâtif en 2005 sur la Côte-Nord. Réjean, un employé de l'hydrobase du Lac Rapide, que l'on surnomme là-bas Tarzan, parce qu'il est grand et beau nous a-t-il dit en souriant parlait même de 2 semaines d'avance sur la situation habituelle. Nos dates devenaient donc un peu tardives pour la prise facile de trophée. Avec le temps nous avons tout de même réussi à ajuster nos techniques et à trouver quelques secteurs un peu plus productifs. Jean-François a capturé une belle mouchetée de 2 livres à la traîne près de la pointe à l'ouest de l'entrée de la grande baie au sud-est du lac Brézel. J'y ai fait quelques minutes plus tard la capture d'un omble arctique d'une livre. On peut en effet prendre dans ce territoire des "artics chars". Le gardien nous a mentionné une prise de 6 livres et demi pour cette espèce en 2005. La capture de Jean-François a remonté le moral du groupe et mardi soir Luc a vécu un beau moment pour tout pêcheur de mouchetée. Il pêchait à la traîne avec une "bob-it" lestée avec quelques plombs pour aller en profondeur. Luc avait essayé pratiquement tout ce qu'il avait dans son coffre. La "Bob-it" a donc eu sa chance à son tour. Quelques instants plus tard il a cru être pris en fond. Puis il s'est rendu compte que le fond donnait des coups de tête. A ce moment là, Luc savait très bien qu'il avait affaire à la plus grosse truite mouchetée de sa vie. Il a réussit à l'amener à quelques centimètres de l'épuisette. La grosse mouchetée affolée par la vue du filet à donner un dernier effort et elle a réussi à se libérer dans son dernier sprint. Luc était évidemment très déçu. Il m'a dit: -" David j'ai eu l'occasion de voir une mouchetée de 2 livres cet après-midi et je suis certain qu'elle était plus grosse, elle devait faire au moins 3 livres."
De mon côté, pendant ce temps, j'étais parti seul en exploration en amont sur la rivière Manitou. L'eau était haute et malgré le fait que le pourvoyeur stipule que la navigation dans ce secteur est à nos risques, il impose des frais majeurs en cas de bris aux clients, je voulais avoir l'assurance que la pêche n'était pas meilleure là-haut. J'ai donc pris 2 heures pour aller y jeter un coup d'œil. J'ai remonté sans aucune difficulté la rivière jusqu'au lac Brûlé. Le lendemain, le gardien m'a dit de ne pas allez plus loin parce que c'était vraiment dangereux pour le pied de moteur malgré le niveau élevé de la rivière. Raymond était sceptique sur les possibilités de pêche là-bas au printemps. Le lendemain j'y suis retourné avec Jean-François pour pêcher mais sans succès. Ce soir là j'ai vu dans le discours de Luc qu'il avait attrapé la piqûre de la pêche à la mouchetée format géant. Cette espèce est très fragile. L'omble de fontaine, comme son nom l'indique si bien, fréquente des eaux d'une qualité supérieure. Les grosses mouchetées vivent dans des écosystèmes exceptionnels. L'une des raisons de leur présence est évidemment la difficulté d'accès. Une truite mouchetée de trois ou quatre livres est passablement âgée. Les mouchetées ne vivent pas très longtemps contrairement aux grises par exemple. Les pêcheurs ne comprennent pas toujours qu'une truite mouchetée de deux livres est un trophée, alors qu'une grise du même poids est une prise plutôt banale. Nous avons capturé au lac des Eudistes un corégone et nous avons trouvé un meunier mort à la surface du lac Brézel. C'est clair que ces deux espèces doivent servir de poisson appâts pour les ombles de fontaine de grand format qui fréquentent le bassin de la rivière Manitou.
Jeudi matin, dernière chance pour prendre un véritable trophée digne de mention. Luc et moi étions debout à 5H00 du matin. Je devais conduire pour revenir à Baie-Comeau en fin de journée et je préférais dormir un peu plus tard. Évidemment nous devions rentrer tôt puisqu'il fallait être prêt à partir à 11H00 au cas où la brume serait de la partie. Nous avons décidé d'aller sur le site qui nous avait donné la plus belle prise du voyage et nous avons bien fait! Dès notre première passe Luc à pris une belle mouchetée d'une livre et demi. Son record personnel en passant. Lors de la deuxième passe, j'ai capturé une mouchetée d'environ 3/4 de livre. En la ramenant j'ai accroché mon fil dans la chaîne à poisson et j'ai été chanceux que Luc réussisse à passer ma truite à l'épuisette. J'ai aussi constaté que j'avais oublié de demander à Luc de lever l'ancre flottante dans laquelle une grosse prise aurait très bien pu s'accrocher. Leçon retenue pour la suite du monde. Quelques minutes plus tard j'ai vu sur mon sonar un gros poisson à une vingtaine de pieds de profondeur sur 50 pieds de fond. J'ai dit à Luc: "Si cette truite mord à l'une de nos lignes, l'un de nous deux aura une chance de prendre le record du voyage". Et quelques instants plus tard j'ai eu une belle touche bien sentie. Quel beau hasard! J'ai regardé Luc et je lui ai dit que c'était une grosse prise. Je lui ai demandé de lever l'ancre flottante et la chaîne à poisson... Par mesure de sécurité j'ai aussi relevé la sonde du sonar. Ensuite je me suis dirigé vers le nez du bateau au cas où ma prise voudrait passer sous la chaloupe. Ce qu'elle a fait évidemment. J'ai pu aisément me déplacer pour continuer le combat, et à ce moment là, j'ai évoqué mon plus beau souvenir de pêche de 2004.J'avais raconté un peu plus tôt à Luc que mon plus beau souvenir de la saison de pêche 2004 était une touche que j'ai eu sur le lac Montjoie dans la réserve Papineau-Labelle. Ce matin là, j'ai pris une dizaine de petites grises. Je n'avais jamais vu la grise aussi active sur ce lac. Nous étions pendant le week-end de la St-Jean-Baptiste. Et un peu comme ce qui venait d'arriver, j'ai vu à un moment donné un gros poisson sur mon sonar. Vlan! Quelques secondes plus tard me voilà aux prises avec une grise qui me prend du fil pour la première fois de ma vie au lac Montjoie. Calmement je me dis qu'elle ne perdait rien pour attendre. Je l'ai ramené un peu vers la chaloupe et elle a fait un deuxième sprint directement vers le fond qui était à plus de 100 pieds. Je sentais très bien ses coups de tête. Un peu trop bien probablement. Mon frein était mal ajusté ou un de mes nœuds a lâché. J'ai tout perdu sans avoir la chance de connaître la taille de cette prise. Je vais toujours me demander combien pouvait peser cette grise? Retour au lac Brézel chez Mabec avec ma grosse mouchetée en profondeur sous l'embarcation. Elle refuse carrément de monter en surface et je suis plutôt nerveux. Pour moi une grosse mouchetée ce n'est pas la même chose qu'une grosse grise. C'est mon poisson fétiche! Lorsque je pompais ma canne, mon frein se faisait entendre! Je pêchais avec du Fireline 14 livres et mon frein cette fois était très bien ajusté. J'avais aussi vérifié mes nœuds... J'ai évoqué mon "bad trip" de 2004 et j'ai dit à Luc: "Celle-là, il faut que je la voie, il faut que je la voie..." J'ai mis plus de pression et lentement elle a monté à la surface. J'ai été exaucé... C'était bel et bien une grosse mouchetée. Nous l'avons vu en effet se décrocher à 2 pieds de l'épuisette! Le combat l'avait tellement fatiguée, qu'elle est repartie très très lentement vers les profondeurs. Dieu que j'étais déçu. Les anglo appelle ce genre d'expérience un "long distance release"... Une remise à l'eau à distance! J'ai donc fait ma part pour la conservation de l'espèce sans trop le vouloir! La conservation
J'en profite pour aborder l'importance de la remise à l'eau. Si j'avais eu la chance de décrocher cette mouchetée de mon hameçon, je ne suis pas certain que je l'aurais remise à l'eau. Cette prise aurait été ma plus belle mouchetée du voyage. Mais je suis rendu à vouer à culte à cette espèce et je crois que c'est important que nous pratiquions la remise à l'eau pour contribuer, à notre façon, à la survie de l'omble de fontaine indigène au Québec. Surtout dans des endroits comme le bassin de la rivière Manitou où la capture de trophée demeure une forte possibilité. Nous avons pendant notre voyage remis à l'eau plusieurs de nos prises et nous avons conservé pour nos repas surtout les poissons amochés qui seraient mort de toute façon. Je n'avais donc aucun problème avec le quota imposé à la pourvoirie Mabec de 5 truites par pêcheur et sérieusement j'aurais accepté de ne ramener qu'un seul trophée pendant mon séjour comme le font plusieurs pourvoiries au Labrador. D'ailleurs je me demande si la pourvoirie Mabec ne devrait pas resserrer son quota un peu plus. L'interdiction des trépieds est aussi un facteur de conservation que j'accepte de pratiquer sans aucune hésitation. Comment voulez-vous ne pas blesser une mouchetée avec un devon qui comporte 2 ou 3 trépieds? La pourvoirie Mabec impose des règles de conservation que je trouve nécessaires et utiles. Mais si vous n'êtes pas du même avis c'est important que vous le sachiez avant de partir là-bas.
En faisant la route de Montréal vers Sept-Iles j'ai discuté avec Luc de l'état de l'omble de fontaine au Québec. A la fin du 19ième siècle, le lac Sacacomie par exemple et plusieurs lacs du secteur qui forme maintenant la réserve Mastigouche étaient peuplés de truites mouchetées qui pouvaient atteindre de 4 à 7 livres. C'est aussi vrai pour plusieurs plans d'eau du territoire qui constitue la réserve des Laurentides. Ce genre de prises se font aujourd'hui de plus en plus rare. C'est pourquoi à mon avis il est très important que des pourvoyeurs comme M. Louis Laurin de la pourvoirie Mabec pense à long terme et fasse en sorte que le bassin de la rivière Manitou offre encore longtemps une qualité de pêche que l'on ne voit pratiquement plus ailleurs. J'invite donc tous les pêcheurs qui auront la chance d'aller chez Mabec à suivre les règles de conservation imposées là-bas. J'espère avoir la chance un jour de retourner sur le bassin de la rivière Manitou afin de poursuivre ma quête de mouchetées trophées. Je suis allé deux fois sur le bassin de la rivière Ashuanipi au Labrador, une fois sur la rivière Caniapiscau, trois fois au lac Mistassini, cinq fois sur le bassin de la rivière Rupert. Je suis revenu la plupart du temps déçu de mes résultats de pêche voir même bredouille pour la pêche à la mouchetée. Mais tous ces territoires où les truites mouchetées trophées existent toujours ne m'ont jamais déçu parce qu'ils sont tous sauvages, à l'état naturel et d'une beauté exceptionnelle. Le bassin de la rivière Manitou ne fait pas exception. J'espère vraiment avoir la chance d'y retourner un jour avec mon groupe d'amis qui ont fait un succès de ce séjour.
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| Nom : Robert Fortin Depuis trois années,nous pêchons au lac Brézel,et nous sommes très satisfaits. Nous avons bien l'intention d'y retourner l'an prochain. Le plan européen correspond à nos besoins et nous fourni la tranquilité que nous recherchons. Et la pêche est excellente. |