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Une gestion efficace des plans d'eau se trouve donc selon moi à la source d'une grande partie du succès de la réserve faunique Mastigouche. Le plan de pêche, des aménagements et l'ensemencement de certains lacs permettent de conserver une bonne qualité de pêche dans ce territoire. Je reviendrai là-dessus en profondeur dans le deuxième article de ma série et je vous ferai part du point de vue du directeur de la réserve faunique Mastigouche, M. Dave Boulet, sur tous ces sujets. Il y a fort à parier que si les lacs de la réserve Mastigouche se situaient en territoire libre, plusieurs d'entre eux seraient depuis fort longtemps devenus sans intérêt pour les pêcheurs, faute de poissons à capturer.
Je me souviens très bien de ma première matinée de pêche dans la réserve faunique Mastigouche. Je l'ai passée avec Roberto, l'ami d'un collègue, qui travaillait comme cuisinier dans un petit restaurant de quartier à Montréal. Nous avions, pendant ce week-end au camp rustique Mastigou, profité allègrement des connaissances culinaires de Roberto. Notre chef cuisinier, lorsqu'il se tenait derrière son petit réchaud à deux ronds, faisait la loi dans le camp et des miracles avec rien. Primo, il nous foutait dehors pour gagner de l'espace. Le camp Mastigou est vraiment minuscule. Secondo, il nous obligeait à laver la vaisselle dès que les repas étaient terminés. Je ferais la vaisselle pour Roberto n'importe quand si j'en avais de nouveau l'occasion. Nous avions mangé comme des rois pendant cette excursion de pêche. Mon changement d'approche a payé très rapidement. Deux ou trois belles truites mouchetées se sont retrouvées dans notre panier. Roberto, de son côté, pêchait en surface et il n'obtenait aucune touche. Les mouchetées chassaient en profondeur. Allez savoir pourquoi? C'est un des plaisirs de la pêche. Parfois, les comportements des ombles apparaissent difficiles à cerner. J'ai partagé mon secret avec Roberto, et par la suite j'ai pu constater que la chance des débutants existait bel et bien. J'ai même dû spécifier à Roberto : « Il est hors de question que tu pêches une partie de mon quota! » En fin d'après-midi, une grosse averse nous a encouragés à rentrer au camp même s'il me manquait une ou deux truites pour compléter mon quota. Nos prises étaient très belles, elles le sont toujours d'ailleurs sur ce lac. Le poids moyen des ombles de fontaine capturés sur le lac Saint-Anselme totalisait 327 grammes en 2005 ou si vous préférez tout près de trois quarts de livre. Le quota dans la réserve faunique Mastigouche était de sept ombles de fontaine à l'époque, cela n'a pas changé. Sept truites de cette taille valent bien un quota de 20 truitelles qu'on peut prendre sur de nombreux lacs de la Côte-Nord. À notre retour, nous avons constaté que nos deux amis avaient réalisé eux-aussi une très belle pêche. Leurs prises sur le lac Mastigou étaient plus petites que les nôtres, mais ils avaient, contrairement à nous, complété leurs quotas. Nous n'avions pas le choix, si nous voulions pêcher le lendemain, nous devions absolument manger de la mouchetée... Quel sacrifice! Roberto, lors de ce week-end de quatre jours, nous a servi de la truite mouchetée en entrée, en plat principal et même au déjeuner! C'était la seule solution pour conserver le droit de pêcher. Vous comprendrez que je garde un excellent souvenir de ma première visite dans la réserve faunique Mastigouche. Depuis lors, je m'inscris chaque année au tirage au sort qui donne la chance aux gagnants d'y réserver un séjour de pêche avec chalet. Et comme je fais partie de trois différents groupes de pêcheurs, qui s'inscrivent tous au tirage, j'ai la chance d'y aller presque chaque année. La réserve faunique Mastigouche offre aussi l'accès à la pêche à la journée, mais personnellement je préfère la pêche avec séjour en chalet. La SÉPAQ a subdivisé une semaine type de la façon suivante : on peut séjourner là-bas en chalet du vendredi au lundi, du lundi au mercredi ou du mercredi au vendredi. L'arrivée s'effectue uniquement le vendredi, le lundi ou le mercredi. On peut évidemment combiner, deux, ou plusieurs " blocs " d'une semaine type. Vous pourriez ainsi pêcher pendant une semaine complète du vendredi au vendredi suivant, etc. Le groupe que je formais avec mon ami Sylvain s'est modifié avec le temps. Quatre nouveaux pêcheurs se sont ajoutés à nous, dont un autre collègue, nommé lui aussi Alain. Nous l'avons surnommé « Bio », à cause de ses habitudes alimentaires. Nous nous assurons qu'Alain dit « Bio », participe absolument au tirage au sort, parce qu'il est presque toujours tiré gagnant! Les probabilités de gagner étant ce qu'elles sont, nous nous inscrivons toujours dans trois réserves différentes. Certains de mes amis préfèrent pêcher, pour des raisons de disponibilité, en début de saison avant la fin de l'année scolaire des enfants et le début des vacances familiales. Certains veulent pêcher uniquement en mai pour éviter la saison des insectes. Cette période est évidemment la plus en demande. Deux années se sont écoulées avant que je retourne dans la réserve Mastigouche pour la deuxième fois. Entre-temps, nous avons pu découvrir la réserve faunique de Papineau-Labelle et la réserve faunique du Saint-Maurice. Puis notre copain « Bio » a vu la chance lui sourire une première fois dans notre réserve favorite. Il avait été tiré gagnant pour la réserve Mastigouche autour du 120e rang. Après des recherches sur le site web de la SÉPAQ, où l'on trouve des tonnes d'informations, dont des photographies des chalets, et les résultats de pêche sur tous les plans d'eau, nous avons choisi de nous rendre dans le secteur Shawinigan. Cette année-là, un collègue d'un 2e groupe avait eu lui aussi de la chance, et j'ai pu ouvrir ma saison avec deux excursions de pêche dans le secteur Shawinigan de la réserve Mastigouche au mois de mai 2002. Mes différents groupes ne sont pas constitués uniquement de malades de la pêche comme moi. Trois ou quatre copains, dans chacun de mes groupes, vont à la pêche une fois par année. Pour eux, le choix du chalet et son environnement demeurent tout aussi importants que la qualité de pêche. Nous sommes retournés souvent pêcher le lac Shawinigan, le lac Brodeur et le lac Vert. Tous ces plans d'eau sont offerts en début de saison aux usagers qui séjournent dans le secteur Shawinigan de la réserve faunique Mastigouche. Page suivante-->
Retour au texte -->Référence #3) Je le souligne à grands traits, prenez le temps de discuter avec les gardiens de territoire de la réserve faunique Mastigouche. Ces employés sont votre meilleure source d'information sur le secteur que vous aurez la chance de fréquenter.
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