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L'impact des coupes forestières et les facteurs qui menacent la qualité de pêche dans la réserve faunique Mastigouche.
Lorsqu'on s'inscrit au tirage au sort pour la chasse dans les réserves, on peut lire cet avertissement. « Dans toutes les réserves fauniques, il est possible que des travaux forestiers, du transport de bois ou autres interventions commerciales incluant des activités de piégeage soient en cours lors de votre séjour. Ces activités ne constituent aucunement un motif de remboursement ou de compensation. » source : www.sepaq.com Nous sommes dans l'ère des partenariats publics — privés, dans l'ère ou nos gouvernements pensent avant toute chose à des concepts comme le coût/bénéfice. Pourtant, le Québec traîne de la patte derrière l'Ontario par exemple en ce qui a trait à son pourcentage de territoire protégé. On avait un parc Mastigouche et on l'a probablement démantelé pour s'assurer de poursuivre les coupes forestières dont on voit que les retombées économiques étaient quatre fois supérieures aux revenus générés par les amateurs de plein air qui fréquentaient la réserve faunique Mastigouche entre 1987 et 1992.
Entre vous et moi, si c'est bon pour les tributaires du lac Mistassini, pourquoi les conclusions de ce chercheur ne pourraient-elles pas s'appliquer à l'ensemble des plans d'eau de nos réserves fauniques au Québec? J'ai aussi abordé les impacts négatifs des entreprises forestières lors de mon entrevue avec l'ancien directeur de la réserve Mastigouche, M. Dave Boulet . Heureusement puisque M. Boulet m'a donné un éclairage intéressant sur plusieurs points... Q : J'aimerais aussi aborder des sujets un peu plus controversés. (...) Quand j'arrive sur votre réserve faunique et que je vois de l'exploitation forestière, ça me sert le coeur. J'ai vu que l'exploitation forestière avait un impact sur la qualité de pêche... Est-ce que vous avez chez vous des façons de contrer l'impact de l'exploitation forestière? R : « Bon, d'entrée de jeux je dirais qu'on voisine avec l'exploitation forestière. Je dirais qu'on voisine même bien avec l'exploitation forestière chez nous. Dans le passé, il s'est fait des erreurs. Maintenant je pense qu'on travaille de mieux en mieux parce que... le développement du réseau routier... C'est le réseau routier plus que la coupe qui fait des dommages aux ruisseaux et aux frayères à cause de l'ensablement. Le gros gros problème c'est ça avec l'exploitation forestière, le gros problème qui peut arriver c'est le réseau routier qui va détruire les frayères.» Q : Les chemins sont souvent dans le fond des vallées, près des ruisseaux... R : « Tous les anciens chemins sont passés là parce que c'est là où c'était le plus facile. C'était relativement plane. À votre prochaine visite je vous invite à aller vous promenez dans les nouveaux chantiers. On pourrait vous indiquer là où il y en a. C'est toujours sur les sommets de montagnes. » Q : Il y a eu un changement d'approche... Q : Ce sont des normes qui existent chez vous ou c'est des normes qui existent sur l'ensemble du Québec? R : « C'est des normes qui existent au Québec. On appelle ça le RNI. Le Règlement sur les normes d'intervention dans les forêts de l'état. » Q : J'ai vu une étude... R : « Plamondon? » Q : C'est possible, je ne me souviens pas du nom par coeur qui disait qu'il y avait un impact majeur, on voyait des baisses de rendement des plans d'eau suite à une coupe. R : « Une bonne partie de cette étude-là a été réalisée dans la Mastigouche. (...) Quand on a des statistiques depuis 1970. On voit par exemple que ça été bûché par exemple en 87, à partir de 89 on voit que les rendements chutent. » Q : Le fait que dans le passé on a pratiqué la coupe à blanc et que les forêts ont été détruites cela devait aussi j'imagine augmenter les coups d'eau? R : « On appelle ça les débits... Ça aussi ça peut avoir un impact. C'est sûr que ça là un impact sauf que c'est des choses qui ont été peu mesurées. Ça n’a pas été souvent mesuré avant et après et il faut regarder ça sur de très grands horizons. On ne peut pas regarder seulement sur l'année avant la coupe et l'année après la coupe parce que l'importance de l'épaisseur de neige cette année-là pourrait... être variable. Il faudrait que ce soit 10 ans avant et 10 ans après. » Q : La réserve au départ s'appelait le Parc Mastigouche, est-ce que vous savez pourquoi c'est passé de Parc à Réserve, est-ce que c'était pour permettre l'exploitation forestière? Q : Cela veut donc dire que dans le parc Mastigouche en 1971 il y avait de l'exploitation forestière? R : « Oui, oui il y en a toujours eu même avant ça à l'époque des clubs privés. » Q : Est-ce que vous pensez que les règles devraient être plus strictes dans les réserves fauniques? R : « Actuellement c'est valable pour tout le Québec. (...) Les pouvoirs qui nous sont délégués, en tant que gestionnaire des réserves fauniques, c'est les pouvoirs de chasse et pêche. Donc, on cohabite avec l'industrie forestière. ... Pour le MRN la forêt de la Mastigouche c'est la même forêt qui au nord dans la ZEC, qui a au sud dans le territoire libre, qui a tout le tour là... » Q : C'est malheureux quand même qu'il ne fasse pas de nuance? R : « Écoute là je me mouillerai pas en disant que c'est malheureux parce que ça serait dire que notre territoire est plus important que celui qu'il y a autour. Je trouve que c'est bien que de plus en plus, on prenne conscience de la faune et de l'occupation des territoires. Chez nous... Je ne peux pas dire comment ça se fait ailleurs. Mais je peux dire que chez nous, on a beaucoup de discussions avec l'entreprise forestière. Chacun des chantiers est regardé et analysé avec nous. On doit apposer notre signature dans le bas des chantiers pour dire que oui, oui ça répond à nos normes. Chez nous tous mes lacs importants, j'en ai fait l'analyse des bassins versants. Je sais combien ils ont de kilomètres carrés. Je sais quel pourcentage a été coupé. J'accepte... on accepte jamais suite à l'étude que vous avez lue, on accepte jamais qu'il coupe plus de 50 % de bassin versant pour protégez des débits de pointe pi tout ça même s'il n'y a pas d'études exhaustives qui l'ont prouvé encore. C'est à peu près certain que ça va avoir un impact. Ça va avoir aussi un impact sur les polluants qui sont retenus dans le sol. On va loin là. Et le mercure et tout ça. Quand on coupe, quand on coupe la forêt plus de 50 % du bassin versant, on dénote rapidement une augmentation des taux de mercure dans les cours d'eau. Ce qui à long terme pourrait ne pas être très bon. » Q : Donc, vous avez un certain pouvoir. Vous dites que vous ne permettez pas de couper plus de 50 % d'un bassin versant... R : « Écoute, je parlerais d'un pouvoir d'influence. Je dirais qu'on est écouté, on est très écouté. Souvent, la solution selon moi, la solution c'est la répartition spatiale des coupes. Autrement dit, s'il y a un volume de bois quelconque à sortir sur la réserve, c'est juste... Anciennement on allait dans un coin, on faisait un chemin et on en sortait le maximum. Moi ce que je préconise c'est de ne plus le faire comme ça. C'est OK, il y a un volume de bois à sortir, si on peut aller chercher, je ne sais pas moi, disons 15 % de bois par année, je n’ai pas de problèmes avec ça, mais on va aller le chercher par petites pochettes un peu partout. C'est plus coûteux pour l'industrie forestière, mais dans un territoire aussi ancien que celui de Mastigouche, le réseau routier est extrêmement bien développé. C'est plus coûteux, oui, surtout l'hiver parce que cela leur demande plus d'entretien. Mais ce qu'on fait, c'est que les chantiers au sud de la réserve on les garde pour l'hiver, donc ils font moins d'entretien du réseau routier. » Q : Avez-vous de bonnes relations avec les industries forestières? « Je dirais que j'ai de bonnes relations. (...) Chez nous il n'y a rien qui se fait tant qu'on n’a pas notre accord. S'ils vont couper sur le bord d'un lac, sur le lac Marcotte par exemple. C'est un joyau, on essaye d'y faire plus attention. Bon OK oui vous allez couper, mais au lieu d'y aller en un an, on pourrait peut-être faire la coupe sur deux ans... Déjà il y a une partie de la végétation qui va être reprise. Il y aura moins de débit de pointe. Est-ce qu'on peut le faire l'hiver pour ne pas déranger mes pêcheurs? Est-ce qu'on peut le faire l'automne pour ne pas déranger les pêcheurs? Ou si vous faites la coupe au printemps et bien, je vais ouvrir mon lac un mois plus tard cette année. Je ne serai pas dans vos jambes et vous ne serez pas dans les miennes. » Q : Est-ce qu'il y a des mouvements écologiques qui tentent de faire changer les choses dans les réserves?
Q : On parle beaucoup du retard du Québec sur le plan de la sauvegarde de son territoire. Je ne comprends pas pourquoi on ne songe pas à faire des parcs avec des réserves. Pour quelles raisons on ne fait jamais ça selon vous? R : « Cela changerait de façon importante la vocation du territoire. Oui si on regarde avec des yeux de pêcheurs cela n'aurait pas un impact énorme. Mais c'est les emplois qui sont reliés à la forêt. Les emplois directs et indirects c'est énorme. (...) C'est clair que c'est une question de retombées économiques. Mais c'est aussi la chasse. La chasse c'est très important dans la Mastigouche. Pas, autant que la pêche, mais c'est une grande part de nos revenus, notamment la chasse à l'orignal. Dans un parc on pourrait pu le faire. Pourquoi les populations d'orignaux sont rendues si importantes? Dans la Mastigouche on a refait l'inventaire aérien l'année dernière et la population avait augmenté de 60 %. Le cheptel ne s’est jamais si bien porté dans la réserve Mastigouche. Les coupes, les coupes ça apporte énormément de nourriture... Les pousses, mais si on prend une grande coupe d'un kilomètre carré. L'orignal mange seulement dans les bandes qui sont tout le tour. L'orignal mange rarement au milieu d'une coupe parce qu'il veut toujours être proche d'un abri. S’il y a un problème, il va se sauver en forêt. Maintenant ce que vous appelez les coupes à blanc sont de plus en plus petites et de plus en plus rares. Donc de petites coupes à blanc, cela pourrait ressembler à un jeu de dames ou à des trouées qui se retrouvent tout partout. Bien ça, l'orignal va en profiter à 100 % de la nourriture qui est là contrairement à la grande coupe ou il va seulement prendre la bande qui est tout le tour. Vous me suivez, on rend beaucoup plus de nourritures disponibles à l'orignal avec la façon dont on coupe présentement. Je vous disais que la gestion que je fais sur mon territoire on appelle ça la gestion intégrée des ressources. Donc, on a des ingénieurs forestiers maintenant à la SÉPAQ. C'est avec eux qu'on a analysé nos bassins versants du côté géomatique. Et l'ensemble de mes 70 zones de chasse est tout analysé. Je sais exactement quel type de coupe qu'il y a, quel pourcentage qui est en jeune forêt, en moyenne et en vieille. Il peut même nous arriver de suggérer des coupes aux industriels, parce que certains secteurs de chasse peuvent devenir moins bons. Ils sont difficiles à chasser parce que la forêt est très repoussée. Oui il y a présence de gibiers, mais il n'y a pas de voie de pénétration. Il n'y a plus de chemins ou...il n'y a plus de nourriture. Souvent on dit si vous êtes à veuille de venir dans ce coin-là. Vous vouliez y aller dans trois ans, mais peut-être que... pour laisser reposer mon lac Marcotte pour revenir à mon exemple de tout à l'heure, de faire une moins grande coupe. S'il y a du bois qui vous intéresse ici, cela ne nous dérangerait pas, cela nous ferait même plaisir dans ce coin-là. Un autre avantage aussi, (...) Silence. (...) On est colocataire (NDLR : avec les entreprises forestières), on a à s'entendre et nos relations sont bonnes. Moi je me dis qu'il va y avoir de la coupe de toute façon dans la réserve...
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