Réservoir Baskatong / Piscatosine

arriver

Pourvoirie Rabaska – 1 er au 7 juillet 2006

Le choix de la destination

Avec l’achat d’un bateau de pêche équipé d’un moteur de 75 HP à l’automne 2005 et le goût d’organiser un voyage de pêche pour toute la famille (moi, maman, fiston 5 ans et fillette 2.5 ans) la destination du réservoir Baskatong arrivait en tête de liste des sites potentiels. Il nous fallait : un bon potentiel de pêche au doré, des chalets confortables comprenant toutes les commodités nécessaire au bien-être familial (bain-douche, four, frigidaire etc.…) et une belle possibilité de baignade avec de superbes plages de sable. Toutes ces caractéristiques se retrouvent à la pourvoirie RABASKA. En bonus, la localisation de cette pourvoirie est sur l’embouchure de la rivière qui communique entre le réservoir Baskatong et le lac Piscatosine.

Je n’avais jamais entendu parler de ce lac avant cette expédition alors ce n’était pas un facteur qui influença mon choix. Pourtant le lac Piscatosine offre un potentiel équivalant sinon supérieur à celui du Baskatong parce qu’il partage le même bassin. Le Piscatosine étant lui aussi créé par l’inondation du réservoir à la fin des années 20.

Une bonne façon aujourd’hui de faire le magasinage d’une pourvoirie pour les internautes est bien sûr le site de la Fédération des pourvoyeurs du Québec : http://www.fpq.com/fr/outfitters.profile.asp?15-877 . Le choix du Baskatong est dû à deux voyages précédents, un à la pourvoirie Esturgeon Lodge en 1999 et un autre à la pourvoirie Brunet de la Pointe-à-David en 2003. Les résultats de pêche en 1999 furent assez bons malgré une taille moyenne avoisinant les douze pouces. Taille minimum pour la remise à l’eau obligatoire des dorés inférieurs à cette longueur. Il faut savoir que le réservoir Baskatong et le lac Piscatosine sont régis par une Aire Faunique Communautaire (AFC = http://www.afcbaskatong.com/afc_liens.html ) et que vous devez payer un supplément lorsque vous voulez pratiquer la pêche sur ses bassins d’eau. Mais à part payer la cotisation de pêche pour la famille au comptoir d’accueil de la pourvoirie je n’ai remarqué aucune surveillance supplémentaire sur l’eau d’agents de l’AFC ou de la faune. Personne n’est venu nous demander nos permis ou vérifier nos prises. Le site Internet suivant est le mieux indiqué pour vous diriger sur tout ce que vous avez besoin de savoir sur ce magnifique plan d’eau du Québec : www.reservoirbaskatong.qc.ca Prenez la peine de le visiter et vous découvrirez comment il répond bien aux besoins de renseignements le concernant : historique du réservoir, lois et règlements, emplacement et liens internet pour toutes les pourvoiries disponibles et beaucoup d’autres renseignements. Mon deuxième voyage fut à la fin de juin 2003. Une canicule sévissait à Montréal et le temps était très chaud, ensoleillé et sans vent. Le calme plat, c’était le cas de le dire. Le réservoir ressemblât à un énorme miroir durant les quatre jours de notre séjour. Nous étions quatre adultes (2 couples) avec mon fils qui n’avait pas encore tout à fait 3 ans. Nous avons pris 2 dorés en quatre jours. Il faut souligner que l’effort de pêche n’était pas le même qu’en 1999, quand nous étions alors quatre hommes pêcheurs. Par contre, je me souviens très bien notre réaction lorsque nous sommes débarqués chez la pourvoirie Brunet de la Pointe-à-David. Wow! Wow! Wow! Quelle belle plage! Nous avions presque l’impression de débarquer sur une plage du sud, les palmiers remplacés par les pins blancs et les épinettes. A défaut de prendre du poisson nous avions pris un surplus de soleil et de baignade (pas de limite là-dessus!).

C’est donc en consultant le site de l’AFC et en regardant celui de la pourvoirie Rabaska www.pourvoirierabaska.com que mon choix s’est arrêté sur cette dernière. Les espèces de poissons à pêcher sont le doré, l’achigan à petite bouche et la truite grise. Leurs 14 chalets sont situés sur le bord de l'eau et chacun peut loger jusqu'à 8 personnes. Des modèles Standard (salle de bains avec douche) et De Luxe (plus récent, salle de bains avec douche et bain) sont disponibles. Tous les chalets incluent une cuisine et une salle de bains complète, l'eau chaude, poêle, ainsi qu'un chauffage électrique. Nous avons recruté une deuxième famille (mon ami, sa conjointe et leur fils) pour nous accompagner durant les quatre premiers jours. Ainsi nous avons réservé le chalet numéro 11 (catégorie De Luxe à $700) pour un forfait de deux familles d’une semaine.

Le chemin

Pour vous y rendre, il vous faudra compter environ 4 heures de Montréal et il n’y a que quelques kilomètres de gravelle. Vous devez emprunter la 15 nord suivit par la 117 jusqu’à Mont Laurier. Ensuite, une vingtaine de km sur la route 309 jusqu’à Ferme Neuve où vous devrez tourner à gauche sur la montée Leblanc pour faire les derniers 34 kilomètres jusqu’à la pourvoirie Rabaska. La route asphaltée de ce dernier tronçon est par contre très raboteuse.

chalet1La pourvoirie Rabaska

Un grand chalet principal vous accueille dans lequel vous trouverez permis de pêche du Québec et de l’AFC, vers, glace, bar, etc.…. L’accueil fut bien et nous nous sommes dirigés directement à notre chalet. Malheureusement, le site Web ne montre pas l’intérieur des chalets de luxe qui sont très bien. La propreté est sans contredit une valeur importante pour l’équipe de cette pourvoirie car le chalet était dans un état étincelant.

chalet2Il est possible de mettre votre embarcation à l’eau sans frais lorsque vous hébergez là-bas. La rampe n’est pas très large mais elle est par contre bien aménagée. Attention aussi au niveau de l’eau et dépendamment de la date de votre séjour vous devriez confirmer l’accessibilité à cette dernière, avant de partir, avec le pourvoyeur. Une fois à l’eau, les quais sont superbes et seules les vagues des bateaux passant sur la rivière les feront valser. L’essence est disponible sur place à un prix qui peut être de 0.10$ le litre supérieur aux stations d’essence métropolitaines et je recommande de vous faire un plein et une bonne provision d’essence avant de partir de votre région. La grandeur et l’immensité du territoire à exploiter peuvent vous demander une quantité considérable de carburant. La moyenne des distances que vous aurez à parcourir pour atteindre les endroits de pêche vont varier en fonction de votre date par rapport à la saison. Au début de celle-ci les dorés peuvent se retrouver à 500 m de votre chalet. Au moment de notre passage (1ère de juillet) il fallait parcourir entre 2 et 12 km pour rejoindre des endroits recommandés par le pourvoyeur et souvent plus de 10 km pour rejoindre les endroits fréquentés par les pêcheurs plus expérimentés de la pourvoirie. La navigation est très facile avec une carte bathymétrique des deux bassins que vous pourrez vous procurer au comptoir d’accueil. Par contre, comme sur toute grande étendue d’eau, les distances sont trompeuses mais les îles nombreuses peuvent vous servir de points de repère.

vueUn petit détail à noter pour ceux qui ont des enfants âgés de moins de trois ans, il y a un escarpement très à pic d’environ 8 à 10 pieds de hauteur, qui longe la majeure partie de la pourvoirie. Il faut donc avoir une surveillance accrue sur les plus jeunes pour ne pas qu’ils risquent de tomber en bas et se retrouve dans l’eau.

La pêche au doré

En arrivant chez un pourvoyeur qui offre de belles cabanes pour les pêcheurs afin de leur permettre de préparer les filets de leurs prises, rien de mieux que d’aller fouiner là quelques minutes et de constater les résultats de la pêche. Éric (locataire du chalet #9) était là et avait passablement de travail sur la planche. Moi : Pis la pêche semble bonne ? Eric : Oui, j’en ai pris 6 et ma femme deux dont le plus gros ! Il me sort alors un superbe spécimen de doré jaune d’environ 4 livres. Moi : wow ! Y’avait d’l’action ce soir ! Eric : oui, je suis arrivé hier et c’était ma première sortie de soir. Moi : as-tu utilisé une technique spéciale ? Éric : Un marcheur de fond avec une cuillère tournante simple verte fluo et un vers de terre. Mais je laisse un bon 30 pouces entre le marcheur et la cuillère. Je descendais ça dans le fond et je tournais autour d’une île dans une profondeur de 12 à 15 pieds dans le lac Piscatosine.

figure1Éric m’indique ensuite le chemin à suivre pour me rendre à cette île prometteuse du Piscatosine. Je prends donc cette destination dès le lendemain matin avec toute la belle petite famille. Après quelques heures de pêche avec plusieurs techniques, nous n’avons réussi à déjouer que quelques petites perchaudes et achigans à petite bouche. Le potentiel de pêche pour cette dernière espèce est d’ailleurs excellent pour la grosseur de certaines prises qui ont étés effectuées dans le passé dans le Piscatosine. Nous avons d’ailleurs croisé un pêcheur qui ne recherchait que cette espèce autour des îles rocheuses du lac. Il est évident qu’on ne peut pêcher de la même façon avec deux enfants dans le bateau et qu’on ne peut y mettre autant de temps qu’on le désire. Disons qu’après avoir passé plus de deux heures de suite, il nous faut passer à autre chose que la pêche. Le couple qui nous accompagnait avait eux aussi leur fils de 12 ans. Eux aussi n’ont pas réussi à sortir un doré. En fait, ils en ont pris aucun durant leur séjour de 4 jours. Pour ma part, j’ai réussi à en prendre deux au premier soir que je suis sorti seul avec la technique d’Éric (figure 1). Ce fut tout pour cette espèce pour le restant de la semaine. Quel coup dur pour mon orgueil de vétéran pêcheur ! Je peux vous dire que j’ai essayé pas mal tout ce que je connaissais comme techniques et profondeurs et ce n’était pas le poisson qui manquait sur le sonar. Seul réconfort, au même moment, Éric n’avait pas plus de succès que moi.

 

figure#2Les vrais vétérans

Au troisième jour de notre séjour, deux couples, un dans la soixantaine et l’autre dans la trentaine, sont arrivés avec leur embarcation dans un chalet voisin. Ils passaient leur journée aux alentours du chalet et vers 16 :00 ils partaient vers le Piscatosine pour la pêche du soir. Ils revenaient toujours avec plusieurs dorés pendant que nous étions tous bredouille. Encore une fois, la cabane à fileter les poissons, me permit de prendre contact avec ce vétéran de la pourvoirie qui en était à sa vingtième année consécutive. Il m’a ainsi livré quelques-uns de ses secrets. Il me confiait avoir déjà prit plusieurs beaux dorés en plein jour mais que la période de la fin de journée était définitivement la plus propice au succès. Il me dit : « ce n’est pas compliqué la pêche au doré icitte, tu dois le pêcher avec un ver de terre et un plomb (figure 2). Tu traînes ça tranquillement dans le fond entre 6 et 12 pieds. Tu dois repérer un haut-fond avec un bon escarpement et tourner autour de cette structure. Essaye de prendre les plus petits hameçons possibles pour accrocher tes vers. Ils en vendent icitte des « Président double». » Il m’explique que le doré a la gueule très fine et de très bons yeux alors il faut camoufler les hameçons le plus possible dans le ver en plus d’accrocher la tête de ce dernier en avant avec la queue (partie plus pâle) qui virevolte à l’arrière. Dans la majeure partie du temps, les attaques se font sentir par une petite vibration sur la corde et il faut donner un peu de mou pour laisser le doré aspirer à fond le ver de terre (ce que le plomb coulissant vous permet de faire), il ne reste qu’à ferrer lorsqu’on reprend le mou et que l’on ressent la résistance du poisson.

 

Un soir après notre souper, j’ai eu la chance d’aller les rejoindre sur leur « spot » de pêche qu’ils m’avaient indiqué sur la carte bathymétrique la veille, dans l’entrée d’une baie au nord du Piscatosine, vers 18 :45 avec ma petite famille. Ce n’est pas un endroit facile à trouver sans avoir d’indications précises. En arrivant j’ai pu constater qu’ils étaient deux chaloupes et aussi qu’ils faisaient l’utilisation d’une petite bouée marqueuse (orange) pour indiquer le point le plus élevé du haut-fond. Mon sonar indiquait 6 pieds au point le plus élevé marqué par la bouée et ils tournaient alentour de celle-ci en descendant jusqu’à 15 pieds avec le moteur à la renverse en trainant lentement le fond et ont pris un ou deux dorés dans les premières 30 minutes de notre arrivée. Il me dit aussi : « on est arrivé icitte à 5 :00 et nous avons pris 9 dorés très rapidement, mais là ça mord presque plus alors nous on rentre ». Ils sont repartis vers le chalet à environ 25 minutes de chaloupe. Nous avons continué à pêcher environ 45 minutes jusqu’à ce qu’un nuage de pluie menaçant nous oblige à rentrer nous aussi sans avoir réussi à prendre autre chose que quelques petites perchaudes. Nous avions manqué la période d’activité.

familleConclusion

En résumé, le poisson s’est mis à être beaucoup plus difficile à faire mordre dès le lendemain de notre arrivée. Même Éric n’avait pas plus de succès que moi. Les cabanes à poisson étaient désertes la majeure partie du temps. Par contre, un autre groupe de pêcheurs qui en étaient à leur deuxième visite de la saison, nous disaient que la pêche du début du mois de juin était facile et que pratiquement n’importe quel pêcheur revenait de la pêche avec sa limite, que les cabanes à poisson ne dérougissaient pas. Tout un contraste avec notre situation. Alors, si vous désirez prendre des poissons en quantité, vous devriez réserver votre forfait pour y être à l’intérieur des 3 premières semaines du mois de juin. Le pourvoyeur ne nous recommandait pas d’aller sur le Baskatong disant que nos chances de succès seraient aussi bonnes sinon meilleures sur le Piscatosine. D’ailleurs un nouveau couple d’amis, qui eux en étaient à leur deuxième visite en deux ans avec leur famille de trois enfants, ont essayé le Baskatong récoltant un brochet de 6 livres mais pas de doré. Si vous désirez faire une belle sortie familiale et ne comptez pas nécessairement faire vos limites de dorés, le Baskatong et le Piscatosine peuvent vous offrir plusieurs beaux moments de plage et de nature.

 

 

plagePar contre, n’oubliez pas que le potentiel de prendre un doré trophée, reste là ! Les deux techniques expliquées ci-haut peuvent vous permettre de capturer de beaux spécimens et peuvent aussi très bien s’adapter à la pêche au doré dans d’autres plans d’eau. Je suis donc un client satisfait de cette pourvoirie qui offre un bon produit pour un rapport qualité/prix. C’est propre – propre – propre ! Toutes les commodités sont là pour des besoins d’urgence et Madame aime bien ça ! La preuve, nous y retournerons à la deuxième semaine de juillet 2008. Je pourrai ainsi écrire une petite suite à ce reportage et je planifie d’exploiter un peu plus quelques endroits de pêche du Baskatong. Bonne pêche à tous en 2007 et surtout, profitez du moment présent quand vous y êtes ! Roger Vachon

Roger.vachon@peche-reportage.com



 


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