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décembre 31, 2005

"Un dur retour pour les libéraux"

Media - Chasse (armes à feu )

Centre canadien des armes.jpg
source: http://www.cfc.gc.ca/

Revue de presse et commentaire sur le Registre canadien des armes à feu

Bonjour à tous

Le journaliste Michel C. Auger signe dans le journal de Montréal du vendredi le 30 décembre 2005 une chronique intitulée « Un dur retour pour les libéraux ». Cet article devrait être lu par tous les citoyens qui se posent des questions sur la pertinence et l’avenir du Registre canadien des armes à feu. M. Auger est chroniqueur politique pour le Journal de Montréal. Le retour dont il fait état, c’est le véritable début de la campagne électorale fédérale qui se mettra pour de bon en branle après les congés des Fêtes.

Michel C. Auger écrit: « deux événements qui se sont produits cette semaine devraient faire en sorte que ce sera un dur retour pour les libéraux de Paul Martin ». Le premier événement mentionné est l’enquête criminelle de la Gendarmerie royale sur de possibles délits d’initiés impliquant le ministère des Finances. (note 1) Le deuxième événement est celui qui aura les plus d'impact sur les citoyens et surtout sur les amateurs de chasse et de tir. Selon M. Auger « la fusillade qui a causé la mort d’une innocente jeune fille, en pleine rue, à Toronto, le lendemain de Noël. » est une mauvaise nouvelle pour la campagne électorale du PLC: « Les libéraux pourront dire qu’ils n’ont pas eu besoin d’une tragédie pour agir dans ce domaine. Sauf que, comme toute mauvaise nouvelle, la tuerie de Toronto est de nature à démontrer les faiblesses du gouvernement sortant ».

J’ai fait mention sur mon blogue le 8 décembre dernier du plan Martin pour améliorer la sécurité publique. Un nouveau gouvernement Martin, entre autres choses, aurait l’intention d’interdire les armes de poings et d'abolir les frais de renouvellement d'enregistrement des armes à feu.

M. Auger ajoute « Dans un sens, la tragédie de Toronto démontre que le simple fait d’avoir un registre des armes à feu ne saurait constituer le bon remède puisque ce sont les honnêtes citoyens qui enregistrent leurs armes, pas les criminels. Sans compter qu’il ne sera certainement pas utile pour les libéraux de se faire rappeler que le registre en question a fini par coûter près de deux milliards de dollars, alors qu’on parlait que de deux millions quand il a été mis sur pied. »

Commentaire

Ces extraits de la chronique de M. Auger s'inscrivent dans le courant de pensée d’un grand nombre de chasseurs honnêtes qui ont été obligés d’enregistrer leurs armes à feu contre leur gré. Pour la grande majorité des chasseurs, le permis d’acquisition d’arme en feu, qui était en place bien avant l’arrivée du Registre, était amplement suffisant pour limiter l’accès légal aux armes à feu. Les frais exigés pour l’enregistrement des armes à feu et les coûts exorbitants pour créer et maintenir le Registre ont été des sources de frustrations majeures pour les chasseurs et les amateurs de tir.

Le Registre a été crée à la suite des pressions exercées par les lobbies contre les armes à feu. Ces lobbies se sont nourris de la tragédie de l'école Polytechnique. Par un triste de revers du destin, il est possible que l’état d’insécurité vécue en ce moment à Toronto marque la fin de l’existence du Registre canadien des armes à feu. La métropole canadienne a vécu "The year of the gun" selon le Toronto Star, sur 78 homicides, 52 y ont été commis à l'aide d'armes à feu en 2005.

Le vote en Ontario influencera grandement la formation du prochain gouvernement fédéral. Les actes de violence qui ont eu lieu en 2005 là-bas sont un enjeu électoral majeur pour les Ontariens. Le gouvernement fédéral en place pourrait être accusé par les électeurs de ne pas avoir su contrôler ces excès de violence. Un éventuel gouvernement conservateur s’est engagé à abolir le Registre et à utiliser les fonds publics ainsi libérés pour embaucher plus de policiers. Le Parti conservateur prône de son côté une répression policière plus grande assortie de peines minimales lourdes contre tous les criminels usant d'armes à feu. Ce sont des arguments qui font sens pour bon nombre de citoyens ontariens.

J’ai tenu à vous mentionner cet article pour plusieurs raisons. De prétendus défendeurs des droits des possesseurs d'arme à feu fréquentent les forums de discussion portant sur la chasse au Québec. On a lancé dans ces forums, une cabale contre les journalistes québécois, que l'on accuse à tort à mon avis, d'avoir un parti pris anti-chasseurs. Les media ne font que refléter le pouls de la société québécoise. La chasse et le tir ne sont plus des activités à la mode. La couverture médiatique nous reflète simplement ce malheureux état de fait.

La chronique de M. Auger ne fera pas de vagues dans ces groupes de discussions. Ce genre d’article est toujours passé sous silence par cette minorité d'extrémistes de droite qui voteront pour le PC uniquement parce que ce parti promet d'abolir le Registre canadien des armes à feu. Bon nombre d'entre eux, voient dans l’existence même du Registre des armes à feu, la possibilité qu’un jour on interdise carrément la possession d’arme à feu au Canada. Leur propagande de droite ne fait que donner des munitions aux lobbies contre les armes à feu à mon avis.

Le Registre n’est pas une solution valable pour contrer les actes criminels commis en utilisant des armes à feu. A quoi bon demander aux honnêtes citoyens d'enregistrer leurs armes à feu, alors que la très grande majorité des crimes, sont commis avec des armes de contrebande ou carrément avec des armes volées. Le rapport coût versus bénéfice du Registre canadien des armes à feu n’en vaut pas la peine selon moi.

Nous vivons en démocratie et les électeurs ont décidé de mettre au pouvoir un gouvernement pour qui le Registre canadien des armes à feu est une bonne solution contre l’utilisation illégale des armes à feu. Le Registre selon moi est un des prix à payer pour vivre en démocratie.

J’ose espérer qu'une majorité de Canadiens finiront un jour par constater que la mise en place du Registre canadien des armes à feu n’a pas donné les résultats escomptés. Et que les fonds publics nécessaires à son fonctionnement pourraient être utilisés à meilleurs escients pour améliorer la sécurité publique au pays.

J'invite tous les possesseurs d'armes à feu à analyser la fin de la campagne électorale fédérale en conservant à l'esprit que la sécurité publique sera un enjeu de taille. L'avenir du Registre canadien des armes à feu est loin d'être assuré...

Au plaisir de vous lire

David Lefrançois
Montréal


Note 1:

Quelques « insiders » auraient profité d’une fuite, émanant du ministère des Finances, pour faire des profits rapides en bourse avant la publication de l’exposé économique du ministre des Finances Ralph Goodale en novembre dernier. L’énoncé de M. Goodale a permis à plusieurs sociétés, profitant des lois sur les fiducies de revenu ou versant des dividendes, de voir leur valeur s’apprécier rapidement en bourse. L’annonce de cette enquête de la GRC, en pleine campagne électorale, donne évidemment des munitions aux partis d’opposition. Le PC à même réclamer la démission de Ralph Goodale, le ministre des Finances, cette semaine.

décembre 26, 2005

Retour sur l'affaire "Georges Carbonneau & Fils"

Media - commerce illégale de viandes de gibier

Bonjour

Dans ma dernière revue de presse je vous mentionnais que j'avais écrit un courriel au Ministère des Ressources naturelles et de la Faune afin d'en savoir plus sur l'affaire des 22 000 kg de viandes de gibier vendu illégalement. Et bien contre toute attente en moins de 2 jours, M. Rémi Dumas, le directeur de la Direction de la protection de la faune de la Capitale-Nationale, a répondu à mes questions. Il m'a aussi fait parvenir l'intégrale de l'allocution qu'il a donnée lors de la conférence de presse du 25 novembre dernier. Et grâce à ce texte, j'ai appris des faits intéressants.

Je vous fais donc part de mes questions et des réponses de M. Dumas.

- Peut-on connaître la nature des pourparlers dont vous faites état de ce communiqué de presse?

La nature des pourparlers dont il est question réfère aux négociations en vue d'un règlement hors cour des dossiers de poursuite entre le procureur de la Couronne et représentant des poursuivants (Direction de la protection de la faune) et le procureur de la partie défenderesse (La Cie Georges Carbonneau et fils inc.). Il s'agit d'une pratique courante en procédure pénale pour désengorger les tribunaux, diminuer les coûts de longs procès et accélérer les règlements.

Pourquoi aucune personne physique n'a-t-elle été mentionnée dans ce communiqué?

Parce qu'aucune poursuite n'a été retenue à l'endroit des individus impliqués dans ce commerce. La preuve était à l'effet qu'une entité morale (compagnie) effectuait du commerce illégal; cependant, il ne nous était pas possible d'identifier, pour chaque vente, le degré de connaissance des employés et des membres de la famille, de la source d'approvisionnement légitime ou non. Certaines personnes étaient dans le secret, à un certain niveau, d'autres pas, mais nous ne pouvions le prouver hors de tout doute raisonnable.

Qui sont les responsables de la compagnie Georges Carbonneau et Fils inc.?

Nous ne pouvons vous communiquer cette information, cependant une recherche auprès du Registre des compagnies vous permettrait sans doute d'en savoir plus.

Comment ce grossiste a-t-il pu mettre la main sur autant de viandes de gros gibiers? Est-ce que des "braconniers " qui fournissaient le grossiste ont été poursuivis par la MRNF?

À la lecture du texte de présentation du bilan, vous trouverez réponse à cette question. L'enquête a permis de savoir que la viande de gibier vendue ne provenait pas de braconnage, mais plutôt de récupération organisée et ciblée de pièces de gibier abattus par les chasseurs sportifs, dans le cadre d'activités licites de chasse.

Je tiens à remercier M. Dumas et sa secrétaire Danielle Bédard, d'avoir répondu si rapidement à mes questions.

Ce n'est pas simple de tenter de vous informer avec des bribes d'information trouvées sur le net et dans les journaux à droite et à gauche. Disons que j'ai eu une bonne leçon. J'aurais dû lire un peu plus sur cette histoire avant de vous en parler sur le blogue.

Commençons donc par spécifier une chose, Mark Cardwell de la Gazette parle de "22 000 kg of poach game ". André-A Bellemare du Soleil mentionne lui "près de 20 000 kg de venaison " et M. Dumas du MRNF parle de 18 200 kilogrammes de chair de gibier. Si j'ai bien compris, on a saisi en mars 2004 près de 20 000 kg de viandes de gibier dans l'affaire "Georges Carbonneau et fils " et c'est 18 200 kg de viande qui ont été distribués récemment...

Secondo la fameuse saisie de « 20 000 kg " de viande de gibier touchait plus au commerce illégal qu'au braconnage. La majeure partie de la saisie provenait de la confiscation de 18 200 kilogrammes de viande chez la compagnie Georges Carbonneau & Fils et plusieurs de leurs clients. Cette entreprise s'approvisionnait principalement avec de la viande récoltée légalement par des chasseurs étrangers. Le caribou formait la majeure partie de la saisie. M.Dumas du MRNF précisait dans la conférence de presse du 25 novembre 2005 :

" qu’un réseau de braconnage n’était pas à la source de ce commerce illicite, mais qu’il s’agissait de gibier provenant en très grande majorité d’animaux récoltés dans le cadre d’activités de chasse autorisées.

La viande de caribou saisie (environ 60 %) provenait en grande partie de gibier que les non-résidents ne pouvaient rapporter dans leur pays. Ceux-ci laissaient alors la viande à l’atelier de découpe, qui devait en faire bénéficier des organismes de charité.

Quant à la viande de cerf de Virginie (30 %) et d’orignal (10 %), seule une petite proportion de la viande provenait de bêtes chassées par des non-résidents. La plus grande partie avait été prélevée à l’insu des chasseurs qui confiaient leur gibier à un atelier de découpe étroitement lié à la compagnie Georges Carbonneau et fils inc. "

fin de la citation

Je comprends un peu mieux à la lumière de ces nouvelles informations dont je n'avais pas pris connaissance l'angle de l'article de M. Bellemare du Soleil...

Je vous invite à suivre ce conseil donné par M. Dumas en conférence de presse :

« Si certains décident de faire un don de viande, il est préférable d’aller le porter directement à l’organisme souhaité et de ne pas déléguer cette tâche à un tiers. »

Et en terminant, les simples citoyens comme vous et moi peuvent tout simplement boycotter la compagnie Georges Carbonneau et fils... J'invite donc les chasseurs de la métropole à faire affaire avec une boucherie de transformation ayant une meilleure réputation...

Au plaisir de vous lire

David Lefrançois
Montréal

décembre 18, 2005

Commerce illégal de viande de gros gibiers vu par André-A Bellemare

Revue de presse

Bonjour à tous

Le 25 novembre dernier le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) a tenu une conférence de presse sur une saisie majeure de viande de gibier vendu illégalement. Un grossiste de la région de Longueuil suite à des pourparlers a reconnu sa culpabilité à plusieurs chefs d'accusation dont 66 portaient sur la vente illégale de chair de gros gibiers. La compagnie Georges Carbonneau & Fils devra payer une amende record totalisant $125 297.

Le chroniqueur André-A Bellemare du quotidien Le Soleil nous a mentionné cette conférence de presse dans un article publié le jour précédent l'événement. De toute évidence ce genre d'opération de relations publiques du MRNF n'impressionne plus beaucoup M. Bellemare. Il a vu neigé dans sa longue carrière de chroniqueur de chasse et pêche et il a plutôt utilisé l'occasion pour nous donner du "deep background" sur ce genre d'événement...

Après avoir relaté les faits, M. Bellemare nous explique son point de vue sur cette conférence de presse: " Avec ce show (...) on veut montrer que le MRNF fait "quelque chose" pour s'occuper de la faune, surtout des gros gibiers récoltés par des centaines de milliers de chasseurs, puis que le ministère lutte avec acharnement contre le braconnage. Cela, au moment où les chasseurs se plaignent que les activités de pêche et de chasse sont "noyées" dans le MRNF, parce que ce ministère est beaucoup plus préoccupé par l'exploitation forestière, l'aménagement hydroélectrique et l'exploitation minière que par la pérennité de notre patrimoine faunique et que par le bien-être des générations actuelles et futures d'adeptes de la chasse. "

M. Bellemare continue sa chronique en mentionnant: " Bien sûr, les shows du genre de celui tenu demain dans l'île d'Orléans sont nécessaires pour faire comprendre à un large public que le braconnage est un crime commis par une minorité, et qu'ils ne pourraient prospérer sans des "receleurs". Mais il faut absolument que les conseillers du ministre et les responsables de l'information, de l'éducation, des relations avec le public et la presse dépassent ce stade du show ! On comprend qu'un ministre a intérêt à soigner son image, en vue de sa réélection, mais les citoyens s'en foutent éperdument : ces derniers désirent savoir ce que politiciens et fonctionnaires font de leurs impôts et taxes, et comment ils s'occupent du territoire, du patrimoine faunique et de ses habitats, qui appartiennent à tous !"

Fin de la longue citation. Je me permets ici une parenthèse. Le MRNF fait régulièrement ce type de conférence de presse. Ce genre de "présentation" revient régulièrement d'année en année. On nous montrent surtout les résultas positifs des agents de la faune contre de gros réseaux de braconnage. Mais je me questionnent souvent sur les véritables résultats de la lutte contre le braconnage au Québec. Est-ce que nos gouvernements mettent vraiment l'effort nécessaire pour contrer ce fléau? Pourquoi mentionne-t-on si rarement les problèmes vécus par les agents de la faune sur le terrain au quotidien dans les média? Tout dernièrement 2 agents de la faune sont décédés dans un accident d'avion lors d'une patrouille aérienne . Le syndicat des agents de la faune s'est officiellement plaint du type d'appareil utilisé par le MRNF. On a aussi mentionné du côté syndical que ce type d'opération était de plus en plus commune parce qu'il y avait de moins en moins d'agents de la faune sur le terrain.

Fin de la parenthèse et retour sur la conclusion de la chronique de M. Bellemare:
" Vous me permettrez de vous rappeler ici le combat que j'ai toujours mené contre la commercialisation d'animaux d'élevage existant à l'état sauvage chez nous (cerfs, caribous, oiseaux, poissons...) J'ai affirmé, pendant des décennies, que des criminels profitaient de la largesse des lois et des règlements pour s'adonner à un braconnage éhonté de notre patrimoine faunique afin de remplir leurs goussets, avec la complicité de marchés d'alimentation, d'hôtels et de restaurants. Les enquêtes menées par les agents de protection de la faune m'ont fréquemment donné raison. Demain, dans l'île d'Orléans, on tentera de sanctifier le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ), en prétendant que ce dernier "fait beaucoup" pour réduire le braconnage au Québec... C'est une véritable farce ! Parce que c'est ce ministère qui, en voulant à tout prix donner raison à sa clientèle de producteurs agricoles, a justement mis en danger certaines espèces. Et le MAPAQ met encore en danger les habitats de la faune en donnant son appui à certaines pratiques agricoles conspuées par les citoyens."

Que peut-on rajouter de plus? Si ce n'est que j'aimerais voir le respecté chroniqueur de chasse et pêche du Soleil nous pondre des articles de ce genre sur tous les intervenants dans le milieu de la chasse et de la pêche au Québec.

Arrêtez-vous un instant et penser à cette saisie: 22 000 kg de viande de gros gibier. J'ai récolté cet automne à la chasse au cerf de Virginie une petite femelle qui m'a donné environ 20 kilos de viandes. Pensez un peu au nombre de bêtes qui ont été abattues illégalement pour arriver à un tel chiffre: 22 000 kg. Combien de braconniers ont participé à ce réseau? Qui sont-ils? Quel étaient leurs modes d'opérations? C'est le genre de questions auxquelles j'aurais aimé avoir des réponses de mon côté. Je viens d'envoyer un courriel au MRNF afin d'avoir plus d'informations sur cette opération. J'ai très hâte de constater si une demande d'information d'un simple blogueur méritera au moins un accusé de réception...

Au plaisir de vous lire

David Lefrançois
Montréal

décembre 11, 2005

Importante opération anti-braconnage

Manchette_Gazette copy.jpg


Revue de presse

Le quotidien anglophone montréalais The Gazette, samedi le 26 novembre 2005, faisait sa manchette sur une opération contre le commerce illégal de viande de gibiers menée par le service de Protection de la Faune du Québec. The Gazette jouait en première page sur deux colonnes: 22, 000 kg of poached game (22 000kg de gibier braconné). Un dossier passablement fouillé occupait la p. A4 du journal. C'est le seul quotidien à ma connaissance à avoir fait état de cette nouvelle en première page.

Le chroniqueur André-A Bellemare du journal Le Soleil a lui aussi mentionné cette saisie. Mais sa couverture a été fort différente. Je reviendrai sur son article plus tard sur mon blogue.

Un communiqué de presse diffusé sur l'agence Telbec nous donne les faits: "L'enquête a permis de mettre à jour un commerce illégal de chair de gros gibier opéré par l'entreprise à numéro 9143-2278 Québec inc. (Georges Carbonneau et Fils inc.), qui distribuait cette viande auprès d'épiceries de produits fins ainsi que chez divers restaurateurs".

"A la suite de pourparlers avec le ministère des Ressources naturelles et de la Faune, la compagnie Georges Carbonneau et Fils inc. a reconnu sa culpabilité sur 71 chefs d'accusation, dont 66 chefs concernaient la vente illégale de chair de gros gibier, pour une amende totale de 125 297 $." (note 1)

Selon Mark Cardwell, qui est journaliste à la Gazette, il s'agirait de la plus grosse amende pour braconnage dans l'histoire du Québec. M. Cardwell précise que "la plupart de la viande saisie provenait des facilités de boucherie de la compagnie Georges Carbonneau et Fils de Saint-Hubert. La viande était soit volée aux chasseurs qui y amenaient leur gibier en toute légitimité, soit échangée pour services rendus. Cette pratique est illégale au Québec.

Une filiale de cette compagnie vendait de la viande de gibier dans des emballages de qualité à des entreprises à travers le Québec. Fait intéressant le caribou étant disponible commercialement au Québec, cette viande était identifiée correctement. Mais la viande d'orignal était vendu comme étant du bison. On a saisi de la viande dans plus de 60 commerces au Québec, surtout des restaurants et des épiceries fines. Aucun de ces commerces n'a été poursuivis parce que leur propriétaire ignorait que la viande était de source illégale.

Le dossier de la Gazette est intéressant parce qu'il informe le grand public sur l'existence du braconnage, les différentes formes de ce fléau et surtout sur l'ampleur du problème. M. Cardwell stipule "que des études faites au Canada estime que le gibier obtenu par braconnage équivaut environ à la même quantité que le gibier récolté légalement. Jean-Yves Desbiens, directeur intérimaire de l'agence de Protection de la Faune, et Jean-Pierre Caron, un agent de la faune récemment retraité, décrivent les différents types de braconniers dans l'article de la Gazette. "Certains tuent pour la viande, d'autres sont à la recherche de trophées et enfin plusieurs braconnent afin de faire des profits. "

"Les plus dangereux d'entre eux sont surnommés "les Bougons des bois". Ces gens considèrent les forêts, les lacs et les rivières québécoises comme leur réserve de nourriture. Ils vendent aussi de la viande de gibiers braconnés à leur communauté. Ces gens sont souvent les "petits rois" de leur village et ils font généralement d'autres types de commerces illégaux comme la vente de cigarettes, d'alcool ou de drogues."

M. Cardwell nous apprend que puisque "les lois provinciales de la conservation de la faune ne font pas partie du code criminel, les infractions pour le braconnage sont souvent limitées à des amendes, des suspensions de permis d'une durée allant jusqu'à deux ans et la confiscation parfois permanente d'armes à feu et de véhicules ayant servis aux activités illégales. Il précise que le Québec est le seul endroit au Canada où des agents de la faune ont été tués dans leurs fonctions.

L'article de la Gazette fait le portrait de l'évolution de la lutte contre le braconnage. Les moyens mis à la disposition des agents sont beaucoup plus évolués que dans le passé. Aujourd'hui ils profitent d'une formation de 20 semaines. On leur enseigne des méthodes d'enquêtes. Ils peuvent aussi profiter d'effort conjoint avec d'autres corps de métiers comme les policiers, les techniciens de la faune, les pourvoyeurs et les trappeurs.

Mais la situation n'est pas rose selon Paul Legault, un vétéran qui est aussi président du syndicat des agents de la faune, qui a été interviewé par la Gazette. "Les coupures de postes et les gels de salaire ont sapé le moral des agents et réduit l'efficacité des opérations anti-braconnage. Les officiers supérieurs prétendent que tout va bien mais dans les faits la situation est mauvaise et elle ne cesse de se détériorer. Le principal problème, selon le président du Syndicat des agents de conservation de la faune, est la réduction de 25% du nombre d'agents de la faune à temps plein. Plus de 160 postes ont été coupé depuis 1990. Ce facteur couplé à la coupure de 45 postes saisonniers de 2003 font en sorte que le nombre d'infractions données par les agents de la faune a baissé de 17 000 à 7000 par année. Il estime que les agents réussissent à arrêter 5% des braconniers. Il conclut en disant que si vous êtes un braconnier, vous serez vraiment malchanceux si vous êtes arrêté...


Vous pouvez lire l'excellent article de la Gazette sur leur site web si vous êtes abonné.

source: site des archives The Gazette

Cet article donne à réfléchir. Récemment deux agents de la faune sont décédés leur d'une patrouille aérienne. Plusieurs articles en font état sur le web. Le président du syndicat des agents de la faune, M. Legault, dans l'un d'eux précise: "Le problème, c'est qu'on manque d'effectif et de ressources, et c'est pour ça qu'on fait des patrouilles aériennes, a ajouté M. Legault. Le ministère nous a coupé 7 millions $ en trois ans, on a perdu 160 permanents depuis 10 ans, et on n'est plus que 475 pour couvrir tout le Québec. Et on continue de nous demander de faire le même travail qu'avant. Les agents sentent qu'il y a une pression énorme sur eux. Les saisonniers et ceux qui ont un statut précaire n'osent pas refuser de participer aux opérations, même si elles sont risquées, de peur de ne pas être réengagés. Prenez Nicolas Rochette. Il venait de se faire couper 10 jours sur son contrat. Et là, il vient de perdre la vie." (note 2)

Personnellement je dis souvent, avec un brin d'ironie, que les agents de la faune sont une espèce en voie de disparition. Je pratique la chasse et la pêche depuis plus de 25 ans maintenant. Et j'ai été en contact sur le terrain avec un agent de la faune environs 6 fois. J'ai été intercepté à l'âge de 15 ans alors que je roulais à vélo sur le 138 près de Baie-Comeau avec une canne à pêche dans un sac à dos. Dans la vingtaine, un intrépide agent de la faune a débarqué à notre camp de chasse fort isolé dans le secteur de la Pourvoirie du lac des îles près de Baie-Comeau. 20 ans plus tard j'ai été intercepté sur le lac Montjoie dans la réserve Papineau-Labelle. Imaginez 20 ans plus tard. Et pourtant je passe au minimum un mois par année en forêt pour chasser et pêcher.

C'est évident que je suis du même avis que le président du syndicat des agents de la faune. Il faut être malchanceux pour se faire intercepter en forêt. Un copain à qui je mentionnais cet article m'a posé une très bonne question: combien d'argent par année touchait Georges Carbonneau et Fils inc de ce commerce illégal? Le chroniqueur de chasse et pêche du Soleil, André-A Bellermare, a répondu à cette question dans son article du 24 novembre 2005. $200 000 ! Avec un tel revenu, on peut facilement payé un amende record de $125 000.

J'aimerais bien connaître la nature des pourparlers, mentionnés dans le communiqué de Telbec, qui ont amené la compagnie à reconnaître sa culpabilité. Pourquoi aucune personne physique n'a été mentionné? Qui sont les têtes dirigeantes de ce réseau? Si des chasseurs payaient leurs bouchers illégalement avec de la viande de gibier, pourquoi aucun chasseur n'a été poursuivi? Est-ce que des "Bougons des bois" fournissaient le grossiste en grande quantité? Voilà des questions qui demeureront probablement sans réponses.

Je tiens à vous mentionnez ce genre d'article parce que je me désole de constater que nos grands magazines spécialisés et plusieurs quotidiens ne font jamais ce genre de couverture. Quand avez-vous eu l'occasion de lire un tel dossier dans Sentier Chasse-Pêche ou Aventure Chasse et Pêche? Une étude disponible sur le site du MRNF précise que 3.4 million de québécois pratiquent des activités de plein-air. Parmi ceux-ci, 815 000 personnes vont à la pêche et 410 000 pratiquent la chasse. Il me semble que c'est un nombre suffisant de personnes pour que nos quotidiens ou de nos magazines fassent un travail journalistique adéquat pour cette clientèle? Le braconnage touche tous ces adeptes. Pourquoi n'en parle-t-on presque jamais?

Je reviendrai sur ce sujet assurément à l'avenir. D'ailleurs André-A Bellemare du Soleil, lui, à encore une fois bien fait son boulot. Son article mérite à lui seul une autre revue de presse...

N'hésiter pas à me donner vos commentaires sur cette article de la Gazette ou sur vos propres impressions sur la protection de la faune au Québec.


Au plaisir de vous lire

David Lefrançois
Montréal


Note 1: source: site du Min. des Ressources et de la Faune du Québec

Note 2: source: site de Cyberpresse Le Soleil

décembre 08, 2005

Bonne nouvelle pour la majorité des propriétaires d'armes à feu

Lors d’une conférence de presse à Toronto aujourd’hui, Paul Martin s’est engagé à « abolir les frais de renouvellement d'enregistrement des armes d'épaule ». Mais la véritable nouvelle du jour sera plutôt l’intention du PLC « d’abolir les armes de poing ».

M. Martin annonçait « une stratégie nationale d'interdiction des armes de poing et de renforcement de la sécurité dans les collectivités. » dans la région de Toronto où une flambée de violence est en cours depuis quelques mois. Plusieurs gangs de rue s’entretuent en pleine rue en utilisant des armes à feu.

L’une des mesures de ce plan risque d’être positive pour la majorité des chasseurs québécois qui ont déjà enregistré leurs armes de chasse. Nous apprenons en effet sur le site web du PLC que le 3ième volet de la stratégie de M. Martin est : « L’abolition des droits pour le renouvellement du permis d’armes à feu pour les armes d’épaule, afin d’encourager leurs propriétaires à respecter pleinement les dispositions du Programme canadien des armes à feu. »

source : Site du PLC


On ajoute sur le même site : « Les tireurs sur cible en règle qui se conforment aux exigences auraient droit à une exemption de l’interdiction, qui serait établie en partenariat avec les provinces et les territoires. » Reste à voir quel véritable impact aura cette mesure sur les honnêtes citoyens qui possèdent des armes de poing.

Il est intéressant de noter que les stratèges libéraux ont préféré faire cette annonce à Toronto aujourd’hui plutôt qu’au Québec le 6 décembre alors que la commémoration du massacre de Polytechnique était à l’ordre du jour. La sécurité est un enjeux majeur en Ontario en ce moment.

Le Parti conservateur du Canada de son côté propose pour améliorer la sécurité au pays l’abolition pur et simple du programme d’enregistrement des armes à feu …

Le PC désire : « • Supprimer le registre des armes à feu, inutile et coûteux, et utiliser les fonds ainsi économisés pour engager plus d’agents de police de première ligne. »

Source : Site du PC

La position du PC semble la plus intéressante pour les propriétaires d’armes à feu. Mais pour l’instant c’est toujours le PLC qui a le plus de chance de former un nouveau gouvernement minoritaire selon les derniers sondages…

Au plaisir de vous lire

David Lefrançois
Montréal

décembre 07, 2005

Pêche et villégiature dans les réserves fauniques en 2006

Shawinigan_2_300_200.jpg

Les réservations pour certaines réserves de la SÉPAQ sont en cours depuis le 28 novembre 2005. Plusieurs pêcheurs favorisés lors du tirage au sort ont donc déjà réservés des séjours de pêche pour 2006. Je suis de ceux là. Mais j'aimerais m'adresser à ceux qui font partie des non-gagnants et à ceux qui ont carrément omis de s'inscrire au tirage au sort.

Vous avez toujours la possibilité de réserver un séjour. Les non-gagnants peuvent profiter d'un avantage. Ils n'ont qu'à s'inscrire à Seconde Chance. Lorsque vous avez reçu votre résultat de tirage de la SÉPAQ par courriel, vous avez peut-être remarqué en bas de page, que vous pouviez vous inscrire SANS FRAIS par un simple clic à Seconde Chance.


Le personnel de la SÉPAQ, après avoir appelé tous les gagnants, communiquera avec ceux et celles qui se sont inscrit à Seconde Chance. C'est certain que les meilleurs séjours, les plus beaux chalets en week-end au début de saison par exemple, ne seront plus disponibles. Mais vous seriez surpris de constater que parfois une seconde chance peut vous donner accès à des séjours sur semaine en mai. La qualité de pêche possible dans certaines réserves en juillet et août peut aussi être fort surprenante…

Pour ceux qui ne connaissaient pas le système de tirage au sort et bien vous aussi vous pourrez avoir une chance de vous réserver un séjour de pêche intéressant. A partir du 13 février 2006 vous pourrez réserver les séjours toujours disponibles par téléphone (1-800-665-6527) ou par Internet (www.sepaq.com). Plusieurs réserves offrent aussi la possibilité de réserver en baisse de capacité quelques jours à l'avance. Vous pourriez ainsi réserver un chalet de 8 personnes en ne payant que pour 6. Dans le passé, j'ai réussi à réserver un séjour dans la réserve faunique de Papineau-Labelle de cette façon pour un week-end de mai... Même ceux qui ne peuvent pas prévoir leurs vacances longtemps à l'avance peuvent se trouver un chalet. Il faut simplement consulter le site web de la SÉPAQ et vérifier les disponibilités...

La SÉPAQ offre à mon avis un des plus beaux sites web du Québec. Une fois que les réservations pour les participants au tirage seront terminées, vous pourrez y trouver tous les séjours disponibles dans les réserves, des photos des chalets, des statistiques sur les prises et sur les dates d'ouverture des plans d'eau.

En conclusion, j'ai longtemps hésité à pêcher en réserve. Je croyais que la qualité de pêche devait être minime à des endroits si proches des grands centres. Je pensais aussi que le mode d'opération était lourd et compliqué. Ce n'est pas le cas. On peut faire de très beaux séjours particulièrement dans deux réserves à proximité de Montréal que je vous recommande chaudement pour la mouchetée. Dans l'ordre, tenter de réserver un séjour dans la réserve Mastigouche et la Saint-Maurice.

Je vous prépare depuis des mois un long reportage sur la Mastigouche qui devrait être en ligne avant longtemps. Si vous avez des questions sur le fonctionnement des réserves, il me fera plaisir de répondre à vos questions que vous pouvez écrire en commentaires...

Au plaisir de vous lire

David Lefrançois
Montréal