Retour sur l'affaire "Georges Carbonneau & Fils"
Media - commerce illégale de viandes de gibier
Bonjour
Dans ma dernière revue de presse je vous mentionnais que j'avais écrit un courriel au Ministère des Ressources naturelles et de la Faune afin d'en savoir plus sur l'affaire des 22 000 kg de viandes de gibier vendu illégalement. Et bien contre toute attente en moins de 2 jours, M. Rémi Dumas, le directeur de la Direction de la protection de la faune de la Capitale-Nationale, a répondu à mes questions. Il m'a aussi fait parvenir l'intégrale de l'allocution qu'il a donnée lors de la conférence de presse du 25 novembre dernier. Et grâce à ce texte, j'ai appris des faits intéressants.
Je vous fais donc part de mes questions et des réponses de M. Dumas.
- Peut-on connaître la nature des pourparlers dont vous faites état de ce communiqué de presse?
La nature des pourparlers dont il est question réfère aux négociations en vue d'un règlement hors cour des dossiers de poursuite entre le procureur de la Couronne et représentant des poursuivants (Direction de la protection de la faune) et le procureur de la partie défenderesse (La Cie Georges Carbonneau et fils inc.). Il s'agit d'une pratique courante en procédure pénale pour désengorger les tribunaux, diminuer les coûts de longs procès et accélérer les règlements.
Pourquoi aucune personne physique n'a-t-elle été mentionnée dans ce communiqué?
Parce qu'aucune poursuite n'a été retenue à l'endroit des individus impliqués dans ce commerce. La preuve était à l'effet qu'une entité morale (compagnie) effectuait du commerce illégal; cependant, il ne nous était pas possible d'identifier, pour chaque vente, le degré de connaissance des employés et des membres de la famille, de la source d'approvisionnement légitime ou non. Certaines personnes étaient dans le secret, à un certain niveau, d'autres pas, mais nous ne pouvions le prouver hors de tout doute raisonnable.
Qui sont les responsables de la compagnie Georges Carbonneau et Fils inc.?
Nous ne pouvons vous communiquer cette information, cependant une recherche auprès du Registre des compagnies vous permettrait sans doute d'en savoir plus.
Comment ce grossiste a-t-il pu mettre la main sur autant de viandes de gros gibiers? Est-ce que des "braconniers " qui fournissaient le grossiste ont été poursuivis par la MRNF?
À la lecture du texte de présentation du bilan, vous trouverez réponse à cette question. L'enquête a permis de savoir que la viande de gibier vendue ne provenait pas de braconnage, mais plutôt de récupération organisée et ciblée de pièces de gibier abattus par les chasseurs sportifs, dans le cadre d'activités licites de chasse.
Je tiens à remercier M. Dumas et sa secrétaire Danielle Bédard, d'avoir répondu si rapidement à mes questions.
Ce n'est pas simple de tenter de vous informer avec des bribes d'information trouvées sur le net et dans les journaux à droite et à gauche. Disons que j'ai eu une bonne leçon. J'aurais dû lire un peu plus sur cette histoire avant de vous en parler sur le blogue.
Commençons donc par spécifier une chose, Mark Cardwell de la Gazette parle de "22 000 kg of poach game ". André-A Bellemare du Soleil mentionne lui "près de 20 000 kg de venaison " et M. Dumas du MRNF parle de 18 200 kilogrammes de chair de gibier. Si j'ai bien compris, on a saisi en mars 2004 près de 20 000 kg de viandes de gibier dans l'affaire "Georges Carbonneau et fils " et c'est 18 200 kg de viande qui ont été distribués récemment...
Secondo la fameuse saisie de « 20 000 kg " de viande de gibier touchait plus au commerce illégal qu'au braconnage. La majeure partie de la saisie provenait de la confiscation de 18 200 kilogrammes de viande chez la compagnie Georges Carbonneau & Fils et plusieurs de leurs clients. Cette entreprise s'approvisionnait principalement avec de la viande récoltée légalement par des chasseurs étrangers. Le caribou formait la majeure partie de la saisie. M.Dumas du MRNF précisait dans la conférence de presse du 25 novembre 2005 :
" qu’un réseau de braconnage n’était pas à la source de ce commerce illicite, mais qu’il s’agissait de gibier provenant en très grande majorité d’animaux récoltés dans le cadre d’activités de chasse autorisées.
La viande de caribou saisie (environ 60 %) provenait en grande partie de gibier que les non-résidents ne pouvaient rapporter dans leur pays. Ceux-ci laissaient alors la viande à l’atelier de découpe, qui devait en faire bénéficier des organismes de charité.
Quant à la viande de cerf de Virginie (30 %) et d’orignal (10 %), seule une petite proportion de la viande provenait de bêtes chassées par des non-résidents. La plus grande partie avait été prélevée à l’insu des chasseurs qui confiaient leur gibier à un atelier de découpe étroitement lié à la compagnie Georges Carbonneau et fils inc. "
fin de la citation
Je comprends un peu mieux à la lumière de ces nouvelles informations dont je n'avais pas pris connaissance l'angle de l'article de M. Bellemare du Soleil...
Je vous invite à suivre ce conseil donné par M. Dumas en conférence de presse :
« Si certains décident de faire un don de viande, il est préférable d’aller le porter directement à l’organisme souhaité et de ne pas déléguer cette tâche à un tiers. »
Et en terminant, les simples citoyens comme vous et moi peuvent tout simplement boycotter la compagnie Georges Carbonneau et fils... J'invite donc les chasseurs de la métropole à faire affaire avec une boucherie de transformation ayant une meilleure réputation...
Au plaisir de vous lire
David Lefrançois
Montréal