"Un dur retour pour les libéraux"
Media - Chasse (armes à feu )

source: http://www.cfc.gc.ca/
Revue de presse et commentaire sur le Registre canadien des armes à feu
Bonjour à tous
Le journaliste Michel C. Auger signe dans le journal de Montréal du vendredi le 30 décembre 2005 une chronique intitulée « Un dur retour pour les libéraux ». Cet article devrait être lu par tous les citoyens qui se posent des questions sur la pertinence et l’avenir du Registre canadien des armes à feu. M. Auger est chroniqueur politique pour le Journal de Montréal. Le retour dont il fait état, c’est le véritable début de la campagne électorale fédérale qui se mettra pour de bon en branle après les congés des Fêtes.
Michel C. Auger écrit: « deux événements qui se sont produits cette semaine devraient faire en sorte que ce sera un dur retour pour les libéraux de Paul Martin ». Le premier événement mentionné est l’enquête criminelle de la Gendarmerie royale sur de possibles délits d’initiés impliquant le ministère des Finances. (note 1) Le deuxième événement est celui qui aura les plus d'impact sur les citoyens et surtout sur les amateurs de chasse et de tir. Selon M. Auger « la fusillade qui a causé la mort d’une innocente jeune fille, en pleine rue, à Toronto, le lendemain de Noël. » est une mauvaise nouvelle pour la campagne électorale du PLC: « Les libéraux pourront dire qu’ils n’ont pas eu besoin d’une tragédie pour agir dans ce domaine. Sauf que, comme toute mauvaise nouvelle, la tuerie de Toronto est de nature à démontrer les faiblesses du gouvernement sortant ».
J’ai fait mention sur mon blogue le 8 décembre dernier du plan Martin pour améliorer la sécurité publique. Un nouveau gouvernement Martin, entre autres choses, aurait l’intention d’interdire les armes de poings et d'abolir les frais de renouvellement d'enregistrement des armes à feu.
M. Auger ajoute « Dans un sens, la tragédie de Toronto démontre que le simple fait d’avoir un registre des armes à feu ne saurait constituer le bon remède puisque ce sont les honnêtes citoyens qui enregistrent leurs armes, pas les criminels. Sans compter qu’il ne sera certainement pas utile pour les libéraux de se faire rappeler que le registre en question a fini par coûter près de deux milliards de dollars, alors qu’on parlait que de deux millions quand il a été mis sur pied. »
Commentaire
Ces extraits de la chronique de M. Auger s'inscrivent dans le courant de pensée d’un grand nombre de chasseurs honnêtes qui ont été obligés d’enregistrer leurs armes à feu contre leur gré. Pour la grande majorité des chasseurs, le permis d’acquisition d’arme en feu, qui était en place bien avant l’arrivée du Registre, était amplement suffisant pour limiter l’accès légal aux armes à feu. Les frais exigés pour l’enregistrement des armes à feu et les coûts exorbitants pour créer et maintenir le Registre ont été des sources de frustrations majeures pour les chasseurs et les amateurs de tir.
Le Registre a été crée à la suite des pressions exercées par les lobbies contre les armes à feu. Ces lobbies se sont nourris de la tragédie de l'école Polytechnique. Par un triste de revers du destin, il est possible que l’état d’insécurité vécue en ce moment à Toronto marque la fin de l’existence du Registre canadien des armes à feu. La métropole canadienne a vécu "The year of the gun" selon le Toronto Star, sur 78 homicides, 52 y ont été commis à l'aide d'armes à feu en 2005.
Le vote en Ontario influencera grandement la formation du prochain gouvernement fédéral. Les actes de violence qui ont eu lieu en 2005 là-bas sont un enjeu électoral majeur pour les Ontariens. Le gouvernement fédéral en place pourrait être accusé par les électeurs de ne pas avoir su contrôler ces excès de violence. Un éventuel gouvernement conservateur s’est engagé à abolir le Registre et à utiliser les fonds publics ainsi libérés pour embaucher plus de policiers. Le Parti conservateur prône de son côté une répression policière plus grande assortie de peines minimales lourdes contre tous les criminels usant d'armes à feu. Ce sont des arguments qui font sens pour bon nombre de citoyens ontariens.
J’ai tenu à vous mentionner cet article pour plusieurs raisons. De prétendus défendeurs des droits des possesseurs d'arme à feu fréquentent les forums de discussion portant sur la chasse au Québec. On a lancé dans ces forums, une cabale contre les journalistes québécois, que l'on accuse à tort à mon avis, d'avoir un parti pris anti-chasseurs. Les media ne font que refléter le pouls de la société québécoise. La chasse et le tir ne sont plus des activités à la mode. La couverture médiatique nous reflète simplement ce malheureux état de fait.
La chronique de M. Auger ne fera pas de vagues dans ces groupes de discussions. Ce genre d’article est toujours passé sous silence par cette minorité d'extrémistes de droite qui voteront pour le PC uniquement parce que ce parti promet d'abolir le Registre canadien des armes à feu. Bon nombre d'entre eux, voient dans l’existence même du Registre des armes à feu, la possibilité qu’un jour on interdise carrément la possession d’arme à feu au Canada. Leur propagande de droite ne fait que donner des munitions aux lobbies contre les armes à feu à mon avis.
Le Registre n’est pas une solution valable pour contrer les actes criminels commis en utilisant des armes à feu. A quoi bon demander aux honnêtes citoyens d'enregistrer leurs armes à feu, alors que la très grande majorité des crimes, sont commis avec des armes de contrebande ou carrément avec des armes volées. Le rapport coût versus bénéfice du Registre canadien des armes à feu n’en vaut pas la peine selon moi.
Nous vivons en démocratie et les électeurs ont décidé de mettre au pouvoir un gouvernement pour qui le Registre canadien des armes à feu est une bonne solution contre l’utilisation illégale des armes à feu. Le Registre selon moi est un des prix à payer pour vivre en démocratie.
J’ose espérer qu'une majorité de Canadiens finiront un jour par constater que la mise en place du Registre canadien des armes à feu n’a pas donné les résultats escomptés. Et que les fonds publics nécessaires à son fonctionnement pourraient être utilisés à meilleurs escients pour améliorer la sécurité publique au pays.
J'invite tous les possesseurs d'armes à feu à analyser la fin de la campagne électorale fédérale en conservant à l'esprit que la sécurité publique sera un enjeu de taille. L'avenir du Registre canadien des armes à feu est loin d'être assuré...
Au plaisir de vous lire
David Lefrançois
Montréal
Note 1:
Quelques « insiders » auraient profité d’une fuite, émanant du ministère des Finances, pour faire des profits rapides en bourse avant la publication de l’exposé économique du ministre des Finances Ralph Goodale en novembre dernier. L’énoncé de M. Goodale a permis à plusieurs sociétés, profitant des lois sur les fiducies de revenu ou versant des dividendes, de voir leur valeur s’apprécier rapidement en bourse. L’annonce de cette enquête de la GRC, en pleine campagne électorale, donne évidemment des munitions aux partis d’opposition. Le PC à même réclamer la démission de Ralph Goodale, le ministre des Finances, cette semaine.