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janvier 26, 2006

Aventures en Nord n’a pas diffusé de véritable rectificatif

Media

Bonjour à tous

On m’avait promis que l’épisode d’Aventures en Nord du samedi le 21 janvier 2006 inclurait un rectificatif. On a faussement laissé croire aux téléspectateurs de TQS qu’une chasse à l’arc en enclos chez « Wild Rack Canadian Whitetail avait été tournée à l’île d’Anticosti dans un texte de présentation douteux d’Aventures en Nord en octobre 2005.

La définition d’un rectificatif est simple : " qui a pour objet de rectifier une chose inexacte " selon le Petit Robert. Pourtant lors l’épisode diffusé le samedi le 21 janvier dernier, l’animateur d’Aventures en Nord, M. Stephan Grondin ne mentionne nullement que sa présentation du 29 octobre 2005 était inexacte et portait à confusion. Il dit plutôt : « ... Vous vous souviendrez qu'au mois d'octobre plus tôt cette année nous avons fait une comparaison entre la chasse au chevreuil à l'île d'Anticosti et sur le continent, mais cette fois-ci le segment est consacré uniquement à la chasse sur l'île d'Antiscosti au mois de décembre. »

Rappellons les faits. Dans l’épisode du samedi le 29 octobre 2005 M. Stephan Grondin dans sa présentation d’ouverture disait et je cite: « Bonjour Mesdames et messieurs comment allez-vous? Cette semaine un voyage à la fabuleuse île d'Anticosti pour y chasser le chevreuil, oui, mais dans des conditions très exigeantes. En plein hiver, 2 archers vont utiliser tous les trucs de leur sac pour s'approcher suffisamment des gros bucks de l'île. Alors restez avec nous, après la pause publicitaire, on part à l'aventure."

Pourtant au retour de la pause nous avions droit à un segment de chasse à l’arc tournée dans un enclos de la région des Laurentides. Ce n’est qu’à la fin de ce segment que le narrateur nous laisse entendre qu’on avait tourné ces images sur le continent et jamais on a mentionné que le tournage avait eu lieu dans un enclos.

Je me suis donc tourné vers le client principal de cette émission du 29 octobre 2005 dans lequel on devait nous montrer une chasse d’hiver à Anticosti. Je vous ai fait part de la version de Sépaq Anticosti sur mon blogue, j’écrivais le 16 novembre 2005 « … M. Dumaresq confirme que la présentation de M. Grondin était erronée et portait à confusion. Il rejette entièrement la faute sur le producteur de l'émission et affirme n'avoir jamais vu l'émission avant la mise en ondes. Il a d'ailleurs demandé à l'équipe de Sport Action Vidéo de diffuser un rectificatif dès que possible. »

En fait, nous n’avons eu droit qu’à un remontage de la véritable chasse d’hiver à Anticosti. Je ne doute pas de la bonne fois de M. Dumaresq, le directeur du service à la clientèle et des ventes de SÉPAQ Anticosti, toutefois l’équipe de Sport Action Vidéo m’a beaucoup déçu dans ce dossier. Il aurait suffi de reconnaître avoir présenté un texte d’ouverture qui portait à confusion. Faute d’un véritable rectificatif, on garde l’impression qu’Aventures en Nord a véritablement tenté de désinformer le public.

Dans toute cette histoire, je n’ai jamais réussi à connaître le point de vue de l’entreprise à qui appartient l’enclos : « Wild Rack Canadian Whitetail ». Si jamais j’obtiens de l’information du propriétaire de cette entreprise, je vous en ferai part sur mon blogue. Pour l'instant, je vais me contenter de visionner à l’avenir les productions de Sport Action Vidéo avec une attention renouvelée...


Au plaisir de lire vos commentaires

David Lefrançois
Montréal

janvier 16, 2006

Épisode douteux d’Aventures en Nord – du nouveau dans ce dossier

Media / Retour sur mon coup de gueule du 10 novembre 2005

Aventures_en_nord.jpg

Bonjour à tous

Je vous ai mentionné en novembre dernier qu’un épisode sur la chasse à l’arc d’hiver à Anticosti de l’émission Aventures en Nord avait carrément désinformé le public. Et bien il y a du nouveau dans ce dossier. Selon Vanessa Bouchard de Sépaq Antiscosti, la maison de production Sport-Action Vidéo a promis de diffuser un rectificatif dans l’épisode d’Aventure en Nord du 21 janvier 2006 diffusé sur le réseau TQS à 9H00.

J’écrivais le 10 novembre dernier : « Dans ce publi-reportage le public a été désinformé par un procédé douteux. On prétend nous montrer une fabuleuse chasse à l'arc et à l'arme à feu à l'île d'Anticosti, avec des résultats exceptionnels, alors que le tournage des 2 segments de chasse à l'arc a eu lieu au complet dans un enclos de "chasse" situé dans la région des Laurentides, chez Wildrack Canadian Whitetail. !!! »

Le 16 novembre 2005 je vous ai fait part de la version de Sépaq Anticosti. « … M. Dumaresq confirme que la présentation de M. Stéphan Grondin était erronée et portait à confusion. Il rejette entièrement la faute sur le producteur de l'émission et affirme n'avoir jamais vu l'émission avant la mise en onde. Il a d'ailleurs demandé à l'équipe de Sport-Action Vidéo de diffuser un rectificatif dès que possible. »

Je comprends très bien que ce genre d’émission soit avant tout un divertissement. Mais il y a quand même une limite à l’acceptable. Je peux bien vivre avec le fait que plusieurs intervenants qui ont la chance de chasser et de pêcher devant nos yeux dans ces émissions, s’expriment très souvent en anglais, même si elles sont destinées à un public francophone. J’accepte aussi le fait que très souvent, on utilise des archives qui ont été tournées ailleurs, pour illustrer un publi-reportage. Je pense ici par exemple à de belles prises de vue sous-marine qu’on a vues dans plusieurs segments d'émissions. Mais je n’accepterai jamais qu’on laisse croire au public qu’un segment entier à été tourné à Anticosti alors que c’est carrément faux. C'est de la fausse représentation et c'est inacceptable même dans un publi-reportage.

J'espère avoir la chance un jour de publier le point de vue des propriétaires de "Wildrack Canadian Whitetail" sur toute cette histoire. J'ai hâte de voir si le rectificatif diffusé le week-end prochain mentionnera au moins le nom de cet entreprise où avait été tournés les segments de chasse à l'arc...


Au plaisir de lire vos commentaires

David Lefrançois

Montréal

janvier 09, 2006

Yves Laroche met fin à son service de guide sur le lac Mégantic

Pêche / Nouvelle brève

J’ai appris la semaine dernière qu’Yves Laroche mettait fin à son service de guide sur le magnifique Lac Mégantic. M. Laroche expliquait dans un courriel envoyé à sa clientèle : « Pour des raisons personnelles, de non-rentabilité de l'entreprise et de concurrence déloyale, mon service de guide de pêche sur le lac Mégantic a fermé officiellement ses portes de façon définitive le 5 sept 05. »

J’ai voulu en savoir plus sur la concurrence déloyale dont parlait M. Laroche...

Question : Que voulez-vous dire par concurrence déloyale exactement? Avez-vous été victime de guides qui travaillent au noir sans permis?

- réponse de M. Laroche : « Oui Monsieur, c'est effectivement le cas. Je ne veux pas me faire poursuivre pour diffamation donc je vais omettre le nom de la personne qui agissait et agira probablement encore de la sorte. Ce qui est regrettable c'est que le Monsieur en question m'a demandé de guider pour moi à l'occasion au début en 2002 (il a même profité d'une escompte considérable pour l'achat de son embarcation grâce à mon soutien!) et il n'a pas respecté une entente mutuelle écrite qu'il avait signé pour 3 ans. »

M. Laroche spécifie dans son courriel qu’Éric Brault, avec qui j’ai fait une sortie sur le lac Mégantic dont j’ai parlé en septembre dernier sur mon blogue continuera de prendre des clients mais uniquement le week-end.

C'est malheureux pour M. Laroche à qui je souhaite du succès dans ses nouveaux projets.

Au plaisir de vous lire

David Lefrançois
Montréal

janvier 07, 2006

"Velvet Caribou": la réplique du pourvoyeur

Media - Chasse

Bonjour à tous

M. Kevin Mattice qui gère la pourvoirie High North Outfitting où a été tourné l'épisode "Velvet Caribou" de l'émission "Canada in the rough" a eu l'amabilité de répondre à mes questions.

Dans ma dernière chronique je vous ai parlé de ce que j'estime être un manque d'éthique de la part de Thomas Pigeon qui anime la série "Canada in the rough" diffusé sur Global. On a pu voir M. Pigeon dans l'épisode du 25 décembre 2005 intitulé "Velvet Caribou" prendre à la légère ses problèmes de tir à l'arc. On l'a vu deux ou trois fois manquer complètement ses tirs. Seul problème, le monsieur ne tirait pas sur des cibles, mais plutôt sur des caribous de la harde de la rivière aux feuilles au Québec. M. Pigeon chassait à la pourvoirie High North Outfitting. J'ai contacté le pourvoyeur qui gère cette entreprise. Je voulais savoir ce qu'il donnait comme directive à ses archers quant à la distance qu'il considère acceptable pour tenter de récolter un caribou à l'arc. Je voulais aussi savoir pourquoi le guide qui accompagnait M. Pigeon l'avait laissé prendre des tirs de 45 à 70 verges avec son arc. C'est l'animateur lui-même qui a candidement avoué à la caméra, qu'à cause des conditions difficiles, il avait été obligé de tirer à de telles distance à l'arc.

J'estime qu'un chasseur consciencieux décidera de tirer sur une bête uniquement dans des conditions où il aura l'assurance qu'il pourra abattre son gibier sans le faire souffrir inutilement. M. Mattice semble être un pourvoyeur très expérimenté. J'ai communiqué avec lui en anglais et il m'a répondu dans la même langue. Je ne suis pas traducteur. Je vais donc inclure dans cette chronique le dernier courriel de M. Mattice intégralement. Je vais tenter de vous traduire les segments qui répondaient directement à mes interrogations. J'avais évidemment avisé M. Mattice de mon intention de publier ses réponses à mes questions.

question - M. Mattice pouvez-vous me dire quelle est la distance recommandée pour récolter un caribou à l'arc selon vous?

réponse de M. Mattice

Selon moi un tir de 35 à 40 verges est la distance maximum que la majorité des archers peuvent se permettre sur du gibier. On doit aussi considérer les capacités, l'expérience et l'équipement de l'archer.

question - Quelles sont les recommandations que vous donnez aux archers au sujet de la distance de tir?

M. Mattice a répondu partiellement à cette question dans son premier courriel...

réponse de M. Mattice

Pourquoi un chasseur peut-il manquer un tir? Je l'ignore, mais je peux vous confirmer que tous les chasseurs qui fréquentent notre pourvoirie doivent tester leur arme ou leur
arc avant de partir à la chasse. Nous nous assurons que leur arme n'a pas été endommagée dans le transport et fait plus important ne vérifions que nos chasseurs tirent non seulement avec précision mais avant tout en toute sécurité.

M. Pigeon est tout sauf un amateur. Il a chassé partout sur la planète et il a récolté de superbes trophées à l'arc et à l'arme à feu. Il est un archer accompli.

Un peu plus loin M. Mattice ajoute un autre point intéressant:

Concernant l'éthique et bien assurément aucun animal n'a été blessé. Comme guide je ne peux pas dire à un chasseur s'il peut ou non prendre un tir lorsque ce dernier place une flèche avec constance dans un cercle de 10 pouces à 50 verges et manque alors ce que j'estime, en fait que tous les chasseurs de la planète considère un tir facile à 35 verges. J'imagine que c'est qu'on appelle le facteur humain.

(...)

Si un chasseur tir sur un caribou et le blesse nous allons suivre l'animal blessé pour le récupérer. Si la traque n'est pas concluante et que le guide estime que le caribou a été blessé mortellement, alors votre coupon de transport est enlevé de votre permis et la bête blessée est considérée comme étant une de vos prises. C'est une pratique courante, si du sang coule, si vous blessez l'animal, vous perdez un de vos coupons de transport.

(...)

Aucun de nous prend à la légère le fait de blesser ou de perdre un animal. Si nous décidons de tenter un tir, c'est pour tuer notre gibier le plus efficacement possible. Si nous n'y arrivons pas, alors nous n'avons pas réussi ce que nous tentions d'accomplir.

(...)

Monsieur Mattice concluait son premier courriel en me posant cette question: Pouvez-vous me dire que de votre côté vous n'avez jamais manqué un gibier?

Fin de la traduction

Voila l'essentiel du point de vue de M. Mattice selon moi. J'invite ceux qui peuvent lire l'anglais à parcourir les réponses originales de M. Mattice dans sa propre langue. C'est difficile de traduire correctement l'esprit d'un texte. On sent très bien en lisant M. Mattice qu'il est fort expérimenté et qu'il a un profond respect pour le gibier.

Je crois que M. Mattice dans cette histoire est en partie victime de l'épisode "Velvet Caribou". C'est clair dans mon esprit que si on avait pu voir M. Pigeon récolter un caribou proprement à l'arc au lieu de l'observer manquer ses tirs plusieurs fois, la pourvoirie de M. Mattice aurait été beaucoup mieux servie. N'oublions pas que ce genre d'émission pour un pourvoyeur constitue avant tout chose de la promotion.

Pour conclure je tiens à répondre officiellement à la question de son premier courriel publiquement. D'ailleurs je l'ai écrit noir sur blanc dans ma dernière chronique. "Je dois avouer que j’ai moi-même déjà manqué un tir sur un animal dans un passé récent. C’est arrivé cet automne alors que je chassais le cerf de Virginie avec une arme à poudre noire que j’avais empruntée. Mais contrairement à M. Thomas Pigeon, je me suis trouvé vraiment stupide, après avoir manqué mon tir... " C'est l'attitude enjouée et emprunte de légéreté de M. Pigeon devant ses tirs ratés qui m'amène à questionner son éthique de chasseur.

Je vais continuer de suivre ce dossier. J'attends d'ailleurs des nouvelles de Chris Hockley le directeur de la promotion dans la compagnie Dancing Buffalo Productions Inc. qui produit "Canada In The Rough".

Au plaisir de vous lire

David Lefrançois
Montréal


Extrait du premier courriel de M. Mattice qui répond en partie à ma deuxième question.

(...)

What happens and why hunters miss.... I can't tell you. What I can tell you is that before each and every hunter leaves camp they test their guns and bows. We see that they have not been damaged in shipping and more importantly we can see how each hunter handles themselves with their firearm/bow not only in proficiency but with safety.

Mr. Pigeon is no amateur. He has hunted worldwide as well and has taken some tremendous animals with both bow and rifle. He is quite an accomplished archer.

(...)

As far as ethics, well... certainly no animals were injured. I cannot tell you where to draw and not when a hunters consistantly places an arrow into a 10" target at 50 yds and then misses what I would consider or better put, the entire world would consider an easy shot at 35 yds. I guess that is the human eliment.

(...)

As far as a hunter shooting and wounding a caribou. In that case we will follow until we get it. If we don't get it and the guide figures it was fatally wounded, then your tag is taken and that is your animal. This is not an uncommom practice, if you draw blood your tag is punched.

(...)

Now let me hear you tell me, "you never miss".

Thanks,

Deuxième courriel intégral de M. Mattice

My personal opinion is that a 35 - 40 yd shot is the maximum distance that the majority of archery hunters are capable of shooting at a "LIVE" target. This also depends on the hunter and their own personal experience, abilities and choice of equipment.

In the same, I like to have my rifle hunters within 100 yds. but over time have had plenty shot at 400 yds. Again, it is the ability of the individual hunter. I had two killed at less than 10 feet this past season. It was not that the hunter was a poor shot, it was because that was the shot that presented itself.

With hunting caribou in our part of the world it is all open shooting and it is next to impossible for you to loose a wounded animal. Once a caribou is hit they will normally stand still or lay down. If you need to follow them it should be at a very far distance and out of sight. We always follow up on a shot, watch the animal that was being shot at for blood or unusual behavior and lastly for blood in it's footsteps.

I can only remember loosing 3 caribou and all for the same reason and were all hit well with rifle shots. In all 3 cases the animals were in full migration and got in with the herd and kept going. In each case I considered it as being a harvested animal and took the hunters tag.

None of us take lightly to wounding or more so loosing an animal. If we were shooting at it, it was to kill the animal as efficiently as possible. If this is not done then we have failed to succeed in what we set out to accomplish.

With modern technology things change almost yearly. Now we all carry range finders and know exactly what distance we a shooting, it is no longer a guess or an estimate. Bows have gone from traditional to compound and now include crossbows. Optics are better than they have ever been as is the clothing that is available. The only true constant is the name of the game... hunting.

It is all unpredictable. Situations are never the same and emotions and excitement will never be completely eliminated from the equation. If it is, you are not hunting and remember that mother nature plays a major role in the final outcome.

I can tell you that just recently I saw a very large white tail buck two weeks after the close of deer season. It was the 3rd time I saw it while I was out trapping. The difference was this time I had my camera and was ready. I have never shook as much in trying to sneak up on it and get a good photo. I managed to get within 40 feet of it and took photos while I was completely vibrating. Even though it was not with a rifle, all the elimates of the hunt were there with the exception of the kill.

To most avid hunter and purists of the sport, the taking of an animal is not always what makes a hunt and any hunter that does not repect the animals they take are not the ones I want to deal with. I would not guide if I did not enjoy the hunt. Each and every time one of my hunters that I am guiding takes an animal, I am right there, right beside him and feel the adrenaline. It is the only legal way to hunt one caribou after the other and even though I am not the one to pull the trigger I have the enjoyment of seeing the hunters face not always of enjoyment, sometimes of dissappointment and even sadness.

I hope I have answered your questions to your satisfaction. It is not an easy question to answer for the plain and simple fact that every situation is different, every hunter is different and the equipment they use is not always equal.

Hope you give the program another chance. It is the only true hunting program that actually shows the kill on tape. That is what the audience wants to see, whether they know it or not or can handle it or not is another story. As long as it is clean and humane as possible I think that it is part of the story and needs to be told.

As well, it shows parts of the world right here in Canada that most will never have the opportunity to enjoy otherwise.

Kevin Mattice
Site web de la pourvoirie High North Outfitting

janvier 03, 2006

Canada in the rough - éthique à revoir

Media - Chasse

Bonjour à tous

Dès le lancement de ce blogue je vous ai souligné mon intérêt pour l’éthique des chroniqueurs et des intervenants dans le milieu de la chasse et de la pêche. Le 25 décembre 2005, je suis tombé sur une émission de télévision nommée « Canada in the rough » diffusée sur le réseau Global au Canada qui vaut la peine d’être mentionnée. Et malheureusement ce n’est pas uniquement pour de bonnes raisons! Cette nouvelle émission est un très beau cas ou l’éthique de l’animateur et du réalisateur pose un très gros problème. J’irais même jusqu’à dire que « Canada in the rough » entache la réputation de tous les chasseurs canadiens pour des raisons bassement commerciales.

Le réseau Global diffuse depuis septembre 2005 cette émission qui porte uniquement sur la chasse. Ce genre d’émission n’a pas son équivalent en français au Québec. Il est très difficile de faire un montage financier pour produire une émission de chasse de ce calibre. Sur le plan technique, l’émission « Canada in the rough » est une réussite totale. La qualité des images et du montage est irréprochable. La séquence d’ouverture de cette émission est particulièrement réussie. On peut voir que l'équipe a tourné dans des territoires de chasse exceptionnels. Leur site web possède une très belle mise en page, le contenu est informatif et fort intéressant si on veut en apprendre plus sur l'émission, les artisans, les commanditaires, etc. On peut voir rapidement qu’on a affaire à une équipe de production professionnelle. Ils ont trouvé une panoplie de commanditaires pour financer leurs tournages aux quatre coins du Canada; l’un d’eux est d’ailleurs Tourisme Québec. Je trouvais même l’animateur Thomas Pigeon plutôt sympathique au départ… Mais aujourd’hui, après avoir visionné trois épisodes, j’ai déchanté considérablement.

Lors de l’épisode intitulé « Velvet Caribou » diffusé le 25 décembre 2005 sur le réseau Global j’ai atteint mon point limite et j’ai soudain eu l’envie de crier sur tous les toits mon indignation. C'est incroyable ce qu'on a pu voir dans cette émission. Je suis un chasseur convaincu mais j'ai un sens de l'éthique contrairement à Thomas Pigeon qui anime "Canada in the rough". Un véritable chasseur se doit selon moi de tirer sur une bête uniquement dans des conditions où il aura l'assurance qu'il pourra abattre son gibier sans le faire souffrir inutilement.

On a pu voir tout le contraire dans l'épisode "Velvet Caribou". L'animateur de « Canada in the rough » a manqué plusieurs tirs à la caméra alors qu’il chassait à l’arc. Seul problème, le monsieur ne tirait pas sur des cibles, mais plutôt sur des caribous d’une harde de la rivière aux Feuilles près du Kuujuaq au Québec.

Mais ce n’est malheureusement pas le pire manque de jugement qu’on a pu voir dans cet épisode. Dans une séquence ultérieure, l’animateur rigole carrément devant sa série de tirs ratés! Je le cite et je traduis ses dires: "Je n'ai jamais eu autant de difficultés à tirer de ma vie. J'ai tiré trop haut, trop bas, en avant, et même nulle part près des animaux. » Puis il ajoute: « j'ai ajusté mes mires pour la chasse au cerf de Virginie à 10, 20 et 30 verges. La plupart de mes tirs ici ont été de 30 verges, en fait je n’ai jamais eu la chance de tirer à 30 verges, j’ai dû tirer à 45, 55 et même à 70 verges"... Et c’est sur ces commentaires qui démontrent un manque flagrant d’éthique chez cet animateur que le réalisateur à eu la brillante idée de nous faire revoir un tir manqué en reprise!. La flèche a passé à plus de 2 mètres derrière un beau caribou mâle, qui s'éloignait au trot de l'animateur. On voulait nous faire sourire des difficultés de M. Thomas Pigeon. Mais comment peut-on traiter si légèrement le fait de tirer sur un animal sans se préoccuper de le blesser et de le faire souffrir? Il est clair qu'on nous a montré ces séquences de chasse à l'arc pour une seule raison: faire la promotion des arcs et des flèches de certains commanditaires de l'émission.

Je ne pratique pas la chasse à l'arc. Mais j'ai appris quelques fondements de ce sport en accompagnant un copain en tant que vidéaste. Mon partenaire de chasse au cerf de Virginie, qui chasse aussi à l'arc depuis des années, considère qu'un tir de 40 verges est vraiment à la limite de l’acceptable. Il n’a d’ailleurs jamais tiré sur un cerf à cette distance de sa vie de crainte de blesser un animal.

Je dois avouer que j’ai moi-même déjà manqué un tir sur un animal dans un passé récent. C’est arrivé cet automne alors que je chassais le cerf de Virginie avec une arme à poudre noire que j’avais empruntée. Mais contrairement à M. Thomas Pigeon, je me suis trouvé vraiment stupide, après avoir manqué mon tir sur une jeune femelle sans la blesser, de chasser avec une arme avec laquelle je n’avais pas l’assurance d’être efficace. Après avoir trouvé aucune trace de sang en traquant cette bête sur la neige, je me suis promis de ne plus jamais chasser avec une arme avec laquelle je n’avais pas eu l'occasion de m'entraîner sur cible. De son côté M. Pigeon rigolait de ses inaptitudes avec son arc aux mires mal ajustées dans une émission diffusée d’un bout à l’autre du Canada. Bel exemple pour les chasseurs et encore une fois du matériel d'une qualité fantastique pour les anti-chasseurs...

Dans un autre épisode intitulé « Muskox Madness » on a pu voir le même animateur chassé le bœuf musqué à l'arc dans l'Arctique canadien. C’est clair que M. Thomas Pigeon n’avait pas peur de blesser une autre bête si sa flèche traversait de part en part le mâle qu’il visait ou s'il manquait carrément sa cible.

Le bœuf musqué a un drôle de comportement pour se protéger en cas d'attaque et surtout pour protéger ses petits. Les adultes forment simplement un cercle autour de leurs jeunes. C'est très efficace contre une meute de loup. Mais pas du tout contre un archer qui repère son gibier à l’aide d’une motoneige et qui fait uniquement la traque finale à pied ! Allez voir la photo sur ce site pour avoir une idée de la scène :

source : Association sportive de la chasse photographique française boeufs musqués en position défensive

M. Pigeon a choisi son "trophée" qui récupérait son souffle après une longue fuite, et il a tiré sur la bête à l'arrêt. C'était tout un trophée d'ailleurs selon M. Pigeon qui ne semblait porter vraiment attention qu’à une seule chose: "it's gotta be a book class animal". Son buck avait des bois dignes de faire un livre des records…

Comment peut-on être fier de descendre un animal stationnaire sur une pleine enneigée complètement à découvert qui défend bêtement ses petits? Vous me direz qu'une bête de cette grosseur peut charger! Un bœuf musqué peut effectivement charger parfois. Mais M. Thomas Pigeon avait un partenaire près de lui avec une carabine de gros calibre, un 375 H&H, pour le protéger en cas de danger... Je suis un chasseur qui adore son sport. Et cette émission là était une disgrâce selon moi. Les anti-chasseurs pourraient faire un sacré millage avec ce genre de vidéo.

Il y a deux semaines nous avons eu droit à une chasse au morse, une autre espèce qui semble plutôt facile à approcher, une fois localisée, selon les séquences qu'on a pu voir. La chasse s’est déroulée cette fois en bateau à moteur. L’équipage a pu accoster sur un îlot de glace sans que la petite bande de morses, à courte distance, ne se sentent en danger. C’est une chasse exotique, hors de prix probablement pour le commun des mortels, tout comme celle du bœuf musqué. Ces chasses semblent passablement difficiles à tourner pour la télévision à cause de la rareté du gibier, de la neige, du vent et du froid. Mais une fois que les bêtes sont repérées, si on y mets du temps, on peut s'en approcher pour capter des images très facilement.

Les inuits tirent de bons revenus de ce type de forfaits de chasse. Pour eux, un "safari" vendu à un étranger qui veut absolument un bœuf musqué ou un morse dans sa collection de trophée est évidemment très payant. C'est le seul point positif que je trouve à ce genre de chasse.

C'est malheureux que Thomas Pigeon et son équipe mettent ce genre de séquences de chasse en ondes à mon avis. Je me demande d'ailleurs comment ils sont arrivés à financer ces tournages dans l'Arctique? Les frais de production sont inversemment proportionnel au bassin de chasseurs intéressés par ces espèces. Ils ont de l'argent pour faire de très beaux tournages à des endroits extraordinaires. La caméra est opérée par un technicien qui s'y connaît et le montage est très professionnel. Mais le contenu lui et surtout le manque flagrant d’éthique de l'animateur et du réalisateur dans l'épisode "Velvet Caribou" nous amènent à se poser de sérieuses questions.

Plusieurs d’entre vous doivent se demander pourquoi je me plains et surtout se dire que je n’ai qu’à ne pas écouter cette émission si elle ne me plaît pas… Je réagis parce que je pense sincèrement que « Canada in the rough » entache la réputation des chasseurs canadiens à des fins bêtement commerciales. On se doit de faire en sorte que cette émission démontre à l’avenir un véritable respect du gibier dans ses tournages. Et je suis certain qu’on peut arriver à faire changer les choses si on y met l’effort.

Je vous invite donc à vous plaindre officiellement en premier lieu au réseau Global qui diffuse cette émission au Canada. Ensuite je vous invite à envoyer des courriels aux principaux commanditaires de l’émission. J’ai écrit à plusieurs d’entre eux et j’ai menacé de ne pas acheter leurs produits si rien ne change la saison prochaine. On peut trouver la liste des commanditaires de cette émission sur le site web suivant : http://www.canadaintherough.com/

Vous pouvez aussi écrire aux pourvoyeurs qui ont accueilli l’équipe de « Canada in the rough ». Dans le cas de « Velvet Caribou » la pourvoirie hôte était Hign North Outfitting :


Site de High North Outfitting
Courriel : hinorth@vianet.on.ca

J'ai envoyé un courriel à ce pourvoyeur cette semaine et je lui ai demandé pourquoi le guide qui accompagnait l'équipe de tournage de "Canada in the rough" avait laissé M. Pigeon prendre des tirs de 70 verges à l'arc sur des caribous. J'attends toujours une réponse à ma question.

J'ai aussi écrit à Tourisme Québec afin de savoir pourquoi ils commanditaient ce genre d'émission ou le respect du gibier était manquant. J'attends aussi une réponse d'eux. Si jamais Dodge ou Stoeger Canada ou n'importe quels commanditaires de cette émission à qui j'ai écrit me donne un jour leur point de vue, je le publierai intégralement sur mon blogue.

Enfin, je vous invite à écrire ce que vous pensez de l’éthique de chasse démontrée dans « Canada in the rough », directement à l’animateur M. Thomas Pigeon. Il semble que ce monsieur est bilingue. Vous pouvez le rejoindre par courriel à l'adresse suivante: info@dancingbuffaloproductions.com.

Au début de la présentation Global diffuse cet avis. "The following program contains scenes wich may not be suitable for children. Viewer discretion is advised." Disons qu'on devrait plutôt écrire selon moi: L'émission suivante contient des scènes qui ne conviendront pas à tous ceux pour qui le respect du gibier passe avant la promotion des produits de nos commanditaires...

Au plaisir de vous lire

David Lefrançois
Montréal