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Me pardonneriez-vous si j'avouais avoir braconné?

Chronique - lois et règlement au Québec -

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Bon avec un titre aussi accrocheur j'espère que vous allez de nouveau intervenir sur mon blogue en grand nombre. J'aimerais aborder mes activités illégales avant que quelqu'un d'autre le fasse pour moi. Les lois et les règlements en matière de chasse et pêche au Québec sont extrêmement complexes. Vous le savez, nul n'est tenu d'ignorer la loi. En d'autres mots, un agent de la faune serait très gentil de vous laisser partir sans vous donner un avis d'infraction parce que vous ignoriez que vous commettiez un acte illégal. Mais êtes-vous en mesure de connaître et surtout de comprendre aisément les règles de pêche au Québec?

J'ai malheureusement déjà commis des gestes illégaux dans le passé. Je n'en suis pas fier et j'aimerais mieux être toujours resté dans le droit chemin. La réglementation sur la pêche sportive au Québec est complexe et il est difficile de la suivre à la lettre. Avec l'arrivée prochaine de Pâques, j'invite les véritables sportifs, ceux qui sont toujours dans la légalité, à me pardonner mes offenses...

J'imagine que vous aimeriez avoir des détails sur mon passé trouble? J'ai été intercepté pour la première fois par des agents de la faune alors que j'avais une douzaine d'années. Nous avions pêché le brochet à la fin mai dans un lac à proximité de Baie-Comeau où nous nous rendions pêcher à vélo. Nous rapportions à la maison un seul brochet. Malchanceux, mon partenaire de « crime», dont je tairé le nom pour protéger sa réputation, avait fait une crevaison. Nous étions à des kilomètres de la maison. Les gardes-chasses se sont arrêtés probablement pour nous venir en aide.

Probablement, parce que nous avions une canne à pêche qui dépassait d'un de nos sacs à dos. Deux gamins de douze ans font peut-être une belle cible pour certains agents. Après avoir fouillé nos sacs, ils nous ont appris que la pêche au brochet n'était pas ouverte! Ils ont ensuite vérifié nos identités. L'heure était grave... Ils ont tout de même eu la gentillesse, à l'aide de leur radio, de joindre le père de mon copain pour qu'il nous vienne en aide. Les agents nous ont fait comprendre que le brochet est une espèce qui fraye au printemps, que c'est important de les laisser se reproduire en paix, que c'est pour cette raison que la pêche au brochet demeure fermée alors que celle de la truite était ouverte depuis des semaines. J'ai appris plusieurs leçons suite à cette expérience. Certains règlements de pêche sont tout à fait logiques et il est très important de les suivre. Et depuis lors, je traîne toujours une chambre à air supplémentaire dans mes excursions à vélo.

Nous n'avions eu qu'un avertissement et notre brochet nous avait été confisqué. Ce n'est pas tant la menace d'une amende, que l'explication de l'impact écologique de notre geste, qui a fait en sorte que nous avons, à partir de ce moment, respecté la date d'ouverture de la pêche aux brochets à la lettre. J'espère que mon repentir sincère fera en sorte que vous me pardonniez?

Le dicton dit qui vole un oeuf vole un boeuf. Et bien de mon côté, j'estime qu'abattre un orignal illégalement est un véritable acte de braconnage, alors que deux pêcheurs qui transforment leurs quotas respectifs, disons de 10 ombles de fontaine, en un seul quota de 20 ombles pour leur chaloupe est une autre paire de manches. C'est illégal de faire ce genre de chose. Mais comment voulez-vous que des agents de la faune puissent prouver que le pêcheur nº 1 a capturé neuf ombles de fontaine alors que le deuxième a commis un acte de « braconnage » en pêchant un de plus que son quota? Ce genre de règlement, à mon avis, devrait être modifié. Les autorités ne songent-elles pas à créer des permis de chasse de groupe pour le cerf de Virginie? Pourquoi ne pas créer un quota de pêche « de groupe » qui pourrait inclure tous les pêcheurs occupant une embarcation? Ce genre de règlement serait facilement applicable à tout le moins dans les réserves fauniques où de toute façon les pêcheurs sont tenus de pêcher dans un lac spécifique et où chaque embarcation est réservée à des pêcheurs formellement identifiés sur leur droit de pêche.

Je ne vous invite pas à commettre un geste illégal et à faire comme plusieurs pêcheurs qui considèrent que cette manière de faire est simplement une façon de rendre la pêche plus agréable. Je suis en cette matière un peu comme tous les automobilistes qui roulent à plus de 100 km/h sur les autoroutes sans trop avoir de remords. Il y a des règlements que je trouve un peu moins importants à suivre à la lettre. Que deux pêcheurs se partagent leurs quotas et cessent de compter chacune de leurs prises n'est pour moi qu'une façon agréable de passer une journée sur l'eau sans toujours devoir faire un décompte des prises de chacun. C'est aussi une façon d'éviter une compétition un peu trop féroce...

Parlant de compétition, je tiens à vous dire que ma compagne n'est pas piquée des vers sur ce plan! Je me souviens d'une journée de pêche sur le lac à Deux-Étages dans la réserve faunique Mastigouche. Ce lac est tout petit et il y a un court portage pour s'y rendre. Je me suis dit que je pourrais ramer et ainsi éviter le transport et surtout le bruit de mon petit hors-bord.

Arrivé au lac, j'ai commencé une passe de traîne pendant que ma conjointe y allait de lancers vers la rive. La pêche débuta lentement, mais une fois arrivés à la passe qui sépare les deux parties de ce petit plan d'eau nous avons trouvé des mouchetées en pleine activité. En fait, ma blonde les a trouvées... Les truites se nourrissaient en surface, ma conjointe, habile au lancer, plaçait son offrande à proximité des ronds de gobage. Elle a bien pris 6 truites avant que j'aie la chance de prendre une. Il faut dire que puisque j'avais les deux mains occupées à ramer, elle avait un avantage certain sur moi, qu'elle n'a pas hésité un instant à utiliser à outrance... Ce jour-là, le quota quotidien par pêcheur de 7 ombles m'a évité d'être encore plus humilié. Mais un quota de chaloupe aurait tout de même fait mon affaire et ma conjointe aurait pu continuer à se payer ma gueule en toute légalité. Je me souviens que j'ai bien fait de laisser le moteur au refuge puisque nous avons eu la chance d'observer des cerfs de Virginie sans qu'ils nous repèrent.

Prenons maintenant le cas du respect des limites de prises et de possession. Les règlements actuellement en place font en sorte que lors d'un séjour de plus d'une journée dans la réserve faunique Mastigouche par exemple, vous devez toujours avoir en votre possession un maximum de sept ombles de fontaine. Ce quota est non seulement votre limite de prise quotidienne, mais aussi la limite de prise que vous pouvez possédez pendant toute la durée de votre séjour. Un exemple: vous formez un groupe de six pêcheurs et vous avez tous eu la chance de prendre votre quota de 7 ombles de fontaine lors de votre première journée de pêche. Si vous voulez pêcher le lendemain, vous devrez absolument manger une partie de vos prises. Selon les règlements, un pêcheur qui ne mange pas de poisson serait « condamné » à cesser de pêcher!

Bien des pêcheurs, après une journée de pêche fructueuse, une fois rendus au camp, ne comptent pas le nombre de truites mangées par chaque pêcheur pour le soustraire du total de leurs prises afin d'établir le quota de chaque pêcheur du lendemain. C'est beaucoup trop compliqué! Ils calculent le total des prises du groupe, le total des truites mangées et par la suite ils partagent le total des truites qu’il reste à capturer entre tous les membres de leur groupe. Voilà un autre acte « illégal », mais qui respecte l'esprit de la loi. Comment voulez-vous que des agents de la faune puissent prouver ce genre d'acte illégal? Si c'est impossible à prouver, pourquoi donc les règlements sont-ils ainsi faits? Où est la logique dans l'existence d'un règlement impossible à démontrer?

N'êtes-vous pas tout comme moi d'avis, que certains de nos règlements de pêche gagneraient à être simplifiés? Pourquoi ne pas faire en sorte que les règlements du Québec en matière de pêche sportive soient facilement applicables par les agents de la faune?

C'est difficile d'écrire sur ce genre de sujet. Je sais très bien que je m'attire des critiques. Tout le monde est pour la vertu. Mais bien peu de gens la pratiquent. Je sais aussi qu'au Québec les gens sont ingénieux et que bons nombres d'entre eux imitent les Bougons... Ils trouvent toute sorte de façons de contourner les lois et les règlements. Mais une chose est importante à comprendre, si de plus en plus de gens se permettent de ne même pas respecter l'esprit de la loi, c'est que bien peu d'agents de la faune sont sur le terrain. Les pêcheurs qu'ils soient consciencieux ou pas, ont peu de chances d'être interceptés faute d'agents de la faune là on ça compte, en action auprès de nos lacs et de nos rivières. Il me semble que si nos lois et nos règlements étaient plus facilement applicables par les agents de la faune, les véritables sportifs et les adeptes de la conservation y gagneraient tous...

J'aimerais aussi aborder d'autres règlements tout aussi obscurs. Les exemples sont tellement nombreux que c’en est ridicule :

Extrait du site de la FAPAQ:

Limite de taille
Il est interdit de prendre et de garder, ou d’avoir en sa possession un doré de moins de 30 cm de longueur provenant des eaux suivantes :
(...)
· Les eaux de la zone 16, à l’exclusion de la pourvoirie Mistaouac, des lacs sans nom : (48°59'57" N 75°00'33" O), (49°09'00" N 76°08'50" O), (49°09'04" N 76°22'41" O), (49°09'11" N 76°32'54" O), (49°09'14" N 76°35'15" O), (49°09'18" N 75°42'44" O), (49°12'31" N 74°56'31" O), (49°12'35" N 74°53'47" O);
· (...)

source: site de la FAPAQ

-30-

Bon non seulement vous devez connaître l'existence du règlement, avoir un galon à mesurer, mais en plus vous avez intérêt à avoir un GPS avec vous, puisque, vous ne devez surtout pas comptez sur la FAPAQ pour afficher sur le terrain le fait que ces lacs sans nom sont sous une réglementation particulière...

Que celui qui n'a jamais « braconné » me lance la première pierre! Avouez que nos règlements gagneraient à être simplifiés? Ils devraient être facilement applicables par les pêcheurs et surtout plus simples à mettre en application par nos agents de la faune...

Je vous invite à me faire parvenir les règlements que vous estimez ridicules, incompréhensibles et tout simplement impossibles à mettre en application pour le commun des mortels. Les discussions sont lancées et j'espère avoir plusieurs commentaires de votre part. J'ai l'intention de colliger toutes vos suggestions et de pondre un jour une lettre ouverte que j'enverrai en notre nom à tous à la FAPAQ. Je pense aussi aborder avec les autorités concernées un autre sujet important, pourquoi les résumés des règlements sur papier ne sont-ils plus disponibles lors de l'achat de nos permis de pêche? Est-il maintenant obligatoire d'avoir l'équipement nécessaire pour accéder au web en pleine forêt afin de vérifier la réglementation?

Au plaisir de vous lire

David Lefrançois
www.peche-reportage.com

Commentaires

Bonjour David...

Rassure-toi David, c'est pas moi qui va te lancer la première pierre. Je ne connais personne qui a respecté la loi à 100 %.. surtout pour les quotas individuels au lieu d'un quota de groupe. Je pense que l'important c'est de ne pas dépasser le quota total de prises... pour 2 individus dans une même chaloupe. DONC je te pardonne...

Par contre, ce qui est dur à lire et à pardonner c'est l'attitude de ta douce qui préfère continuer à prendre plusieurs truites sous tes yeux alors que tu rames. Si j'avais été à sa place jamais je n'aurai osé faire ça (-; .C'est très sournois et baveux. MAis, à bien y penser je pourrais pardonner à ta douce son attitude si et seulement si elle me donnait son truc pour te frustrer dans la chaloupe. Et si j'y pense encore plus, je dois avouer qu'il m'ait sûrement déjà arrivé, involontairement (bien sûr), d'écoeuré un partenaire de pêche parce que je prennais plus de poissons que lui... Si cela est arrivé je suis vraiment désolé !!! Je ne recommencerai plus..... jusqu'à la prochaine fois.

Charles

Salut Charles

Merci de me pardonner mes offenses passées...

Tu peux assurément faire un autre petit effort et me trouver un règlement particulièrement aberrant dans les règles de pêche au Québec?

As-tu eu l'occasion de voir la brochure du résumé des règlements dans tes dernières visites dans une boutique d'articles de pêche?

Salut

David


Pas besoin de faire un gros effort pour trouver quelque chose d'aberrant.

Moi ce qui me frustre le plus, c'est le fait que les habitants de autres provinces et encore plus les américains, peuvent venir pêcher ici sans avoir besoin d'un guide. A voir le nombre d'américains qui vont aux lacs Mistassini, Albanel, Mesgouez...et dans plusieurs autres lacs du nord, sans avoir recours à un pourvoyeur ou un guide, il y a de quoi à être scandalisé. Nous si on va pêcher au Labrador, il nous faut un guide.
Aussi, les gens qui viennent de l'extérieur (et qui ne font pas affaire avec un pourvoyeur) dépensent très peu d'argent ici. Si le gouvernement mettait ses culottes, il pourrait appliquer les même règles ici que ce qui se passe au Labrador. Donc obligation d'avoir un guide pour pêcher au-delà du sud du Québec. Cela créerait de l'emploi en région, là où on en a grandement besoin.
Si des américains du Michigan sont capables de se taper plus que 24 heures de route pour se rendre au Lac MESGOUEZ (km 221 de la route du nord), j'imagine qu'ils ont les moyens d'engager un guide.

David, il ne faut pas oublier que la brochure qu'on trouve pour les règles de pêche est un résumé comme ils disent...alors imagine la vraie loi. Il doit y en avoir pas mal de choses illogiques !!

Charles

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