Photoreportage Rupert 2006
Bonjour à tous

Je fréquente le bassin de la rivière Rupert depuis bientôt 10 ans. La Rupert est la décharge du magnifique lac Mistassini. À sa tête, elle chemine en territoire protégé. Les cris et les clients de leurs pourvoiries sont les seuls à pouvoir y pêcher. Plus loin en aval, elle traverse une portion de la réserve faunique Mistassini pour ensuite parcourir une vaste région en territoire libre, puis le secteur Weh-Sees Indohoun, de nouveau un territoire libre et enfin des terres de catégorie II à son embouchure près de Waskaganish. C'est un véritable paradis pour les amateurs de pêche. On peut y capturer quatre espèces sportives différentes: brochet, grise, doré et parfois une belle mouchetée. Cet Eldorado pour un pêcheur n'est pas uniquement accessible aux biens nantis qui peuvent s'offrir des voyages en hydravion. On peut aussi accéder à la rivière Rupert par la route du Nord. Pour moi et mes partenaires, se rendre chaque année dans ce coin du Québec est un véritable pèlerinage, un voyage dans le temps, un retour dans la nature telle qu'elle était aux siècles passés. La rivière Rupert est très peu fréquentée, elle est demeurée vierge et sauvage pour le moment. Je vous invite à jeter un coup d'oeil sur notre coin de paradis qui sera sans doute profané par Hydro-Québec avant longtemps. Vous pouvez voir ci-haut un beau spécimen de doré capturé par mon copain Charles l'année dernière à la fin juillet.

Après avoir fréquenté pendant trois ans le lac Mistassini, afin d'avoir plus de tranquillité, nous avons décidé d'aller beaucoup plus loin en aval sur la rivière Rupert dans un secteur difficile d'accès. Vous pouvez voir ci-dessus un magnifique coucher de soleil de notre site de campement qui donne sur le sud-est, de cette façon nous sommes protégés du vent d'ouest dominant qui peut provoquer de très grosses tempêtes parfois...

Les bons endroits de pêche sont disséminés sur la rivière Rupert et les nombreux lacs qu'elle traverse. Lorsqu'on pêche le bassin de cette rivière, on a l'impression d'être dans un « désert aquatique » où les bonnes structures de pêche forment des « oasis ». Une grande partie du secteur est en effet constitué de hauts fonds où la pêche est médiocre en général. Les sites de pêche de premier plan sont éloignés les uns des autres. Nous utilisons un canot « freighter » pour accéder à nos secteurs de pêche. La navigation est dangereuse à cause des hauts fonds et des roches à fleurs d'eau. Ce type d'embarcation nous permet aussi de monter et descendre des rapides infranchissables pour les embarcations utilisées par les amateurs du lac Mistassini par exemple.

Nous faisons plusieurs heures de bateau pour nous rendre à notre camp de base. Cet été nous avons eu la chance d'avoir du temps calme qui a favorisé notre déplacement. On peut voir ci-haut la vue magnifique de notre cuisine en plein air...

Notre ami Robert pour rendre hommage aux ancêtres cris qui ont fréquenté ce secteur depuis des siècles a créé un totem. On peut distinguer une mâchoire de brochet, un devon et un crâne d'ours...

Robert admire une belle grise que j'ai capturée lors de notre première journée de pêche à la fin juin 2006.

Même prise sous un autre angle. Le temps était couvert la plupart du temps cette année. La température de l'eau était élevée. Nous avons utilisé surtout des devons pour pêcher la grise avec ou sans marcheur de fond. La grise pouvait être capturée en suspension à 20 ou 30 pieds ou carrément sur le fond entre 40 et 50 pieds.

Ce devon-là a subi l'attaque d'un gros carnassier. Nous n'avions jamais vu des marques de dents aussi profondes laissées sur un poisson-nageur...

C'est ce brochet de 14 livres qui a marqué le poisson-nageur de Charles. Celui-là ne fut pas remis à l'eau. Il nous a donné de très beaux filets...

On peut aussi capturer de beaux dorés dans le bassin de la rivière Rupert.

Ils sont en fait assez facile à capturer en bon nombre. C'est pourquoi nous pratiquons la remise à l'eau.

On peut voir ci-dessus Charles aux prises avec une belle grise.

Le touladi, tout particulièrement dans le Nord du Québec, est une espèce fragile. Nous pratiquons la remise à l'eau pour la préserver.

Cette année nous avons fait une longue exploration d'un secteur en amont que nous ne connaissions pas. On peut voir ci-haut un des rares sites de campement qu'on a trouvé dans ce nouveau secteur. Un site de camping vraiment magnifique...

Le secteur où nous allons sur la rivière Rupert est fréquenté depuis des siècles. Les cris et les voyageurs plus tard utilisaient la Rupert pour rejoindre la Baie d'Hudson. Les portages qu'ils ont marché avec leurs canots et leurs ballots de fourrure sur le dos sont toujours là bien visibles près des rapides. Notre territoire sur la Rupert est protégé par des rapides infranchissables pour le commun des pêcheurs. Les agents de la faune ne patrouillent jamais dans cette zone du Moyen Nord québécois. L'absence de protection justifie ma discrétion. C'est pourquoi je ne vous dévoilerai pas plus de précisions sur le secteur où nous allons sur la rivière Rupert. Vous pouvez voir ci-haut un exemple typique des rives dans ce coin de pays. Les bons sites de camping y sont très rares spécialement lorsque les eaux de la rivière Rupert sont hautes ...

Le doré en juillet fréquente surtout les rives par 10 à 20 pieds de profondeur. Les secteurs rocheux sont particulièrement propices pour la capture de cette espèce. On peut voir ici Robert avec un doré de belle taille, une prise de près de 5 livres.

Les devons capables de descendre à 30 pieds étaient de bons choix de leurres à la fin juin 2006 pour capturer la grise.

Parfois les grises ont une robe plus foncée. Celle-ci a été prise dans une passe entre deux grands lacs. Les passes offrant plus de 60 pieds de profondeur à proximité sont rares, mais c'est ce type d'endroit qu'il faut rechercher pour pêcher la grise avec succès.

De retour au campement, grâce à la glace sèche, nous avons pu varier notre menu tout au long de notre expédition de 10 jours. Des frites et du sanglier étaient au menu ce soir-là.

Cette pointe à proximité d'une passe entre deux plans d'eau nous donne l'occasion de prendre régulièrement un très beau brochet qui monopolise cette structure propice à la chasse aux menés. Ce genre de structure mérite qu'on y revienne régulièrement.
Notre courte expédition a été un franc succès de nouveau cette année. La fin juin est un bon choix pour se rendre là-bas. La température est fraîche la nuit. L'eau de surface n'a pas encore atteint son maximum et la grise n'est pas toujours le ventre collé au fond. Les dorés commencent à être de nouveau dans leur secteur de chasse après la frai. La mouchetée est toujours difficile à prendre dans le secteur de la rivière Rupert que nous fréquentons. Il faut la pêcher en plein coeur des rapides. Vous pouvez voir ci-dessous la seule mouchetée que j'ai capturée en cinq expéditions là-bas. Elle est petite, mais elle m'a permis de prendre le grand chelem de la rivière Rupert: mouchetée, grise, brochet et doré.

Plusieurs plantes étaient en pleine floraison.

Nous avons droit à des soirées magnifiques à la fin juin 2006. À notre grand étonnement, le mercure a descendu jusqu'à quatre degrés celsius la nuit et il a atteint près de trente à deux reprises.

De retour sur la route du Nord, nous avons laissé notre coin de paradis derrière nous. Mais cette année était la dernière où nous avions la certitude de nous rendre dans un secteur à l'état sauvage. Si Hydro-Québec arrive à convaincre les autorités concernées, la partie aval de la rivière Rupert, une bagatelle de 300 kilomètres, sera détournée à brève échéance pour que les gens du Sud puissent recevoir encore plus d'électricité par cette ligne à haute tension qui longe la route du Nord. La course effrénée à l'énergie de la société québécoise met en péril une des dernières rivières sauvages accessibles par la route. Je voute invite à signer une pétition en ligne pour tenter de sauver la magnifique rivière Rupert ou tout simplement pour marquer votre désaccord avec ce projet qui est malheureusement presque en chantier.

Au plaisir de lire vos commentaires.
david.lefrancois@peche-reportage.com
