Dernière sortie dans la Mastigouche

Le temps file à cent milles à l'heure ces dernières semaines. Je suis entre deux sorties de pêche. Mes deux dernières de l'année 2006. J'arrive de la réserve faunique Mastigouche où j'ai séjourné le week-end dernier. J'étais dans le secteur Houde que j'aime bien fréquenté à ce moment de la saison. Tout au long du week-end, j'ai pensé à différents reportages qui sont en préparation. L'un d'eux porte sur l'éthique des chroniqueurs de chasse et de pêche. Je me disais "qu'est-ce qu'un chroniqueur irrespectueux de ses lecteurs cacherait pendant son séjour..." J'ai réfléchi aussi à mon dernier reportage d'une série de 4 qui va clore ma « saga » publiée sur la réserve Mastigouche sur le site de PR.com. Ce dernier volet porte sur l'impact des coupes forestières sur l'écologie et la pêche dans la réserve Mastigouche. J'ai eu l'occasion de réfléchir à tout cela sur la route à l'aller et surtout au retour pendant lequel j'ai dépassé un véhicule de transport de bois en longueur sur une route passablement amochée. Enfin, j'ai pu constater que le dossier de l'usage des génératrices est lui loin d'être clos!
Comment a été la pêche vous demander vous? Pas mal comme d'habitude lorsque la chance est avec nous lors du tirage au sort. Si vous avez lu ma série de reportages, vous le savez maintenant, la clé du succès c'est la chance lors de l'attribution des lacs. Et nous avons été relativement chanceux. La photo ci-haut en est la preuve. La plus belle prise faisait plus d'une livre et quart!
Je commence par quoi? Les génératrices? J'ai écrit quelques textes cette année à ce sujet. J'ai même été agressé verbalement par des usagers sur le terrain parce que je voulais faire respecter la réglementation de la réserve. J'ai écrit deux fois plutôt qu'une à la direction de la réserve Mastigouche. Et j'ai attendu de retourner sur le terrain avant de vous mentionner leur position officielle à ce sujet. La directrice de la réserve Mme. Violette Lemay m'a écrit: "le mot d'ordre est "génératrices interdites". Voilà la position officielle. Mais dans les faits les génératrices sont tolérées par les gardiens. Ce week-end, j'ai discuté avec le gardien sur place. Un employé extrêmement sympathique qui a fait un boulot exemplaire. J'étais incognito comme d'habitude. Et je ne lui ai pas mentionné que j'écrirais sur le sujet.
Mais je lui ai parlé de ma plainte à la direction de la réserve et de mes mésaventures de l'année 2006. Une génératrice énorme a été utilisée par les pêcheurs du chalet 1 du secteur Shawinigan en mai 2006. Ils ont perturbé la tranquillité des villégiateurs tout au long du week-end pour charger leurs batteries de moteur électrique. Je lui ai mentionné le fait qu'un imbécile m'a menacé de régler mon cas à coup de bâton parce que je voulais que le gardien fasse respecter la position officielle de la directrice de la réserve dans une autre sortie là-bas en juin.
J'ai aussi demandé à ce gardien pourquoi la politique de la réserve n'était pas affichée clairement dans le secteur Houde. Il m'a dit qu'il n'en sentait pas le besoin. Il gère ce secteur depuis des années sans avoir eu de problème. Il ne laisserait pas des gens troubler la quiétude des lieux. Le maître des lieux c'est lui. J'aurais tout de même aimé voir une affiche interdisant l'usage des génératrices à proximité des chalets bien en évidence dans le chalet du gardien comme c'est le cas maintenant dans le secteur Shawinigan.
Nous n'avons pas eu de problèmes de pollution sonore en passant ce week-end. Je n'ai pas entendu une seule génératrice à part celle du gardien. C'est sera donc un cas à suivre l'année prochaine. J'ai la ferme intention de voir à ce que cette réglementation sur l'interdiction des génératrices soit connue de tous. D'ailleurs, la directrice de la réserve m'a écrit en juin: "Votre suggestion de mettre une note au guide de l'usager est retenue." On verra bien s'ils le feront et si la situation changera pour le mieux. Dans mon cas, j'ai l'intention de me tenir debout devant les gens qui ne respectent pas le droit au silence des villégiateurs près des chalets.
Voilà un premier point qu'un chroniqueur de pêche "professionnel" ne vous aurait jamais mentionné. Pourquoi? Parce que dans un publireportage tout est beau et rien ne doit mettre une ombre sur la qualité de votre séjour en forêt... En voulez-vous d'autres ombres au tableau? Les chemins étaient en mauvais état pendant mon séjour dans le secteur Houde. À mon arrivée vendredi soir j'ai eu la surprise de constater que la moitié des lacs étaient accessibles uniquement en camion ou en VTT! Je dois avouer que c'était une première pour moi. Un père de famille qui séjournait là-bas avec ses deux ados avait de beaux problèmes sur les bras. Plusieurs bons plans d'eau étaient impossibles d'accès pour lui avec sa familiale. En fait, à part le lac Plouffe, tous les lacs les plus convoités n'étaient pas accessibles en voiture. Et comme nous avons eu des averses énormes dimanche, le pauvre monsieur a dû avoir des sueurs froides lors de sa sortie. Le chemin était vraiment moche. Je dois toutefois stipuler que des niveleuses étaient au travail dès lundi matin. J'imagine que le fait que du transport de bois en longueur était en cours doit avoir eu un impact sur la rapidité d'exécution des travaux.
Nous avons dépassé un de ces mastodontes chargé à bloc d'une montagne de tronc d'arbres dans le chemin à quelques kilomètres des chalets qui n'a quasiment qu'une voie à cet endroit. Heureusement, mon beau-père ouvrait le chemin avec son Ford F-150 équipé d'une radio. Il pouvait communiquer avec les conducteurs des compagnies forestières. Je vous avoue que j'étais content d'avoir un 4X4 pour franchir certains endroits. Les lourds camions couplés aux pluies torrentielles de dimanche avaient fait de très gros dégâts. L'usage d'un véhicule de ville n'était pas recommandée sur cette route de la réserve Mastigouche hier. La réserve ne peut pas en être tenue responsable. Mais pourquoi donc la majorité des bons lacs étaient-ils accessibles par camion ou VTT AVANT les intempéries du week-end?
Pensez-vous qu'un chroniqueur de chasse et pêche vous aurait mentionné tout cela? Est-ce que je veux vous stimuler à rester chez vous pour avoir moins de compétition aux tirages au sort l'année prochaine? Bien sûr que non. Si je vous parle aussi souvent de cette réserve, c'est que je l'adore et que je m'estime chanceux de pouvoir y faire d'aussi belles pêches à proximité de Montréal. J'ai juste envie, parfois, de faire le contraire de tous les chroniqueurs de chasse et pêche. Je mets l'emphase sur les points négatifs puisqu'eux, ils n'en parlent jamais. Nous avons payé à la SÉPAQ 931.70 $ pour avoir le privilège de séjourner au chalet #4 du secteur Houde le week-end dernier. Et comme je n'étais pas l'invité de personne, j'ai bien le droit de vous dire comment s'est déroulé mon séjour. Si j'étais payé par PR.com pour écrire ce papier, je peux vous garantir que j'aurais pris le temps d' interviewer ce père de famille qui devait restreindre ses choix de lac parce qu'il avait une voiture...
Je vais pouvoir tenir compte de ces expériences vécues pendant ce séjour dans mes prochains reportages à venir pour PR.com. L'un d'eux vous parlera plus en détails des problèmes reliés à l'exploitation forestière. Il n'y a pas que les routes qui sont affectées... Et l'autre vous parlera de l'éthique des chroniqueurs de chasse et pêche. Eh oui, certains d'entre eux en ont!!!
Au plaisir de vous lire
David Lefrançois
Commentaires
quel techniques avez-vous utilisés pour la moucheté durant le mois d'aout?
Postée le: jacques | décembre 15, 2006 02:10 PM
Bonjour Jacques
Je ne me casse jamais la tête lorsque je pêche la mouchetée. J'utilise la cuillère Lake Clear Wabbler avec un avançon et un bon vieux vers de terre partout où les prises font 1 livre et moins. Parfois j'ajoute un streamer en avant de la lake clear comme attracteur. Et j'avoue que j'ai eu du succès cette année de cette façon.
Je pêche toujour à la traîne avec une vitesse lente qui permet à mon leurre d'osciller de droite à gauche... Si votre vitesse est trop grande, votre cuillère va tourner sur elle-même et perdre en efficacité.
Enfin au mois d'août je cherche des secteurs où la profondeur est supérieure à 10 pieds. En général les captures se font souvent là ou le fond passe de façon abrupte de 10 à 20 pieds.
Si des mouchetées de plus d'une livre sont régulièrement capturées dans un plan d'eau, je n'hésiterai pas à utiliser des petits poissons nageurs.
Bien à vous
David Lefrançois
Postée le: David Lefrancois | décembre 17, 2006 09:17 PM