Le détournement de la rivière Rupert n’est toujours pas confirmé
Revue de presse
Le Journal de Montréal a publié mardi le 31 octobre 2006 en page 12 un article signé par Marco Fortier intitulé : « Cri d’alarme ». Nous apprenons dans ce papier que Roméo Saganash a été invité à faire un discours lors d’un congrès de journalistes américains spécialisés en environnement samedi dernier à Burlington au Vermont. L’avocat du Grand Conseil des Cris aurait déclaré : « C’est un mauvais projet tant aux points de vue social, environnemental et économique ». Selon le journaliste Marco Fortier , Roméo Saganash : « a surpris tout le monde en se lançant dans une attaque en règle contre le projet. Puis il a plaidé que les Cris ne jurent que par le développement des éoliennes. »
M. Fortier écrit : « Le discours de Roméo Saganash, devant une poignée de journalistes américains, devrait inquiéter sérieusement Hydro-Québec. À en juger par les visages longs des trois représentants d’Hydro qui se trouvaient dans la salle, l’avocat cri à frappé fort. »
Toujours selon le journaliste Marco Fortier : « Un fort courant d’opposition au projet prend forme chez les Cris, même s’ils ont appuyé à 70% la fameuse Paix des Braves par voie de référendum, il y a quatre ans. Jean Charest a beau assurer que le grand chef Mattew Mukash appuie désormais le projet Eastmain-Rupert, Roméo Saganash et d’autres leaders n’en sont plus aussi certains. On connaîtra bientôt l’humeur véritable des Cris puisque les villages de Nemaska, Waskaganish et Chisasibi ont résolu de tenir des référendums dans les prochains jours sur cet ambitieux projet d’Hydro. »
Le journaliste du Journal de Montréal a rappelé dans son article que les protestations des Cris aux États-Unis dans le passé ont eu un impact majeur sur l’annulation du projet Grande-Baleine. Mais selon M. Fortier les médias américains auraient ignoré la sortie de M. Saganash : « La bonne nouvelle pour Hydro-Québec, c’est que les médias américains ont ignoré cette contreverse. Dans la petite salle de l’hôtel Sheraton, à peine une douzaine de personnes, dont la moitié venues du Québec, ont vu Roméo Saganash démolir le projet Eastmain-Rupert. »
Fin des citations
Malheureusement l’article de M. Fortier n’est pas disponible en ligne. Le sort de la rivière Rupert est donc encore en suspens. Hydro-Québec se targue que les Cris ont approuvé le projet de détournement de la rivière Rupert lorsqu’ils ont entériné la Paix des Braves. Le territoire occupé par les neufs communautés cries actuelles est énorme. La plus importante communauté crie est Chisasibi. Ce village qui compte environ 3200 Cris est situé près de la rivière La Grande. Chisabi est à plus de 260 kilomètres à vol d’oiseau du village de Waskaganish qui lui compte moins de 1800 Cris. C’est un peu comme si on demandait aux citoyens de Montréal de voter sur le détournement de la rivière Montmorency à Québec. Pensez-vous que les montréalais s’opposeraient à un tel projet avec le même intérêt que les citoyens de la région de Québec? La communauté de Whapmagoostui, située juste au sud de la rivière à la Baleine, de son côté est à plus de 428 kilomètre à vol d’oiseau de l’embouchure de la rivière Rupert. Le détournement de la rivière n'aura aucun impact sur la communauté de Whapmagoostui. Pourtant le vote des citoyens de cette communauté est considéré aussi important par le gouvernement du Québec que le vote des habitants de Waskaganish qui verront leur rivière perdre une partie importante de son débit. Comment peut-on prendre en considération le vote de la Paix des Braves alors que le poids électoral des Cris vivant dans les communautés vraiment touchées par ce projet a été noyé dans un vote mené auprès de l’ensemble des Cris vivant au Québec?
Vous aurez deviné que je souhaite que les référendums mentionnés dans l’article de M. Marco Fortier sur le projet de détournement de la rivière Rupert auront bel et bien lieux. J’aimerais bien connaître un jour l’état d’esprit des Cris de Waskaganish, de Nemaska et de Mistissini qui sont les communautées cries les plus touchées par le projet de détournement de la rivière Rupert. Pour un, Josie Jimiken, le nouveau maire de Waskaganish, un village situé à l’embouchure de la rivière Rupert sur la Baie James est contre ce projet.
Les amateurs de pêche qui fréquentent la rivière Rupert peuvent donc garder un mince espoir que ce magnifique cour d’eau puisse être conservé dans son état d’origine. Du moins je me plais à l’espérer. Cette magnifique rivière est accessible par la route. La Rupert était une route historique depuis des siècles pour les Cris et les aventuriers québécois. Mon plus grand souhait serait qu’on sauve la magnifique rivière Rupert et qu’on l’inclut dans le projet du parc national Albanel-Témiscamie-Otish. De cette façon, elle serait protégée des développeurs pour les générations à venir.
En terminant je vous invite à passer faire un tour sur le site du journal Le Devoir. L’excellent journaliste en environnement de ce quotidien, Louis-Gilles Francoeur, a publié aujourd'hui un texte disponible en ligne sur la même nouvelle :
Un vent se lève contre le projet de la Rupert
Au plaisir de lire vos commentaires
david.lefrancois@peche-reportage.com
Commentaires
David
Voici un lien qu'un ami crie ma donner aujourdhuis
http://www.newswire.ca/en/releases/archive/November2006/27/c8896.html
Postée le: Jocelin LeBlanc | novembre 28, 2006 11:43 AM