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Show de pêche, web et éthique

Fin janvier 2007, il fait moins 15 degrés Celsius à Montréal ce matin. L'hiver a fini par arriver pour de bon. La plupart des lacs sont recouverts d'une bonne couche de glace qui fait le bonheur des intrépides qui apprécient la pêche hivernale. Ce n'est pas mon cas. Je préfère et de loin pêcher en eau libre pendant la belle saison. J'occupe fréquemment mes temps libres pendant l'hiver en écoutant des émissions de pêche diffusées à la télévision. De plus en plus, j'en visionne même sur le web. L'hiver pour moi est le moment parfait pour rêver à la prochaine « véritable » saison de pêche qui finira bien par arriver avec le printemps. Et pour rêver, rien ne vaut un bon show de pêche.

J'utilise le terme « show » parce que pour moi la plupart de ces émissions tombent malheureusement dans la catégorie « spectacle ». En novembre 2005, une dame travaillant pour la plus ancienne maison de production d'émission de pêche au Québec m'a d'ailleurs écrit dans un courriel cette phrase qui résume bien selon moi l'esprit dans ce milieu : « nous n’avons pas à nous justifier du contenu de nos émissions… nous faisons des émissions pour divertir et informer les téléspectateurs ». Je lui avais écrit afin de savoir pourquoi, dans un épisode d'Aventure en Nord diffusé à l'époque sur TQS, on avait fait croire aux téléspectateurs dans la présentation de l'animateur Stéphan Grondin qu'une chasse tournée dans un enclos dans les Laurentides au nord de Montréal avait été tournée à Anticosti. J'ai écrit toute une série de billets sur cette affaire sur mon blogue si vous voulez en savoir plus. (voir référence à la fin du texte). J'avais été frappé par le peu de cas que cette employée de la maison de production Sport-Action Vidéo avait fait de cette histoire de désinformation. Mais j'ai dû finir par admettre que malgré que l'on mentionne au générique le nom du réalisateur du « grand reportage », ces émissions ne sont pas produites dans le but d'informer, mais plutôt pour nous divertir tout en faisant la promotion des compagnies qui participent au financement de la production.

Où je veux en venir? Et bien, je ne crois pas que les téléspectateurs doivent s'attendre en regardant ces émissions à obtenir un portrait objectif des destinations où nos valeureux animateurs favoris se rendent pêcher ou chasser. Les animateurs des émissions de chasse et pêche font tout sauf du journalisme sérieux. La nuance est importante. Les animateurs des émissions de chasse et pêche diffusées au Québec ne pourraient tirer aucun avantage à être membre de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec pour faire leur boulot. Ils sont là pour nous divertir, mais aussi pour faire la promotion dans leur topo de différents produits et commanditaires trop souvent sans aucune subtilité...

Vous avez tous vu dans le passé la chronique sur les nouveaux leurres « XYZ », vous avez remarqué les splendides plans de caméra des bateaux « ABC » qu'affectionnent l'animateur de Passion Plein-Air, Raymond Carignan, vous avez même peut-être été tenté de vous procurer de l'urine avec phéromone recommandée par Norman Byrns pour la chasse au cerf de Virginie. La promotion est tellement omniprésente dans nos émissions de chasse et pêche produites en français au Québec que c’en est presque désolant. Selon moi, le dernier « journaliste » à avoir couvert la chasse et la pêche au Québec dans les médias électroniques est André Croteau. Il chroniquait dans l'émission de Joel le Bigot à la radio et au bulletin de 18 H à la télé. Depuis son retrait des ondes, je ne vois pas d'autres cas d'un chroniqueur de chasse et pêche travaillant à titre de journaliste à la télévision avec un minimum de sérieux.

Une fois que cette nuance a été faite, qu'est-ce que cela change? Et bien posez-vous certaines questions avant de vous envoler vers les destinations présentées à l'écran. Si le narrateur vous dit deux fois plutôt qu'une que le poids moyen des ombles de fontaine capturés à la pourvoirie Mabec est de deux livres, soyez sceptique. Cela vous évitera d'être trop déçu, si comme moi, vous arrivez à prendre une seule truite de plus de 2 livres pendant votre séjour à 4 pêcheurs sans guide. La taille des prises n'est pas la seule raison qui m'avait convaincu de me rendre chez Mabec fort heureusement. Je retournerais pêcher n'importe quand sur la rivière Manitou parce qu'elle s'écoule dans un environnement vraiment exceptionnel. Vous pouvez lire mon reportage sur cette destination pour avoir plus de détails... Mais un texte n'arrive pas à la cheville du pouvoir d'évocation des images tournées par les caméramans embauchés par Raymond Carignan pour vous faire apprécier la beauté de ce secteur. C'est la force des émissions de télévision. L'image.

Mais si on mentionne dans la narration que la pêche est bonne toute l'année à cause de l'altitude, de la latitude, de l'éloignement, etc. à la pourvoirie XYZ, soyez sceptique... Faite vos classes avant de réserver un séjour malgré les images incroyables que votre animateur favori vous présente chaque semaine. Cet animateur est dans une classe à part. Vous pourriez, en fait vous ferez selon tout vraisemblance, une pêche bien moins bonne que lui. Ce n'est pas pour rien que personne dans ces émissions ne mentionne la plupart du temps le moment de l'année où ils ont tourné à la pourvoirie qu'ils vous présentent... C'était probablement dans le meilleur moment de la saison et ces dates-là, les bons clients de la pourvoirie les réservent déjà depuis des années. Mais si Ramond Carignan n'a pas d'images de prises fantastiques à vous présenter dans un segment sur une pourvoirie, posez-vous de sérieuses questions. Si lui ne prend pas de trophées, vous propres chances d'en capturer à votre tour sur place seront plutôt minces...

J'ai vraiment une relation d'amour-haine avec les émissions de pêche produites au Québec. La promotion et la publicité déguisée me rendent dingue, mais les publireportages tournés sur le terrain me permettent de découvrir de nouvelles destinations. Dans les semaines à venir, je vais tenter de vous tracer un portrait de chaque émission présentée sur nos ondes en priorisant les tournages sur le terrain. Je vais aussi vous parler des sites web de chaque émission diffusée au Québec.

références sur mon blogue à l'histoire d'Aventure en Nord

Aventures en Nord: Fausse représentation

RDS contrairement à TQS fait du bon boulot

Fausse représentation: la version de Sépaq Anticosti

Épisode douteux d’Aventures en Nord – du nouveau dans ce dossier

Aventures en Nord n’a pas diffusé de véritable rectificatif

Commentaires

Bien d'accord avec toi David.
Si c'est facile de trafiquer une émission de télévision, que penser d'un reportage dans une revue? Encore plus facile de trafiquer une photo...
Mais bon, il faut se permettre de rêver un peu, les média télévisés et les revues demeurent les meilleurs moyen pour les pêcheurs ou les chasseurs qui sont en manque. A chacun d'évaluer son degré de rêve.
Salut merci pour ton blogue.

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