Série de billets sur les Shows de pêche: présentation de Passion Plein Air (PPA)
Débutons par mon émission favorite produite au Québec. Coup de chapeau dès le début aux caméramans embauchés par le producteur Raymond Carignan. Messieurs les caméramans c'est à cause de vous que je suis un adepte de l'émission Passion Plein Air depuis si longtemps. J'ai visionné en janvier 2007 le segment sur la pourvoirie Mabec pour la troisième fois. Passion Plein Air diffuse parfois des « destinations de la semaine » en reprise. Les images de ce tournage dans la vallée de la rivière Manitou sur la Côte-Nord étaient vraiment magnifiques. PPA est reconnue dans toute l'Amérique pour la qualité de ses images. Cette émission a en effet gagné des prix aux États-Unis. M. Raymond Carignan qui produit, réalise et anime Passion Plein Air utilise souvent, pour ne pas dire toujours, un caméraman sous-marin dans ses tournages. La compétence des caméramans de PPA permet aux téléspectateurs de découvrir les multiples facettes des destinations couvertes par l'équipe de M. Carignan et la diversité des habitats des poissons.
L'ouverture de Passion Plein Air est intéressante parce qu'elle nous montre à l'aide de plusieurs couches de vidéos de nombreux trophées capturés par M. Carignan au fil des années. Le support visuel de cette ouverture a été tourné sous l'eau. Nous sommes entre deux mondes. Celui des pêcheurs à la surface et celui des poissons. Le ton de l'émission est donné. PPA vous invite à accompagner M. Carignan dans ses excursions de pêche, mais on vous fera aussi découvrir un peu le monde aquatique où vivent les poissons. J'aime bien ce concept d'ouverture. Par la suite, André Côté l'ancien présentateur du hockey à TQS, nous présente l'émission et invite M. Carignan à nous parler du contenu. Après la première pause, la « Destination de la semaine » débute enfin. Les images tournées sur le terrain dans les « Destinations de la semaine » de PPA sont le moment fort de l'émission de M. Raymond Carignan. Les prétendus chroniques et reportages qui complètent PPA sont en fait des véhicules de promotion et sont inintéressants à mon avis. Mais même la qualité visuelle de ces « plogues » est remarquable. Lorsque l'équipe de Carignan présente un leurre par exemple, elle le fait souvent en nous le montrant en action à la traîne à l'aide d'une caméra sous-marine.
Lors d'un voyage de canot au Labrador j'ai eu l'occasion d'écouter, dans le long trajet en train, une conversation à laquelle participait un pourvoyeur basé au Labrador. Il discutait du séjour de l'équipe de M. Carignan à sa pourvoirie. Je me souviens qu'il avait mentionné que M. Carignan avait pêché du matin jusqu'au soir afin de maximiser la qualité des images qu'il pourrait diffuser. On voit à l'écran l'effort consacré par l'équipe de PPA afin de capturer des images de premier ordre. Les péripéties de M. Carignan sur le terrain sont magnifiquement rendues dans le seul segment vraiment intéressant de cette émission : « la Destination de la semaine ».
Je suis aussi de l'avis de bien des téléspectateurs, M. Carignan ne « passe pas » très bien à l'écran. La promotion des commanditaires de l'émission est omniprésente dans les tournages et « in the face » pour parodier l'animateur qui parle la plupart du temps sur le terrain en anglais. Pourquoi? Tout simplement parce que son émission est aussi diffusée aux États-Unis sous le nom « Outdoor Passion. » Les Américains de leur côté ne toléreraient pas longtemps d'entendre des pêcheurs discutés en français dans une émission de pêche. Allez savoir pourquoi, au Québec, les auditeurs baissent les bras.
Je me suis déjà plaint à un pourvoyeur québécois du fait que l'équipe de M. Carignan et les employés de sa pourvoirie avaient utilisé uniquement l'anglais dans les prises diffusées à l'écran. J'avais demandé subtilement si on pouvait être servi en français à cette pourvoirie. Et j'avais envoyé une copie conforme de mon courriel à l'équipe de Passion Plein-Air. Cela m'avait d'ailleurs valu une réponse du monteur de l'émission dans laquelle il m'avait expliqué que « malheureusement une partie de la piste sonore destinée au marché américain a été diffusée au lieu de celle destinée pour les réseaux québécois.» On m'avait aussi promis qu'une « fois que le mix final tel que prévu originalement sera terminé, nous pourrons vous faire parvenir un DVD gratuitement de cette nouvelle version de l’émission. » Je n'ai jamais reçu ce DVD, mais j'ai constaté qu'on avait réglé le problème de l'usage de l'anglais dans les reprises. On a tout simplement mis de la musique pour couvrir les nombreuses exclamations dans la langue de Shakespare des pêcheurs dans le feu de l'action...
Si tous les pêcheurs québécois faisaient comme moi et se plaignaient aux pourvoiries du Québec présentées dans l'émission PPA, peut-être qu'un jour M. Carignan prendrait la peine de parler plus souvent en français dans les prises de vue capturées sur le terrain. Quoiqu'il en soit, je continue tout de même d'écouter M. Carignan s'exclamé à l'écran: "Fish ON". Surtout à cause du professionnalisme de ses caméramans et de la qualité du montage, de la réalisation et de la narration du segment « Destination de la semaine »!
Cette émission est soit dit en passant tournée avec des caméras professionnelles. Passion Plein Air est d'ailleurs à ma connaissance la première équipe de production dans le domaine de la pêche au Québec à être passée au tournage en haute définition. Cette nuance est importante.Certaines émissions sont tournées avec des caméras « industrielles » voir même avec des caméras utilisées par des amateurs comme vous et moi. La qualité des images est évidemment affectée à la baisse. Produire une émission de télévision coûte les yeux de la tête. J'ouvre une parenthèse pour vous donner une idée des coûts reliés aux tournages.
Mon copain Patrice Massenet qui gagne sa vie comme caméraman m'a fourni des chiffres sur les coûts d'un kit HD utilisé par les professionnels de l'information et de la publicité à Montréal :
« La caméra vaut, à elle seule, 90 000.00 $. Tu rajoutes une lentille HD, 40 000.00 $. Ensuite, un moniteur HD 10 000.00 $. Le trépied, 15 à 20 000.00 $. Pas moins. Ensuite, les batteries, au moins 4 multipliées par 800 $ chacune : 3200 $. Puis, toujours pour la caméra : Matte Box 3000 $, filtres variés : 200 $ chaque X 5= 1000 $, total 4000 $. Plus un chargeur pour les batteries 1500 $.
Somme globale : 168 700 $.
Pour le son, sommairement : Mixettes+ 2 micros sans fil diversity+ une perche avec micro directionnel + câbles d'extension varies+ adaptateurs, filtre, pieds et plein d'accessoires :
20 000 $
Un bon Kit d'éclairages vaut pas moins de 5000 $. Véhicule de transport 30 000 $
Grand total pour l'équipement de tournage en HD : 223 700 $ »
J'ignore si les équipes dans le milieu de la chasse et de la pêche utilisent la même qualité d'équipement, mais on peut constater que monter une entreprise de production vidéo exige d'avoir les reins solides financièrement. On ne pense pas à tout cela lorsqu'on regarde notre émission favorite, mais le montage financier est assurément la principale difficulté des artisans de ce milieu. Non seulement l'équipement de tournage professionnel coûte les yeux de la tête, mais il y a d'autres frais dont mon copain Patrice Massenet m'a fait réaliser l'existence :
« Et je ne parle pas des ASSURANCES : 1 -responsabilité civile, 2 - équipement, 3 - véhicule commercial et assurance spéciale pour les voyages à l'étranger. La location d'un kit complet de caméra HD au Québec coûte 1000 $ par jour (son et éclairage non inclus). Ailleurs, aux USA et en Europe c'est 2000 $ par jour. À Montréal, pour embaucher une équipe (cameraman et preneur de son) avec l'équipement complet en HD, sans cassettes, tu dois compter 2000 $ par jour. C'est si vrai pour la location que, même avec les frais de transport et de douanes, des gens des USA viennent louer à Montréal. »
L'équipement de tournage professionnel en HD coûte donc une petite fortune. Voilà pourquoi la plupart des compagnies de production tournent encore en définition standard. Dans ce cas, un kit professionnel de premier ordre peut facilement atteindre près de 100 000 $. De plus, une équipe professionnelle de tournage constituée d'un caméraman et d'un preneur de son avec équipement peut facilement exiger 1000 $ pour une journée de tournage à Montréal. Vous pouvez maintenant comprendre pourquoi ce ne sont pas toutes les émissions qui peuvent se payer l'usage d'équipement professionnel et des caméramans de métier...
L'émission Passion Plein-Air ignore son public sur le web pour l'instant. À ma connaissance, ils n'ont jamais eu de site web. Allez savoir pourquoi? Mais vous pouvez tout de même connaître les horaires de diffusion de Passion Plein Air via le site du diffuseur : www.rds.ca. On y offre maintenant un résumé de l'émission à venir. C'est déjà ça.
PPA visitera demain dans l'épisode du dimanche 4 février 2007 à 11H30 la rivière Rupert. J'imagine qu'il s'agit d'une reprise d'une sortie à la pourvoirie Aventures Plein Air Awashish. Peu importe si c'est une reprise ou non, jetez-y un coup d'oeil pour apprécier la qualité du travail des caméramans de M.Carignan...
Mise à jour du 5 février 2007
Et bien non ce n'était pas une reprise, mais plutôt un tout nouveau tournage. Et quel tournage! Selon moi il s'agissait de la troisième sortie de l'équipe de M. Carignan chez Aventures Plein Air Awashish. M. Carignan a réussi à prendre encore une fois des trophées dans les espèces suivantes : mouchetées et brochet et de belles prises pour la grise et le doré. La qualité et le rythme de ce montage étaient particulièrement relevés. Superbe « beauty shots » captées au niveau de l'eau, excellente composition d'image comme toujours, images sous-marines de la flore aquatique et de différents espèces de poissons dont des dorés et des mouchetées, images aériennes, combats avec les prises tournés à l'aide d'un deuxième bateau, utilisation d'un grand angle pour faire ressortir la qualité des trophées capturés sur la rivière Rupert, plan général des pêcheurs en déplacement captés du haut des airs et de différents angles de la rive, etc. Effort pour nous donner des images exceptionnelles 10/10, qualité d'image 10/10, réalisation de cette destination de la semaine 10/10...
Si seulement vous pouviez un jour trouver le moyen de financer différemment vos tournages pour nous éviter la promotion déguisée dans la nouveauté de la semaine et le bloc technique, je serais aux oiseaux. Sérieusement sur le plan de la qualité de tournage et de la réalisation cette destination de la semaine sur la rivière Rupert s'approche de ce qui se fait de mieux au Canada en ce moment sur nos ondes : Hooked with Mark Krupa. N'importe quel pêcheur qui a le budget pour se rendre à la pourvoirie de la famille Awashish aura envie de booker une semaine de pêche là-bas après avoir visionné ce montage...
Bravo à toute l'équipe. On en veut plus comme d'habitude!