Photoreportage: Rupert 2007

Notre sortie sur la magnifique rivière Rupert avait un arrière goût de fin du monde cette année. L'armée embauchée par Hydro-Québec était déjà au travail lors de notre passage. La dernière rivière vierge du Nord-du-Québec aisément accessible par la route va être détournée avant longtemps. Le "progrès" va modifier à jamais un écosystème unique au monde. Est-ce que nous pourrons faire des fantastiques pêches à la grise à l'avenir dans ce qui restera de la rivière Rupert? Je n'en sais rien. Mais je vous invite à me suivre en lisant ce photoreportage sur notre dernière sortie sur la rivière Rupert pendant qu'elle était toujours vierge et indomptée...

En empruntant la route du Nord pour se rendre de Chibougamau à Némaska vous pourrez voir pour quelques temps encore ce magnifique rapide au km 238. Les travaux de détournement de la rivière Rupert sont débutés juste en amont de ce secteur. Dans quelques années, je compte bien publier une photo de ce rapide une fois que les travaux de détournement seront terminés. Je bien hâte de voir de quoi aura l'air ce rapide une fois que le débit "écologique" promis par Hydro-Québec l'alimentera...

L'été 2007 est un moment historique pour les amateurs de plein-air qui fréquentent la rivière Rupert. Les travaux de détournement de la Rupert sont bel et bien débutés. De la route, avant d'arriver au pont, on pouvait voir au loin vers l'est une énorme montagne de pierres concassées. Une nouvelle route d'accès était en construction juste au nord du pont qu'on voit sur la photo ci-haut. Nous avons pris un peu de temps pour mettre sur pellicule la Rupert dans toute sa splendeur pour la dernière fois. L'été prochain il sera peut-être déjà trop tard.
En tournant mon objectif vers l'ouest j'ai capté la photo suivante dans laquelle on peut voir la Rupert s'engoufrée dans un dénivellé. Le rapide qui écaille les poissons. C'est le nom que notre copain Robert Bernard a donné à ce segment de la rivière Rupert.

Sur la prochaine photo on voit le même rapide. On peut mieux percevoir la force du courant avec cet angle de caméra. Au loin en aval, le rapide se jette dans une baie, on peut y prendre parfois de la mouchetée.

Ces photographies ont été prises le 23 juin 2007. Nous étions en route pour notre spot "secret" sur la Rupert. La température était belle. Nous choississons maintenant de nous rendre sur la Rupert à la fin juin parce que le début de saison peu offrir des conditions très difficiles. Cette année à la St-Jean, la température a descendu presqu'au point de congélation la nuit. En 2002, nous avons eu droit à une tempête de neige qui a duré 48 heures à l'ouverture. Notre cuisine en plein air est confortable par beau temps mais cette année là, le camping sauvage était moins agréable.

Pour la première fois sur la Rupert, nous avions cette année à notre disposition une tente de trappeur équipée d'un poêle à bois. Nous avons pu affronter le mauvais temps de la fin juin 2007 avec plus d'agréments. Mon frère possède une tente de ce type et il l'a utilsée parfois sur la Côte-Nord à un autre spot secret duquel je vous parlerai un de ces jours.


Charles prenait plaisir à faire une attisée avant de dormir pour chasser l'humidité de la tente. Notre copain Robert Bernard est un vrai gars de bois. Il a descendu la Rupert au complet plus d'une fois. L'usage d'un poêle à bois pour lui est une nécessité dans une longue sortie. Le gros avantage est évidemment la possibilité de sécher ses vêtements dans toute les conditions. J'écris ces lignes à la fin juillet. Il fait 30 degrès celsius à Montréal aujourd'hui. L'été est de retour en force mais lorsqu'on planife une sortie dans le Nord du Québec, il vaut mieux être prévoyant. Des amis de Robert sont à faire une sortie de canot camping de 5 semaines qui les ménera de la route Trans-Taiga au lac Guillaume-Delisle dont la décharge se jette dans la baie d'Hudson. J'ai pensé à eux la semaine dernière alors qu'il faisait à peine 20 degrés à Montréal. Je me disais qu'ils devaient être bien content d'avoir leur poêle à bois pour se réchauffer...
Le soleil n'a pas été souvent de la partie pendant notre séjour sur la Rupert. Le vent a perturbé nos plans d'exploration. À cause de la présence du vent et des vagues, nous avons surtout pêché des secteurs connus à proximité de notre campement. Nous retournerons probablement explorer en amont sur la rivière Rupert l'année prochaine. L'herbe est toujours plus verte dans la cour du voisin dit l'adage.
Nous avons eu beaucoup de succès dans la passe de "Loon Lake". N'essayer pas de trouver ce lac en faisant des recherches sur internet, c'est le nom que Robert a donné à un lac sans nom dont la décharge se jette dans la rivière Rupert.


La journée du 25 juin a été particulirement productive. Charles a capturé deux grises en utilisant la technique du marcheur de fond. De mon côté, pour couvrir plus de surface, je pêchais à la traîne avec un devon qui descendait à 20 pieds. Dès que j'ai moi aussi installé un marcheur de fond, j'ai pris ma première et unique grise intéressante du voyage. Nous avons ramené 4 grises au camp de base pour consommation ultérieure à la maison. Le quota sur la rivière Rupert dans le secteur où nous allons est de trois grises par personne. Cette journée a été l'une des plus productives que nous avons vécue sur la rivière Rupert. Nos prises faisait entre 9 et 11 livres.

Malgré nos succès du 25 juin, nous n'avons pas ramenés nos quotas pour cet espèce à la maison. La pêche à la grise sur la Rupert dans notre secteur exige qu'on y mette du temps. Pendant que vous faisez patate dans une passe à grise pendant des heures, vous vous dites que vous pourriez vous amusez à prendre des dorés ou du brochet dans sur un autre genre de structures. Il faut faire des choix lorsque vous pêchez là-bas puisque vous pouvez cibler quatre différentes espèces: la grise, le brochet, le doré et même la mouchetée. L'omble de fontaine se retrouve malheureusement dans les rapides, bons nombre d'entre eux vont disparaître suite au détournement d'une grande partie du débit de la Rupert.
Cette année nous avons capturé pour la première fois à la fin juin des dorés de petites tailles régulièrement. J'espère que c'est l'effet de la saison qui était tardive. Je ne sais pas pourquoi, mais nos succès au dorés sont supérieures en juillet. De retour au campement nous avons eu du dorés au menu à plusieurs occasions.

Une expédition de pêche d'une semaine sur la rivière Rupert passe toujours trop rapidement. Le vendredi 29 juin était notre dernière journée de pêche. Après avoir complété nos quotas de dorès en matinée, nous avons décidé de cibler le brochet en après-midi. J'ai eu une touche dans un secteur de "boulders", des grosses roches qui font passer la profondeur de 20 pieds à 3 pieds en moins de deux. Ce genre de structures est propice pour l'embuscade et les brochets aiment bien y chasser. Comme j'utilise une ligne fusion sans élongation je sentais de beaux coups de tête mais j'ignorais ce que j'avais au bout de ma ligne comme il arrive fréquemment. Mon pote Charles s'est donc mis à ramener sa ligne et lui aussi à eu une touche:"Moi c'est gros" nous a-t-il dit un peu fendant comme à son habitude...
Je lui ai donc laissé le plancher. Mon poisson me donnait un drôle de combat. J'ignorais vraiment ce qui se passait jusqu'à ce que Charles ramène sa prise à proximité du bateau. Sa belle prise était "mon" brochet! Ce poisson d'une quinzaine de livres avait les yeux plus gros que son ventre, il s'est attaqué à nos deux devons. Mal lui en pris. Il a terminé sa journée dans notre glacière en filets. Nos blondes et nos enfants adorent le brochet!

Fait extraordinaire pour le commun des pêcheurs, nous n'avons pas vu personne pendant toute la durée de notre séjour dans notre spot secret. L'année dernière nous avons rencontrés un pêcheur cri de Némaska. L'année précédente, un groupe d'américains aventureux pêchaient dans le même secteur que nous. Cette année, nous avons eu la sainte paix. Qu'est-ce qu'un gars peut demander de plus? Vous comprendrez pourquoi je ne vous en dirai pas plus sur ma destination. Passer voir mes autres photos via le lien sur Flickr disponible en bas à droite sur le portail de mon blogue.
Au plaisir de vous lire
David Lefrançois
Montréal