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août 24, 2007

L'animateur Mathieu Roy vient d'être reconnu comme scab!

Media - Rendez-Vous Chasse Pêche - Mathieu Roy

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Bonjour à tous

Je vous ai parlé quelques fois de l'émission Rendez-Vous Chasse et Pêche diffusée sur Vox. Depuis que Claude Roy, le fondateur de l'émission a été élu député de l'ADQ dans Montmagny-L'Islet, son fils Mathieu a pris les commandes de l'émission avec Raynald Dancausse. Mais Mathieu Roy a aussi publié des chroniques dans le Journal de Québec pendant que les employés syndiqués sont en lock-out! Il vient tout juste d'être reconnu comme briseur de grève par la Commission des relations du travail du Québec.

Mathieu Roy devrait plutôt prendre un peu de ses temps libres selon moi pour mettre à jour le site web de son émission. En ce moment, on peut toujours voir son père dans une photographie qui nous présente les animateurs de l'émission. J'éprouve un certain malaise à voir une photographie du député Claude Roy, qui est porte-parole de l'opposition officielle en matière de faune et de parcs nationaux, avec une commandite de la SÉPAQ dans la même page web. Je crois pouvoir écrire sans me tromper qu'il y a là, une apparence de conflits d'intérêts flagrante.

Pour en savoir plus:


lien vers l’article du quotidien Media Matin Québec:


lien vers l’article de Radio-Canada:

Au plaisir de vous lire

david.lefrancois@peche-reportage.com


août 19, 2007

L'argent, la publicité et la pêche

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Vous le savez je suis victime d'un TOC: un trouble obsessif compulsif. Mon obsession à moi est l'achat d'équipements de pêche. Je me soigne plutôt bien, mais j'ai des rechutes de temps à autre. Je me demande souvent pourquoi j'ai vécu pendant des années avec l'idée fixe de remplir mes gardes robes de coffres de pêche remplis au ras bord! En juin, j'ai été victime d'une reprise de logement et j'ai dû déménager. J'habitais le même appartement depuis 7 ans. Dieu que j'en ai fait des voyages de char pour transporter tout mon stock. J'ai bien tenté de me débarrasser de certaines choses, mais j'ai quand même dû faire des miracles pour faire rentrer un 6 et demi dans un 5 et demi...

Ce déménagement a renforcé chez moi l'idée qu'on achète un sacré paquet de cossins pour rien. J'ai redécouvert l'étendue de mon garde-robe. J'avoue avoir eu un peu honte, j'avais même gardé des chaussures de ballon-balai que je n'avais pas utilisées depuis 1983... Vous voyez le genre. Et là évidemment, je ne vous parle pas de mon stock de pêche et de camping. En fait, suite à ce déménagement et après avoir étudié le prix d'un condo sur l'île de Montréal, je me suis rendu compte que je devrais cesser de pêcher et de chasser si je voulais acheter un appartement un jour, faute d'espace pour entreposer mon matériel.

Hier j'ai lu un article fort intéressant de Pierre Foglia dans la Presse. Il a écrit une chronique intitulée: L'argent. Le titre m'a accroché parce que la valeur de mon REER a pris une débarque de10 % depuis six mois. J'en suis à me demander si je devrai travailler jusqu'à 75 ans! Mon plan d'une deuxième carrière à titre de chroniqueur de chasse et pêche à temps plein à partir de 65 ans est en danger. Dans la foulée de la correction boursière qui a touché la plupart des bourses sur la planète Foglia se demandait s'il était impliqué dans ce « crash». M. Foglia après avoir cité Marx citait aussi sa mère :

(...) « Ça prend de l'argent pour vivre; mais pour bien vivre, tu sais ce que ça prend?

Une fortune maman!

Mais non!

Oui maman, je sais , tu me l'as répété un milliard de fois: pour bien vivre il ne faut pas être invidoso, envieux en italien. Ici on dirait: faut pas ambitionner. Bref, selon ma mère, pour bien vivre, faut se contenter de peu.

De là mon rapport a l'argent. Il n'est pas politique. Il est maternel. Un rapport de peu, de pauvre. Mon mépris de la publicité qui pousse à la consommation vient de là. »

Foglia concluait sa chronique en se demandant “ce que serait la société si personne n'achetait jamais rien comme moi”. (...) Sérieux au-delà de toute considération politique, vous ne trouvez pas ridicule un système dont l'équilibre et la pérennité ne tiennent qu'à notre insatiable désir - programmé, provoqué, inoculé — de vouloir sans cesse ce dont on n'a nul besoin?»

En lisant Foglia, j'ai eu un sacré flash. Pour soigner mon TOC, je pratique maintenant une forme de simplicité volontaire. J'achète moins de matériel de pêche évidemment. Mais avec le temps, mon inclination a moins consommé à gagner d'autres secteurs de mes finances personnelles. Par exemple, je brûle maintenant moins d'essence en marchant pour aller au bureau. Un peu plus et vous pourriez me traiter d'écolo. Imaginez-vous donc que lorsque je pars sur la Rupert je me demande combien de tonnes de gaz à effet de serre je produis en faisant la route Montréal - rivière Rupert - Montréal! Hydro-Québec va peut-être régler ce problème en m'enlevant le goût d'aller là-bas lorsqu'ils auront détourné ma rivière favorite avant longtemps.

Aujourd'hui La Presse publiait un reportage sur deux pages de Mathieu Perrault intitulé : La neurologie au service de la publicité. On pouvait y lire que « La publicité veut influer sur les décisions. On sait maintenant quelles sont les régions du cerveau qui s'animent dans certaines conditions.» En effet, on a tout simplement fait des recherches en branchant des « consommateurs » à des scanneurs afin d'étudier l'activité de leurs cerveaux en présence d'un produit. Un topo là-dessus a été diffusé tout récemment sur NBC News. On disait qu'au départ un consommateur mis en présence d'un produit voyait la partie de son cerveau impliquant le plaisir s'activer (lire une grosse prise avec ce nouveau leurre dont vos potes ne connaissent pas l'existence). Par la suite une autre partie du cerveau s'activait afin d'étudier les impacts de l'achat potentiel — ie le danger (dette) et les conséquences (la réaction de votre blonde) reliés à l'achat... En dernier lieu, une autre partie du cerveau prenait la décision finale. Le journaliste de NBC concluait son topo en disant que le cerveau des consommateurs penchait deux fois plus souvent pour l'achat lorsque le consommateur utilisait une carte de crédit. Vous comprenez maintenant pourquoi vous recevez autant d'offres de cartes de crédit par la poste!

Où est le lien avec la pêche me demandez-vous? Vous connaissez probablement m'a maladie. Je tâche de me soigner depuis des années. Mais je constate que les compagnies se donnent un mal fou pour me faire retomber dans ma dépendance au magasinage. Nous sommes tous bombardés de messages publicitaires de plus en plus ciblés afin que nous achetions des gogosses dont nous n'avons pas besoin. Pendant qu'on utilise un sonar couplé à un GPS après avoir vérifié l'état de la structure avec une caméra sous-marine pour capturer notre prochaine prise sur notre bass boat à 40 000 $, des chercheurs testent les cerveaux des consommateurs avec des scanners IRM. Je me demande s'ils ont de bons résultats avec leurs pubs.

Récemment lorsque je passe un peu de mon précieux temps à surfer sur un forum de pêche je suis « bombardé » par une publicité qui me dit que je dois changer ma brosse à dents aux 3 mois! Pourquoi nous présente-t-on une publicité de brosse à dents sur un site de pêche me demandez-vous? Je n'en sais foutrement rien, mais j'ai tout de même une petite idée là-dessus. La plupart du temps lorsque je pars en forêt pour quelques jours je régresse et j'en profite souvent pour oublier ma brosse à dents! Probablement que tous les pêcheurs font comme moi et que les compagnies de brosses à dents sont sur le bord de la faillite, d'où les pubs de brosse à dents sur le « front » d'un forum de pêche. Si vous avez une meilleure explication que la mienne, n'hésitez pas à me faire parvenir un commentaire.

Pour revenir à Foglia, maintenant en plus de me demander avant d'acheter un devon ou une cuillère si j'en ai vraiment besoin, je vais en plus me dire que je dois me contenter de peu - c'est-à-dire des huit coffres remplis à ras bord dont je me sers que deux ou trois fois par année! Le but de l'opération est de pouvoir m'acheter un jour un condo sans avoir besoin de louer un entrepôt pour tout mon stock. Me suivez-vous?

Je sais, je sais, vous vous dites, que j'ai trop de temps libres pour écrire des conneries pareilles. Mes avec toutes les économies que j'ai réalisées cette année, moi je retourne sur la réserve faunique Papineau-Labelle avant longtemps... De votre côté, je vous invite à aller frotter vos cuillères pour qu'elles brillent un peu plus la prochaine fois que vous pourrez pêcher. Si vous êtes sur l'eau si rarement c'est probablement parce que vous n'arrêtez pas de faire du temps supplémentaire pour payer votre SUV, votre remorque et le 17.6 avec un 150 forces quatre temps stationnés dans le garage de votre "town house" de banlieue. La prochaine fois que vous aurez une soudaine impulsion d'acheter un autre cossin, pensez à moi et à songez un instant au fait que vous êtes peut-être en train de vous faire avoir par le neuromarketing. Je vous laisse, la pharmacie ferme dans moins d'une heure et ma brosse à dents doit absolument être changée.

Au plaisir de vous lire

David "Supergopher" Lefrançois
Montréal

août 17, 2007

Un retour dans le passé – la pêche en ruisseau

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Bonjour à tous

Mon blogue manque de nouveauté ces derniers temps. J'ai été passablement occupés les deux derniers mois par mille et une choses sauf des sorties en forêt malheureusement! Mais je suis content, je viens tout juste d'annuler mon abonnement à la Presse pour quelques jours à la fin août. En ville, des journaux laissés devant l'entrée sont une incitation au vol. Je vais enfin pouvoir quitter la grande ville pour mettre une ligne à l'eau dans la réserve faunique Papineau-Labelle. J'ignore où nous irons pêcher exactement. Je ne sais pas non plus si nous pêcherons sur un lac à mouchetées ou un lac à grises. Peu m'importe. Tout ce qui compte, c'est d'avoir la chance de passer quelques heures en forêt. Avec le temps, les pêcheurs finissent par comprendre que la grosseur ou le nombre des prises n'a pas vraiment d'importance. C'est la qualité de la « compagnie » et de l'environnement où l'on pratique notre sport favori qui finit un jour par prédominer.

En attendant d'avoir la chance d'être sur l'eau, je passe ma frustration en lisant différents auteurs. Je vous invite d'ailleurs à savourer le dernier texte de mon copain Robert Hamel publié sur le site www-peche-reportage.com. Il vient de nous offrir de nouveau un très bon papier. J'aimerais tellement pouvoir écrire aussi éloquemment que Robert. Dans mon cas, face à une page blanche tout est très ardu. Je n'arrive pas à raconter simplement des histoires et surtout à les rendre « vivantes ». Juste le choix du titre de Robert est très révélateur : « Gros efforts, petits poissons. La truite de ruisseau, une vraie passion »

La lecture de ce texte de Robert m'a rappelé de biens beaux souvenirs. J'ai grandi sur la Côte-Nord dans la ville d'Hauterive qui est maintenant fusionnée à Baie-Comeau. Dès que j'ai eu l'âge de me pousser de chez moi pendant quelques heures, je me suis mis à explorer les alentours avec mon vélo assis confortablement sur mon siège « banane ». La canne à pêche équipée d'un moulinet à bouton-poussoir était attachée avec des cordelettes sur le cadre du vélo. Nous ramassions nos vers de terre sous les cages à lapins à côté de la maison. La boîte de vers, un petit coffre rempli de cuillères tournantes, une gourde, un sandwich et une bouteille de chasse moustique étaient transportés dans un sac à dos. En bandoulière, nous avions un panier à poissons. Nous faisions des kilomètres de vélo dans l'espoir de capturer quelques truites.

Entre les deux villes, une rivière et un petit ruisseau contenaient des perchaudes. Dieu que nous détestions la perchaude. À nos débuts, nous ne pêchions que pour une seule et unique raison : prendre de la truite mouchetée. Nous avons appris beaucoup plus tard que nous pouvions pêcher, à l'entrée d'Hauterive, des beaux brochets dans la rivière Manicouagan en aval du barrage. Dans ce secteur, un chemin forestier se rendait à la « flume » : un arboriduc amenait en effet à l'époque les pitounes du réservoir de Manic 1 jusqu'à l'usine de la Quebec North Shore Paper Company à Baie-Comeau, un bon dix kilomètres plus loin… Par le chemin de la « flume », on accédait au sentier qui menait au Club de motoneigistes « les Grondeurs ». Et là, nous avons découvert quelques fosses à truites dans un petit ruisseau…
J'en parle aujourd'hui en sachant très bien, que ce ruisseau n'est plus d'aucun intérêt pour les pêcheurs de truites. Il y a longtemps que l'omble de fontaine a disparu de ce ruisseau. Surpêche, braconnage, facilité d'accès. Les ruisseaux à truites sont fragiles. La présence de cette espèce est d'ailleurs à mon avis un gage de santé pour un écosystème. Si la truite mouchetée est présente, c'est que l'environnement se porte bien pour le moment.. Nommez moi un ruisseau à truite dans la région de Montréal!

Le texte de Robert m'a ramené à l'époque de mes 10 ans! Robert écrit : « Il n'est pas rare de parcourir quatre ou cinq kilomètres et parfois plus sans ressentir la fatigue. C'est que notre attention est dirigée uniquement sur la pêche et on en oublie les distances parcourues. » De notre côté, nous faisions à cet âge seulement quelques centaines de mètres le long des ruisseaux. Nous avions tout de même l'impression d'être des explorateurs… Mais il n'était pas rare que nous nous faisions dévorés les chevilles, le cou, les mains et les poignets par les moustiques et les mouches noires sans nous en rendre compte, tellement nous étions concentrés à tenter de capturer une autre truite…

En lisant le reportage de Robert, j'ai souri en voyant sa recommandation de leurre : « J'ai déjà tenté des expériences avec de minuscules cuillères et même de mini poissons-nageurs, mais je reviens toujours inlassablement avec la bonne vieille méthode du lombric monté sur un hameçon simple et précédé d'un plomb « split shot » à 12 pouces. Le poids du plomb permet à l'offrande d'atteindre le fond, mais s'il y a une truite, je vous assure que le ver n'ira pas loin! »… Quand on y songe, la pêche peut être simple non! Un hameçon, un ver de terre, un plomb avec ou sans flotteur… Robert a pondu un article sans mentionner un seul fabricant de quoi que ce soit… Beau fait d'armes mon ami! Son texte nous ramène à l'essentiel : « Même si vous ne prenez pas de poisson à chaque sortie, je vous assure que la beauté du paysage, l'odeur de la forêt et la tranquillité compensent largement pour vos journées bredouilles. »

Les temps changent, parfois pour le mieux, parfois pour le pire. Aujourd'hui le ruisseau des « Grondeurs » n'est plus habité par l'omble de fontaine, mais la « flume » a été mise à la retraite pour des raisons écologiques. La plupart de nos chroniqueurs professionnels de pêche tentent par tous les moyens de nous vendre des choses souvent inutiles. Là-dessus, je me trompe peut-être, mais probablement que rien n'a changé à part mon regard sur leur travail.

Écrire aujourd'hui dans un article que l'utilisation d'un ver de terre précédé d'un « split shot » est la technique la plus efficace est un fait plutôt rare. Mon copain Robert Hamel écrit pour partager sa passion. Il vous brosse un portrait honnête de sa vision de la pêche en ruisseau. Dans nos magazines favoris, marketing oblige, on voit de tout. Le summum du mauvais goût? Un chroniqueur professionnel s'est fait prendre en photo avec une canne à pêche dont la poignée en liège était toujours dans son emballage de plastique pour mieux vous vendre les produits de son commanditaire! Mon « correcteur » pourrait facilement pondre des publireportages pour nos magazines de pêche s'il voulait vendre son âme. Mais il ne mange pas de ce pain là, fort heureusement pour nous.

Au plaisir de vous lire

David Lefrançois
Montréal