L’Opération Bourdon – des détails sur les plus importants braconniers
Bonjour à tous
Lundi le MRNF a publié le nom des personnes ayant plaidé coupables à plusieurs accusations de braconnages. L’amende la plus salée a été donnée à M. André Martel de L'Anse-Saint-Jean. Il a commis les infractions suivantes : pourchasser du gros gibier à l'aide d'un hélicoptère à six reprises et possession illégale de viande d'orignal. Il devra payer une amende de 47 971 $ et il a vu son certificat du chasseur annulé pour une période de 24 mois.
Un citoyen ordinaire qui devrait payer une amende de près de 50 000 $ serait dévasté. Mais M. Martel lui devait être soulagé… Pourquoi? Tout simplement parce que selon le registre des entreprises du Québec, il est le président et le premier actionnaire d’Hélicoptères Panorama ltée. Le MRNF avait saisi un hélicoptère de cette compagnie qui avait été utilisé pour commettre des actes de braconnage. M. André Desjardins de la Direction de la protection de la faune de Sept-Îles m’a confirmé par courriel que « Nous remettons l'hélicoptère compte tenu du plaidoyer de culpabilité du défendeur (…) et de la valeur de l’hélicoptère dont la confiscation aurait entraîné une conséquence beaucoup plus importante que les objectifs visés par la peine auquel il s'est exposé en plaidant coupable . Cependant, les quelque 1200 livres (approximatif) de viande saisie sont confisquées. » Fait à noter, M. Desjardins m’avait confirmé, dans un autre courriel que pendant les procédures « L'hélicoptère était toujours saisi, mais la garde avait été laissée au contrevenant ».
Le deuxième braconnier en importance si l’on considère la valeur des amendes était, M. Clément Guérin de Saint-Lazare. Ce monsieur est nul autre que le président de la pourvoirie Matonipi. Le communiqué du MRNF nous apprenait que « Ce réseau de braconnage organisé opérait dans le secteur de la pourvoirie du lac Matonipi au nord de Baie-Comeau, sur la Côte-Nord. » M. Guérin a plaidé coupable aux infractions suivantes : possession illégale de viande d'orignal, possession illégale d'ours noir, piéger sans permis, piéger dans une réserve à castors, piéger avec des engins prohibés (hameçons). Il devra payer une amende de 11 637 $ et le MRNF a annulé son certificat du chasseur pour une période de 24 mois.
On ne voit pas souvent le président d’une pourvoirie reconnaître sa culpabilité à des actes de braconnage. J’ignore si cette histoire aura des conséquences sur les droits exclusifs de cette pourvoirie. Il me semble qu’en toute logique le gouvernement du Québec devrait favoriser les honnêtes citoyens lorsqu’il vend des droits exclusifs à une pourvoirie. Je vais essayer d’en savoir plus là-dessus.
Autre question intéressante au sujet de la pourvoirie Matonipi, elle est membre de la Fédération des pourvoyeurs du Québec et cet organisme possède un code d’éthique qui est disponible sur leur site web (http://www.fpq.com/fr/fpq.code.asp ) dont voici un extrait :
Devoirs envers la société
1. Le membre collabore avec les autorités publiques pour assurer l'observation et le respect des lois et des règlements ayant trait à la pratique des activités offertes par son entreprise.
(…)
4. Il collabore également avec les intervenants concernés et les autres gestionnaires de territoires fauniques, afin d'assurer le développement durable des ressources fauniques et forestières.
J’ai écrit à la FPQ afin d’obtenir leur position officielle sur le comportement du président et deuxième actionnaire de la pourvoirie Matonipi. De notre côté en tant que client de pourvoirie nous avons tout simplement à être conséquents dans le choix de nos destinations!
Cette histoire de braconniers pourrait faire un excellent article de fond pour nos magazines couvrant la chasse et la pêche. On trouve de tout là-dedans : de l’action en hélicoptère, un barbare qui utilise des hameçons pour attraper des animaux, un homme d’affaires heureux de payer 50 000 $ d’amende alors que le grand public aurait aimé le voir perdre son hélicoptère avec lequel il braconnait l’orignal, et là je ne parle que des deux vedettes principales, dans ce réseau on trouvait aussi d’autres hommes d’affaires importants, un dentiste, etc. Que faisaient-ils vraiment sur le terrain? Comment opéraient-ils? Et évidemment nous pourrions enfin connaître le travail incroyable des agents de la faune qui ont réussi ce coup de filet. Ces employés du MRNF méritent un coup de chapeau. Imaginez le reportage qu’un bon journaliste pourrait faire si son éditeur n’avait pas peur de perdre la chance de vendre un publireportage portant sur la pourvoirie Matonipi dans les mois à venir…
Au plaisir de vous lire
David Lefrançois
Montréal