La SÉPAQ m'aide à passer à travers de l'hiver!
SÉPAQ - Éthique des chroniqueurs - Information versus publicité - Pollution par le bruit - Génératrice - Coup de gueule
Bonjour à tous
Le pire moment de l'année pour un pêcheur en eau libre est arrivé. Le mois de mars se pointera le nez la semaine prochaine. L'amoncellement de neige qui recouvre le Québec frise des records et le thermomètre atteint régulièrement le moins 15 degrés Celsius. C'est le moment de l'année que les marchands, ceux qui exploitent notre passion pour la chasse et la pêche, ont ciblé pour nous inviter, à nos frais bien entendu, à toutes sortes de salons, de soirées de films et de formations en tous genres. Nous sommes en manque, ils le savent et ils en tirent profit. De mon côté, je préfère rester tranquille chez moi à planifier ma prochaine saison de pêche. Au lieu de gaspiller mon argent sur le prix d'entrée d'une foire commerciale, je préfère l'investir sur des sorties de pêche à la journée dans ma réserve favorite. Et à ce sujet, j'aimerais vous parler de ma relation d'amour-haine avec la SÉPAQ!
Chaque matin je navigue sur internet entre 8 h 29 et 8 h 31 afin d'essayer de réserver une sortie de pêche à la journée dans la Mastigouche quatre mois plus tard. En ce moment, on peut louer un lac à la journée pour le week-end de la Saint-Jean. La procédure prend moins d'une minute. Un retard d'une fraction de seconde et vos chances d'obtenir un lac vedette se sont envolées. J'ai eu plus ou moins de succès avec le nouveau système de réservation par internet. Tout de même, j'ai réussi à mettre la main sur deux ou trois bons lacs le printemps prochain. Je n'ai jamais obtenu les meilleurs lacs disponibles. J'espère avoir la chance de faire quelques belles pêches et de vous en parler le printemps prochain. D'ailleurs, ce petit moment de la journée pendant lequel je tente ma chance avec le nouveau système de réservation de la SÉPAQ me permet de me rappeler que les lacs vont caller dans quelques mois et que les truites mouchetées finiront bien par « marsouiner » à la recherche d'insectes aquatiques en surface. Je vois déjà ma bouée prendre le bord du fond du lac! Ce nouveau système de réservation m'aura permis de passer une minute avec un petit sourire aux lèvres quelques fois cet hiver. Quand vous obtenez la chance de compléter une réservation sur un lac intéressant, vous oubliez le prix à payer et vous souriez avec la certitude que vous passerez éventuellement de bons moments avec votre blonde ou un copain sur l'eau. La SÉPAQ aussi en mettant en place ce nouveau système de réservation savait que nous étions en manque...
Parlant de la SÉPAQ, je n'ai toujours pas reçu de réponse de M. David Hamel, l'un des porte-parole en ce qui a trait au nouveau système de réservation 4 mois à l'avance, pour la pêche à la journée. Récemment, j'ai vécu quelques problèmes avec le site internet de la SÉPAQ. Une de mes tentatives de réservation s'est perdue dans le cyberespace. J'ai voulu en savoir un peu plus. Sans résultat. La SÉPAQ et moi on ne fait pas bon ménage. Pourtant, je fréquente les établissements de cette société d'État assidûment. J'en parle de long à large sur mon blogue. Inévitablement je fais de la promotion pour eux, même si dans mes chroniques j'essaie surtout de faire du journalisme citoyen. Je ne sais pas pourquoi, mais très souvent à la SÉPAQ, on ne répond pas à mes courriels?
Autre exemple, j'attends des nouvelles de M. Daniel Leboeuf depuis presque un an concernant la pollution par le bruit dans le réseau de la SÉPAQ. Vous connaissez tous M. Leboeuf si vous regardez les « shows » de pêche à la télé. C'est le porte-parole officiel de la SÉPAQ. On le voit régulièrement vanter les destinations offertes par son employeur dans des chroniques sur RDS, TQS et VOX. On le voit aussi très souvent sur le terrain en pleine action nous parler, avec une belle prise à la main, des fantastiques forfaits offerts par la SÉPAQ. Il passe très bien à la TV ce monsieur. Il semble fort sympathique. Alors pourquoi donc refuse-t-il de répondre à mes courriels?
Les rares internautes qui me lisent depuis longtemps savent que j'ai vécu de mauvaises expériences avec des pêcheurs qui utilisent des génératrices dans les réserves fauniques. D'ailleurs, je vous prépare un long reportage là-dessus pour www.peche-reportage.com. M. Leboeuf a prétendu dans un courriel qu'il m'a envoyé le 22 février 2007 que « Suite à votre message téléphonique concernant la réglementation sur les génératrices dans les réserves fauniques, je dois vous spécifier d'emblée qu'elles sont interdites partout. Le règlement est bien clair et sans équivoque. Il sera d'ailleurs inscrit dans tous les guides de séjour que nous faisons parvenir à la clientèle lors d'une réservation. » J'ai même fait un fou de moi en publiant ce scoop sur mon blogue!
Que voulez-vous je me suis fier à ma source. On parle tout de même du Directeur des communications et des relations publiques de la SÉPAQ. Le jour même où j'ai reçu son courriel, j'ai demandé des précisions à M. Leboeuf sur ce prétendu règlement qui interdit les génératrices. Le 22 janvier 2008, j'ai récidivé et j'ai de nouveau tenté d'avoir des commentaires de M. Leboeuf sans succès. Je me demande ce qu'un véritable chroniqueur de pêche ferait à ma place? Est-ce que je dois oublier les courriels et plutôt envoyer mes demandes d'information par courrier recommandé afin d'obtenir un jour une réponse de sa part selon vous? Évidemment dans mes recherches j'ai appris que les génératrices sont tolérées, voire même encadrées, à bien des endroits gérés par la SÉPAQ. J'ai aussi appris que plusieurs clients de la SÉPAQ se plaignent non seulement du bruit causé par les génératrices, mais aussi par les VTT et le transport du bois. Si la question de la pollution sonore vous intéresse, ne manquez pas la prochaine mise à jour de www.peche-reportage.com.
Ce n'est pas simple de mettre la main sur de l'information fiable de nos jours. Cette semaine j'ai téléphoné à une autre société d'État pour obtenir des détails sur un sujet sur lequel je fais des recherches. L'employée qui m'a rappelé semblait très craintive de parler à un journaliste. Elle m'a dit plus d'une fois qu'elle ne voulait pas se mettre dans le trouble et elle m'a dirigé à l'une de ses supérieures qui est responsable des relations avec les médias. J'avais laissé un message stipulant clairement l'information dont j'avais besoin. Pourquoi m'a-t-elle rappelé si elle avait peur d'éclaircir ma lanterne? L'année dernière la SÉPAQ m'a imposé le même genre de processus au sujet de ma demande d'information sur la pollution par le bruit, on m'a adressé à M. Leboeuf , mais ce dernier ne répond pas à mes courriels. Que dois-je faire selon vous pour arriver à vous informer convenablement alors que des employés du secteur public refusent de me donner des renseignements?
Peut-être que si je débutais par cesser de critiquer cette société d'État, dont les forfaits de pêche m'attirent tant, j'aurais une chance d'avoir un peu plus de collaboration de leur part? Peut-être que je devrais me recycler en relations publiques. Ça semble être une belle job. On peut pêcher avec des chroniqueurs de pêche sur les meilleurs lacs offerts dans le réseau de la SÉPAQ au Québec. Évidemment, on n’a pas besoin de participer à aucun tirage au sort. On a encore moins besoin de se mettre sur le téléphone ou l'internet à 8 h 30 pile chaque matin pendant la majeure partie de l'hiver pour espérer avoir la chance de pêcher sur le lac Sorcier par exemple... On a juste à donner un contrat à une compagnie de production de vidéo. On s'arrange pour que notre employeur, une société d'État, paie pour que des équipes de télévision viennent faire un tour dans de belles “destinations pêche” avec nous. Évidemment dans “les reportages” en onde, personne ne mentionnera le fait que la SÉPAQ a payé la compagnie de production pour qu'elle montre des images d'une pêche fantastique. Si la pêche n'a pas donné les images escomptées dans le secteur où nous étions, et bien on peut demander au directeur de l'endroit de nous offrir un lac qui n'a pas encore été pêché cette année-là! Ça semble vraiment cool d'être PR!
Il y a des jours où j'aimerais bien être dans la peau du patron des relationnistes de la SÉPAQ. Je n'aurais qu'à donner un coup de fil à l'un de mes collègues, disons le directeur d'une réserve faunique pour lui dire qu'on va faire une belle promotion de sa réserve dans le prochain annuel de pêche à la mouche par exemple. Et les portes s'ouvriraient toutes seules! Imaginez, ils sont payés pour pêcher dans les meilleurs lacs de la SÉPAQ et nous faire croire que tous le monde peut faire d'aussi belle pêche qu'eux... Un emploi d'enfer si vous n'avez pas de problème de conscience avec le droit du public à l'information et si pour vous la publicité déguisée en reportage est la meilleure façon de faire la promotion des produits offerts par une société d'État.
Vous vous dites que je bitche et que je raconte n'importe quoi parce que je suis frustré. Et bien vous seriez surpris. Oui je suis frustré parce qu'il fait froid en ta ces temps-ci et que je dois porter des combines d'expédition pour avoir le moindre plaisir à marcher dehors. Les trottoirs sont glacés. Ma première sortie sur l'eau est encore loin et je commence à trouver l'hiver long. Mais je n'écris pas n'importe quoi pour autant. Mes frustrations je les passe aussi en écrivant des faits qui ne feront pas plaisirs à tout le monde. Faute d'avoir des réponses de M. Leboeuf et de certains de ses collègues, j'ai fini par me dire que je devrais peut-être passer par la loi d'accès à l'information pour obtenir des informations de la SÉPAQ. Et j'ai pris goût à cette façon de faire. J'aime ça recevoir de belles enveloppes brunes de la SÉPAQ avec plein de renseignements! J'ai d'ailleurs obtenu des copies de contrats entre la SÉPAQ et des compagnies de production vidéo spécialisées dans la chasse et la pêche au Québec. On peut lire noir sur blanc dans ces contrats que la SÉPAQ, évidemment, invite à ses frais certaines équipes de tournage. Dans quelques cas, la SÉPAQ assure même les frais de transport aérien des équipes de télévision. Et en plus, la SÉPAQ paie quelques milliers de dollars pour qu'on plogue les destinations offertes dans ces « shows » de chasse et pêche à la télévision!
Je travaille sur un autre reportage qui portera là-dessus avant longtemps. Vous savez je suis un journaliste en herbe et je ne comprends pas la moitié du quart des façons de faire des chroniqueurs de chasse et pêche professionnels. La SÉPAQ m'a envoyé des contrats dont les chiffres étaient censurés. Un oubli de leur part m'a permis de constater que la SÉPAQ avait payé 3000 $ pour la réalisation d'un publireportage. D'où mon approximation. Enfin, la SÉPAQ a refusé de me donner des documents portant sur l'ensemble des forfaits offerts sur le bras à des chroniqueurs professionnels. Je voulais savoir si on faisait le compte de qui avait eu la chance d'aller pêcher où aux frais des contribuables à droite et à gauche dans le réseau de la SÉPAQ. Ces informations pourraient mettre en péril la compétitivité de la SÉPAQ m'a-t-on rétorqué pour expliquer le refus de cette société d'État à me fournir ces données. J'ai fait appel auprès de la Commission d'accès à l'information et j'espère avoir des renseignements à vous offrir là-dessus aussi avant longtemps!
Un vrai journaliste ne mentionnerait jamais les histoires sur lesquelles il travaille. Il aurait bien trop peur d'être scoopé par un autre. Mais dans mon cas je couvre la chasse et la pêche au Québec et comme les véritables journalistes dans ce domaine espèrent tous avoir la chance de pêcher sur le meilleur lac de la réserve Mastigouche ou d'ailleurs avec M. Leboeuf et bien je ne cours aucune chance d'être scoopé. Personne dans ce milieu ne veut se mettre la SÉPAQ à dos! Qui est assez fou pour écrire ce qu'il pense vraiment suite à une sortie dans un parc, une réserve faunique ou une pourvoirie? Qui est assez con pour critiquer les façons de faire de la SÉPAQ?
Imaginez-vous donc que moi je paie tous mes frais de ma poche pour pêcher à la SÉPAQ. Je mentionne régulièrement mes sorties de pêche dans les parcs et les réserves fauniques du Québec sur www.peche-reportage.com. Et qu'est-ce que la SÉPAQ me donne en retour? Rien. Ils n'ont même pas la décence de temps à autre de répondre à mes courriels lorsque j'ai des questions! Coudonc c'est quoi mon problème avec eux selon vous? Peut-être que cette société d'État préférerait contrôler mes questions, en plus de leurs réponses et me payer que je j'écrive qu'ils sont extraordinaires à tous les points de vues? Plus j'y pense et plus j'ai envie de devenir relationniste ou publicitaire. Ça semble tellement plus facile d'avoir de la collaboration de la SÉPAQ dans ce contexte de travail!
David Lefrançois
www.peche-reportage.com