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juin 14, 2008

Pêchez une journée sur un lac de la Mastigouche: ça n'a pas de prix?

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La pêche sportive avec la hausse du coût de l'essence devient de moins en moins accessible pour les citoyens avec des revenus modestes. Jeudi dernier j'ai eu la chance d'aller pêcher sur le lac à la Belette dans la réserve faunique Mastigouche. Ce lac est accessible à la journée. Il était ouvert depuis le 7 juin. J'allais donc faire la sixième pêche de la saison 2008 sur ce beau plan d'eau situé dans le nord-est de ma réserve favorite. J'avais décidé d'inviter mon beau-père à m'accompagner. C'est sur ce lac que je l'ai initié à la qualité de pêche offerte dans la Mastigouche il y a plusieurs années (photo). J'avais profité du vieux système de réservation 48 heures à l'avance. On annonçait une journée d'orages à la mi-juillet. Le lac à la Belette avait presque atteint son quota annuel. Plusieurs journées de pêche difficiles s'étaient succédé par un temps de canicule. Nous avions quitté le lac à la Belette trempé jusqu'à l'os, mais avec un beau quota de mouchetées - 14 truites pour près de 12 livres si ma mémoire est bonne!

Cette semaine notre pêche a été beaucoup moins intéressante. J'ai jeté un coup d'oeil aux statistiques quotidiennes de 2008 et personne n'a fait un quota du calibre que nous avions fait à l'époque... J'ai profité de cette sortie pour vérifier la consommation de mon petit SUV. J'ai acheté ce véhicule en 2006 pour remplacer ma camionnette qui m'avait mené du Labrador au Nord-du-Québec. Pour une fois, j'ai pris une bonne décision sur le plan économique, j'ai décidé d'acheter un véhicule équipé d'un moteur 4 cylindres. Je me disais que le prix de l'essence n'avait pas fini d'augmenter. Bonne décision qui me fera sauver de l'argent. Pour une fois j'ai misé juste, mais ça ne compensera jamais tout le fric que j'ai perdu en achetant des actions de Nortel. Mais ça, c'est une autre histoire.

Donc, départ mercredi soir de Montréal pour aller dormir chez Pépé en banlieue de Trois-Rivières. Distance parcourue 137,6 km. J'ai fait le plein en ajoutant 13,2 litres d'essence à 1,44/litre pour un total de 19,74 $. En dormant chez Gilles, je gagnais un peu de temps de sommeil. Mon beau-père a mis l'alarme du cadran à 3 h 15. Disons que notre pêche fantastique de 2001 ou 2002 l'avait marqué... À 4 h nous étions sur la route. À 6 h 30 sur le lac. La pêche a été bonne sans plus. Un quota de mouchetées qui faisaient tout au plus 5 livres au total. Journée magnifique tout de même.

Revenons au sujet de cette note. L'argent. De retour à Montréal, nouveau plein d'essence. 43 litres à 1,43 $/litre pour un total de 61,45 $. J'ai fait pour me rendre au lac Belette plus de 500 km! Malgré le fait que j'ai roulé à la limite permise pour sauver sur la consommation de carburant mon total des frais d'essence a été de 81.19 $ !

On ajoute à ces frais le coût des droits de pêche pour deux personnes: 28,70 $, la location de l'embarcation : 36,87 $, TPS à 3,28 $ et TVQ à 5,17 $ pour un total de 74,02 $. C'est bête, mais l'essence m'a coûté plus cher que ma facture de la SÉPAQ!

Évidemment, je n'ai pas calculé les frais pour le lunch, la dévaluation du véhicule, le coût des vers de terre et le coût de tout l'équipement de pêche. Nous avons été chanceux, nous n'avons pas perdu un seul leurre. Et je possède un moteur hors-bord, mais si j'avais eu à en louer un j'aurais payé au moins une quarantaine de dollars supplémentaire...

Une journée de pêche quotidienne dans la réserve faunique Mastigouche peut donc être évaluée à mon avis pour un montréalais entre 150 et 200 $ pour deux personnes. Pêcher avec son beau-père par une splendide journée de fin de printemps ça n'a pas de prix diront plusieurs. Mais pour les salariés à petit revenu et les retraités, je peux comprendre que la pêche quotidienne en réserve faunique ou en pourvoirie ne soit plus une activité qu'ils pratiquent régulièrement. Et le prix de l'essence n'a pas fini de monter!

Comment la SÉPAQ réagira-t-elle à l'avenir devant le coût de transport à la hausse pour accéder à ses parcs et à ses réserves? La fréquentation sera-t-elle à la baisse? Si cette hypothèse est vraie, la SÉPAQ haussera-t-elle ses tarifs pour combler les manques à gagner? Les dirigeants de la SÉPAQ auront de difficiles décisions à prendre avant longtemps si les pétrolières n'ont pas fini de hausser le prix de l'essence. La hausse du prix du carburant à d'autres impacts. La flotte de véhicules de la SÉPAQ lui coûte plus cher à elle aussi pour faire le plein. C'est aussi le cas pour les véhicules des agents de la faune. Est-ce que nos forêts québécoises seront encore moins protégées des braconniers à l'avenir? Un beau cercle vicieux qui risque de faire en sorte que la pêche quotidienne sera une activité de moins en moins populaire qui coûtera de plus en plus cher...

Au plaisir de vous lire

david.lefrancois@peche-reportage.com


juin 12, 2008

Impacts du progrès économique sur la pêche sportive

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Bonjour à tous

Je viens de découvrir sur le site de la Fédération des pourvoiries du Québec une étude très intéressante qui traite de l’impact de l’industrie forestière sur les pourvoiries accessibles par hydravion. Imaginez-vous à la place d’éventuels clients du pourvoyeur dont on voit le camp en bas à gauche sur la photo. Une coupe forestière majeure a été faite à moins de 500 mètres de votre chalet accessible par hydravion! Comment faire autrement que de se sentir trahi par le pourvoyeur si vous aviez ce paysage devant vos yeux alors que vous rêviez d’accéder en hydravion à un territoire de pêche encore vierge en pleine nature!

Je vous invite à jeter un coup d’œil à cette étude accessible par Internet qui porte le titre : Transport de brousse en pourvoirie et développement forestier : État de situation et bilan des connaissances. Ce document a été publié en 2006, mais je crois que les problèmes identifiés par la Fédération des pourvoiries du Québec sont loin d’être réglés! « De façon générale, les pourvoyeurs qui opèrent par hydravion croient que les opérations forestières, telles que pratiquées actuellement sur le territoire public, détruisent purement et simplement le potentiel de mise en valeur par hydravion. » On peut lire plus loin : « Ainsi, l’apparence négative de grandes coupes de type CPRS (note 1) sur le territoire, l’accessibilité qui occasionne du braconnage, du vol, du vandalisme et du dérangement de la clientèle, font en sorte que les pourvoyeurs cessent simplement d’utiliser les secteurs touchés pour ne pas perdre d’autres clients. » Un peu plus loin en page 12 on peut lire : « Les pourvoyeurs qui opèrent par hydravion affirment tous que leurs opérations ne sont actuellement plus que l’ombre de ce qu’elles étaient et ils craignent de devoir fermer leurs portes. (…) « Il n’est pas rare que ces entrepreneurs vendent simplement la pourvoirie lorsque les coupes arrivent.»

La lecture de cette étude a de quoi faire réfléchir. Les propriétaires des pourvoiries accessibles par hydravion se trouvent souvent dans des situations inacceptables. Et bien nous aussi comme clients de ces pourvoiries ou comme pêcheurs sportifs amateurs de grands espaces, nous vivons les mêmes problèmes. Je suis estomaqué de constater que bien des pêcheurs n’accordent pas plus d’importance à la beauté des sites de pêche, à la splendeur du paysage et à la quiétude des lieux qu’ils fréquentent. Un exemple : comment pouvons-nous supporter que des génératrices et des VTT soient encore tolérés dans plusieurs réserves fauniques du Québec? Quel intérêt a-t-on de camper près d'un réservoir dont les rives sont détruites par le marnage? Pourquoi choisit-on de pêcher au-dessus d'une vieille forêt inondée? Enfin, je n’ai rien contre les pêcheurs qui pratiquent leur activité favorite dans le port de Montréal, mais de mon côté j’aime pouvoir pêcher en pleine nature dans un environnement de qualité. Malheureusement, ce genre de destination est toujours plus difficile à trouver. On doit s’éloigner de plus en plus du sud du Québec pour avoir la sainte paix dans un beau territoire de pêche. Et avec l’essence à 1.51 $ et peut-être éventuellement à 2 $ le litre, je ne vois pas comment la pêche en territoire vierge ne pourrait pas être une activité en régression dans les années à venir! Nos industriels seront heureux. Ils auront de moins en moins de témoins de leurs activités destructrices à gérer!

Évidemment, les coupes forestières ne sont pas les seules responsables de la dégradation de nos destinations pêche. Hydro-Québec est aussi une source de destruction massive de nos lacs et de nos rivières. C’est avec une certaine tristesse que je suis à préparer un nouveau voyage de pêche sur la magnifique rivière Rupert. Cette rivière sera détournée avant longtemps par Hydro-Québec pour augmenter les revenus tirés de ses installations sur la rivière La Grande. Près de 70% du débit de la Rupert sera détourné vers le Nord. La rivière Rupert sera dénaturée à tous jamais à partir du pont situé aux environs de la borne kilométrique 236 sur la route du Nord jusqu’à la Baie James. Pour moi, pêcher sur la rivière Rupert à l’état sauvage constituait un véritable pèlerinage, un voyage dans un coin de pays laissé intact par le progrès. Mais d’ici quelques années, grâce aux bons soins d’Hydro-Québec, l’une des dernières grandes rivières nordiques accessibles par la route ne sera plus jamais ce qu’elle a déjà été. Cet écosystème sera détruit à tout jamais en grande partie. Des forêts seront de nouveau inondées... Belle énergie verte! Et malheureusement pour nous pêcheurs, Hydro-Québec et de nombreuses entreprises qui construisent des minicentrales ont l’œil sur plusieurs autres rivières où l’on pratique la pêche sportive. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il y a même des projets de développement aussi loin dans le Nord que sur la rivière George qui se jette dans la Baie d’Ungava!

Où s’arrêtera la destruction de notre patrimoine faunique? Nos enfants auront-ils la chance de pêcher dans des secteurs encore vierges dans le sud du Québec? Est-ce que l’industrie de la pourvoirie accessible par hydravion pourra survivre à moins de huit heures de route des grands centres? Voilà le genre de questions que nos politiciens ne se posent pas de toute évidence…

Au plaisir de vous lire

david.lefrancois@peche-reportage.com

NOTE 1: CPRS - coupe avec protection de la régénération et des sols

juin 10, 2008

Site sur l'écologie fort intéressant

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Bonjour à tous

Thor, un membre de Québecpeche, m'a fait découvrir un site didactique sur l'entomologie et l'écologie. C'est vraiment bien fait et on y trouve une mine d'informations.

Histoire d'eau

à voir absolument

Au plaisir de vous lire

david.lefrancois@peche-reportage.com


juin 01, 2008

Nouvelle déception dans la réserve faunique Mastigouche

Le nom du lac « secret » dont j'ai parlé dans ma dernière note ne mérite plus d'être gardé uniquement pour moi. Le lac Demoiselle m'a de nouveau déçu vendredi dernier. Heureusement, nous avions un plan pour profiter tout de même de notre journée pleinement. Après avoir pris note des statistiques de la semaine à notre entrée à l'accueil et surtout après avoir constaté que quatre jours sur six ce lac n'avait rien offert aux pêcheurs, nous avons décidé de consacrer la majeure partie de notre journée de vendredi à la prospection de notre zone de chasse à l'orignal qui est dans le secteur Sable.

Heureuse initiative puisque les deux heures que nous avons mises sur la pêche en soirée nous ont permis de prendre une seule truite. Une belle mouchetée d'une livre et quart environ que j'ai capturé à la traîne en la « jiggant» par une nageoire ventrale. Elle n'a même pas mordu! Le lac des Demoiselles est minuscule et nous n'avons pratiquement pas vu ou entendu d'activités à la surface. Pourtant, on pouvait voir des mouches de mai qui se séchaient les ailes avant de prendre leur envol.

Lors d'un passage à l'accueil Pins Rouges, j'ai appris que le quota annuel du lac des Demoiselles était en 2008 de quinze kilogrammes. Le premier groupe de pêcheurs a capturé samedi dernier vingt et un ombles de fontaine qui faisaient neuf kilos et demi. C'est ce genre de pêche du siècle que j'espérais avoir la chance de faire moi-même le lendemain au jour 2 sur ce lac. Un autre groupe cette semaine y a pris une douzaine d'ombles pour quatre kilos si ma mémoire est bonne. Tous les autres groupes n'ont pris qu'une seule truite! Le ridicule dans tout cela c'est que le quota annuel n'ayant pas été atteint, il est possible que ce lac soit de nouveau disponible dès mardi prochain afin que les captures atteignent quinze kilos...

Quant à moi, la direction de la réserve devant ces résultats en dents de scie devrait tout simplement garder ce lac fermé. J'ai bien hâte de vérifier d'ailleurs mardi si le lac des Demoiselles sera disponible une journée de plus en 2008. Vous aurez compris que je ne vous recommande pas d'y pêcher cette année! Si la réserve faunique Mastigouche prolonge la saison de pêche sur ce lac, ce sera uniquement pour faire des profits supplémentaires aux dépens des pêcheurs.

Je l'ai écrit dans le passé, mon barème pour atteindre une pêche satisfaisante est de prendre assez de poissons pour un repas. Je viens de déguster avec ma petite famille ma prise de vendredi avec un quart de poitrine de poulet pour l'accompagner... Disons que mon degré de satisfaction n'est pas très élevé. Ce ne sont pas tous les pêcheurs qui pensent comme moi. J'aimerais bien avoir la chance d'interviewer les trois autres groupes qui n'ont capturé qu'une seule truite pendant leur journée de pêche sur le lac des Demoiselles. Étaient-ils des clients satisfaits? Avaient-ils comme moi fait le trajet de Montréal? Un bon quatre heures de route environ pour l'aller uniquement.

Avouez que lorsqu'on fait ses comptes : essence, restaurant, droit de pêche, matériel de pêche, etc. on arrive à un montant très élevé pour une seule capture. Je sais que l'on ne doit pas compter ses sous pour les choses qui nous passionnent, mais ce n'est pas tout le monde qui a les moyens d'être passionné pour la pêche! Disons que la hausse du coût de l'essence doit faire réfléchir les dirigeants de la SÉPAQ. Plusieurs pêcheurs doivent se dire que nos parcs et nos réserves deviennent de moins en moins attrayants avec la hausse du prix de l'essence. La fréquentation des sites éloignés comme la réserve faunique Port-Cartier-Sept-Iles ou le parc national de la Gaspésie par exemple sera assurément en diminution cette année.

Heureusement comme je l'ai écrit, nous avons profité de nos deux jours dans la réserve faunique Mastigouche pour repérer les secteurs d'activités des orignaux dans notre zone de chasse. Je vous en reparlerai une autre fois parce que cette sortie mérite d'être expliquée en détail. Dernier bémol, nous avons payé dix-sept dollars et 50 environs pour avoir le privilège de planter notre tente dans un chemin forestier près du lac Green. C'était la seule alternative pour camper dans notre zone de chasse! C'est quand même décevant de constater que la réserve faunique Mastigouche n'offre pas plus de sites de camping rustique. Un espace pour planter une tente, une toilette sèche, une table de pique-nique, un site pour faire un feu, est-ce si cher à construire et à entretenir? Heureusement, nous n'avons rien eu à payer pour avoir le droit de prospecter notre zone de chasse. Je reviendrai sur les frais reliés à la chasse à l'orignal ultérieurement. Disons que cette activité est une très bonne affaire pour les réserves fauniques!

Prochaine sortie à la mi-juin, toujours dans la réserve faunique Mastigouche. Et j'espère que mon choix de lac s'avérera meilleur cette fois-là!

Au plaisir de vous lire