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Pêchez une journée sur un lac de la Mastigouche: ça n'a pas de prix?

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La pêche sportive avec la hausse du coût de l'essence devient de moins en moins accessible pour les citoyens avec des revenus modestes. Jeudi dernier j'ai eu la chance d'aller pêcher sur le lac à la Belette dans la réserve faunique Mastigouche. Ce lac est accessible à la journée. Il était ouvert depuis le 7 juin. J'allais donc faire la sixième pêche de la saison 2008 sur ce beau plan d'eau situé dans le nord-est de ma réserve favorite. J'avais décidé d'inviter mon beau-père à m'accompagner. C'est sur ce lac que je l'ai initié à la qualité de pêche offerte dans la Mastigouche il y a plusieurs années (photo). J'avais profité du vieux système de réservation 48 heures à l'avance. On annonçait une journée d'orages à la mi-juillet. Le lac à la Belette avait presque atteint son quota annuel. Plusieurs journées de pêche difficiles s'étaient succédé par un temps de canicule. Nous avions quitté le lac à la Belette trempé jusqu'à l'os, mais avec un beau quota de mouchetées - 14 truites pour près de 12 livres si ma mémoire est bonne!

Cette semaine notre pêche a été beaucoup moins intéressante. J'ai jeté un coup d'oeil aux statistiques quotidiennes de 2008 et personne n'a fait un quota du calibre que nous avions fait à l'époque... J'ai profité de cette sortie pour vérifier la consommation de mon petit SUV. J'ai acheté ce véhicule en 2006 pour remplacer ma camionnette qui m'avait mené du Labrador au Nord-du-Québec. Pour une fois, j'ai pris une bonne décision sur le plan économique, j'ai décidé d'acheter un véhicule équipé d'un moteur 4 cylindres. Je me disais que le prix de l'essence n'avait pas fini d'augmenter. Bonne décision qui me fera sauver de l'argent. Pour une fois j'ai misé juste, mais ça ne compensera jamais tout le fric que j'ai perdu en achetant des actions de Nortel. Mais ça, c'est une autre histoire.

Donc, départ mercredi soir de Montréal pour aller dormir chez Pépé en banlieue de Trois-Rivières. Distance parcourue 137,6 km. J'ai fait le plein en ajoutant 13,2 litres d'essence à 1,44/litre pour un total de 19,74 $. En dormant chez Gilles, je gagnais un peu de temps de sommeil. Mon beau-père a mis l'alarme du cadran à 3 h 15. Disons que notre pêche fantastique de 2001 ou 2002 l'avait marqué... À 4 h nous étions sur la route. À 6 h 30 sur le lac. La pêche a été bonne sans plus. Un quota de mouchetées qui faisaient tout au plus 5 livres au total. Journée magnifique tout de même.

Revenons au sujet de cette note. L'argent. De retour à Montréal, nouveau plein d'essence. 43 litres à 1,43 $/litre pour un total de 61,45 $. J'ai fait pour me rendre au lac Belette plus de 500 km! Malgré le fait que j'ai roulé à la limite permise pour sauver sur la consommation de carburant mon total des frais d'essence a été de 81.19 $ !

On ajoute à ces frais le coût des droits de pêche pour deux personnes: 28,70 $, la location de l'embarcation : 36,87 $, TPS à 3,28 $ et TVQ à 5,17 $ pour un total de 74,02 $. C'est bête, mais l'essence m'a coûté plus cher que ma facture de la SÉPAQ!

Évidemment, je n'ai pas calculé les frais pour le lunch, la dévaluation du véhicule, le coût des vers de terre et le coût de tout l'équipement de pêche. Nous avons été chanceux, nous n'avons pas perdu un seul leurre. Et je possède un moteur hors-bord, mais si j'avais eu à en louer un j'aurais payé au moins une quarantaine de dollars supplémentaire...

Une journée de pêche quotidienne dans la réserve faunique Mastigouche peut donc être évaluée à mon avis pour un montréalais entre 150 et 200 $ pour deux personnes. Pêcher avec son beau-père par une splendide journée de fin de printemps ça n'a pas de prix diront plusieurs. Mais pour les salariés à petit revenu et les retraités, je peux comprendre que la pêche quotidienne en réserve faunique ou en pourvoirie ne soit plus une activité qu'ils pratiquent régulièrement. Et le prix de l'essence n'a pas fini de monter!

Comment la SÉPAQ réagira-t-elle à l'avenir devant le coût de transport à la hausse pour accéder à ses parcs et à ses réserves? La fréquentation sera-t-elle à la baisse? Si cette hypothèse est vraie, la SÉPAQ haussera-t-elle ses tarifs pour combler les manques à gagner? Les dirigeants de la SÉPAQ auront de difficiles décisions à prendre avant longtemps si les pétrolières n'ont pas fini de hausser le prix de l'essence. La hausse du prix du carburant à d'autres impacts. La flotte de véhicules de la SÉPAQ lui coûte plus cher à elle aussi pour faire le plein. C'est aussi le cas pour les véhicules des agents de la faune. Est-ce que nos forêts québécoises seront encore moins protégées des braconniers à l'avenir? Un beau cercle vicieux qui risque de faire en sorte que la pêche quotidienne sera une activité de moins en moins populaire qui coûtera de plus en plus cher...

Au plaisir de vous lire

david.lefrancois@peche-reportage.com


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