
Bonjour à tous
Mieux vaut tard que jamais. J’ai lu le week-end dernier un dossier fort intéressant publié depuis le 23 septembre 2008 intitulé « Dossier noir de la réserve faunique de Matane : une réserve faunique qui ne réserve rien ». C’est un document très pertinent qui mérite d’être connu et surtout d’être lu. À mon avis, un des points les plus importants de ce dossier, c’est qu’enfin un organisme connu et respecté, Nature Québec, s’attaque publiquement au fait que l’industrie forestière puisse exploiter une réserve faunique de la même façon qu’un territoire libre. En effet, comme je le mentionnais dans un reportage portant sur l’impact des coupes forestières sur la pêche dans la réserve faunique Mastigouche en 2007, aucun statut spécial n’est accordé à nos réserves fauniques sur le plan des normes environnementales imposées à l’industrie forestière.
On peut lire dans le dossier noir de Nature Québec : « Malgré la vocation de conservation que leur confère la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune, les réserves fauniques du Québec ne bénéficient d'aucunes mesure de protection des habitats fauniques en dehors de celles consenties pour le reste de la forêt publique. Si le statut de réserve faunique assure une chasse et une pêche contrôlée permettant de maintenir des populations fauniques abondantes et en santé, il ne permet pas de protéger les habitats de cette faune. En fait, la vocation de conservation et de mise en valeur des réserves fauniques n’est pas reconnue par le régime forestier du Québec. »
Évidemment, le dossier noir publié par Nature Québec a créé des vagues. Dans l’édition du 25 septembre 2008 du Journal de Québec, on cite M. Alain Viau, directeur régional du MRNF du Bas-Saint-Laurent : « Pas question d’arrêter, ces coupes sont conformes à nos normes et nous allons les poursuivre. »
Le jour même Nature Québec et la Fédération québécoise des chasseurs de pêcheurs réagissaient à ces propos dans un communiqué publié conjointement. “Nous savons parfaitement que les coupes et les techniques de reboisement pratiquées dans la réserve faunique de Matane sont conformes aux normes du règlement sur les normes d’intervention en milieu forestier (RNI). Ce que nous affirmons, c’est que ces normes sont totalement inadéquates en regard d’une gestion équitable et intégrée des ressources du milieu forestier et de la protection des habitats” Un peu plus loin on peut lire dans ce communiqué : « nous sommes pour une foresterie à l’intérieur des réserves fauniques, mais pas n’importe comment. »
Voilà, le débat est lancé sur la place publique ! Doit-on donner un statut de protection aux écosystèmes des réserves fauniques au Québec? Quant à moi, la réponse est simple. Nous n’avons pas le choix. Et j’irais même plus loin. Le Québec traîne de la patte en ce qui a trait aux aires protégées. Je ne vois pas pourquoi, le gouvernement du Québec ne pourrait pas réfléchir à l’idée de transformer, en tout ou en partie, certaines réserves fauniques carrément en parc national !
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Crédit photos Jean-Philippe Guay