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Conseils pratiques pour la pêche de l'omble de fontaine

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Comme promis sur mon blogue en août 2008, je souhaite partager avec vous quelques techniques de pêche que j'ai utilisées lors de mon dernier séjour dans le secteur Shawinigan de la réserve faunique de Mastigouche. Le fait d'obtenir le premier choix, lors du tirage au sort le soir de notre arrivée, nous a permis de pêcher le lendemain au lac Arvisais : l'un des deux lacs vedettes du secteur Shawinigan au moment de notre passage. Nous y avons capturé un quota de quatorze ombles de fontaine dont le poids total frisait douze livres et demie. Les pêcheurs qui sont allés au même endroit le lendemain ont pris une seule truite d'un quart de livre en six heures de pêche! Était-ce seulement l'effet du hasard? Notre approche et nos techniques de pêche ont-elles été la clé de notre succès? C'est certain que le facteur chance est important à la pêche, mais je crois qu'il faut aussi savoir tirer profit de son expérience afin de s'adapter aux conditions présentes. La clé du succès ce n'est pas nécessairement de posséder une tonne d'articles et d'équipements de pêche. L’essentiel, c'est beaucoup plus selon moi, d'utiliser vos leurres favoris, de la bonne façon sur une structure où les truites veulent bien collaborer.

Il y a beaucoup de choses que l'on ne maîtrise pas lors d'une sortie de pêche. La météo et le degré d'activité des poissons en sont deux bons exemples. Nous avons fait une très belle pêche au lac Arvisais, c'est un excellent lac à mouchetées, mais nous avons travaillé fort pour y arriver. Primo, nous étions debout une heure avant le lever du soleil pour profiter de la pêche du matin. À notre arrivée sur ce petit lac de tête d'à peine un kilomètre de long, vers 6 h, nous avons rapidement repéré plusieurs truites qui se nourrissaient d'insectes aquatiques à la surface. Avant que le vent se lève, on peut souvent observer des ombles de fontaine en chasse à la surface, elles « marsouinent » à la recherche de nourriture, parfois nous ne voyons que leur dos, exceptionnellement elles sautent presque totalement hors de l'eau. Une fois que des vagues brisent le film de l'eau, les truites ont plus de difficulté à voir leurs proies. Pêcher très tôt en été favorise donc le repérage des sites où les ombles de fontaine sont actifs. Nous n'avons qu'à nous diriger vers les ronds de gobage. Lorsque l'on ne connaît pas un lac, c'est une façon rapide et simple de trouver de bons secteurs de pêche. Des pêcheurs à la mouche auraient probablement fait des miracles, ce matin-là, s'ils avaient pu découvrir quelle mouche sèche imitait les proies visées par les mouchetées en chasse.

J'envie ceux qui possèdent l'habileté requise pour placer une mouche sèche avec maîtrise dans un rond de gobage à une distance de plus de vingt mètres. Mais je n'ai pas une très grande dextérité et je ne pêche pour ainsi dire jamais avec mes cannes à mouche. De mon côté, j'ai grandi avec une canne à lancer léger dans les mains et c'est de cette forme de pêche que je vais vous parler. Ma conjointe a monté une cuillère lourde bleu et argenté suivie d'un avançon de 18 pouces, d'un hameçon et d'un ver de terre. Elle utilisait aussi des « petites guimauves orange » produites par une compagnie bien connue. Son père lui avait chaudement recommandé de s'en servir afin d’obtenir de meilleurs résultats que moi. Mon beau-père avait vu un copain qui les employait le narguer au lac à la Belette à la mi-juin. Mais comme ma conjointe ne faisait pas entièrement confiance à ces « friandises à poisson », elle les accompagnait d'un ver de terre. Je ne suis pas fort sur les plogues et comme ces produits ne m’ont jamais démontré leur plus grande efficacité qu’un bon vieux lombric ne comptez pas sur moi pour vous apprendre le nom de ces « guimauves ». En plus, j'ai été surpris de constater qu'elle ne restait pas en place très longtemps sur l'hameçon. Nous en avons récupéré quelques-unes qui flottaient à la dérive. Aucune truite ne s'intéressait à elles à la surface.

Profitons de l’occasion pour aborder la publicité, un sujet qui m’intéresse tout particulièrement dans le domaine de la pêche. J’aimerais vous préciser que je n'ai jamais cherché à obtenir une commandite de qui que ce soit à part celle d'un distributeur de bières lors d'un festival étudiant à la lointaine époque où je fréquentais le cégep de Baie-Comeau! Je me souviens, plus ou moins bien, de cette cuite prise un samedi après-midi, mais ça, c'est une autre histoire. Je suis toutefois certain qu'aucune compagnie ne trouverait d'intérêt à fournir gratuitement des marchandises à un blogueur inconnu, d’autant plus que je n'ai vraiment pas le profil pour faire de la publicité et des relations publiques... Alors, lorsque vous verrez une marque de commerce dans un de mes textes, soyez assuré que j'ai payé le produit en question comme le commun des mortels et que je le recommande tout simplement parce que je l'utilise avec succès depuis des années.

Les techniques de pêche ont évolué à un rythme infernal depuis ma jeunesse. À mes débuts, je pêchais avec une gaule de bois, un bout de fil à pêche, un plomb, un hameçon et un ver de terre. En ruisseau sur la Côte-Nord ou en Gaspésie, ça faisait le travail. Rapidement, j'ai économisé des sous pour acheter une canne en fibre de verre avec un petit moulinet à bouton. C'était le gros luxe. Aujourd'hui, un pêcheur débutant se retrouve devant toute une panoplie de cossins et de gadgets dont la vente est moussée par des campagnes de marketing très efficaces auxquelles participent malheureusement à notre insu un bon nombre de magazines de pêche. Si vous désirez vous compliquer la vie en suivant leurs « conseils », vous pourriez vous monter un équipement de pêche qui va remplir un garage double. Je ne dis pas que ces produits sont tous inefficaces. Je dis seulement que la pêche peut-être simple si l'on veut qu'elle le soit.

La simplicité volontaire en matière de gréement de pêche est excellente pour notre budget et cela nous évite bien des mots de tête. Entre vous et moi, j'ai déjà été pris plus d'une fois par des folies compulsives d'acquisition d'équipement. J'étais une victime innocente du marketing, surtout pendant l'hiver, alors que l'achat d'agrès remédie à notre incapacité à pêcher en eau libre avant des mois. Maintenant je me soigne, mon traitement est simple et efficace. Je m'alloue un modeste budget pour le nouveau matériel et j'utilise tout ce que j'épargne pour réserver des séjours dans de bonnes destinations de pêche, principalement en réserves fauniques! De toute façon, 95 % de l'attirail que j'ai acquis au fil des années ne me sert jamais à rien!

(suite à venir)

Commentaires

Nous avons bien du plaisir à vous lire M.Lefrancois. Vos explications et vos histoires sont fort agréables.

Cordialement

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