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L’art de la promotion déguisée en chronique

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Promis, je ne nommerai pas le nom du chroniqueur professionnel de pêche qui signe l’article sur lequel je blogue aujourd’hui. Cela n’a pas d’importance. L’important c’est de constater que le roi de la promotion dans le domaine de la pêche au Québec n’a pas perdu la main pour vous recommander les produits de ses nombreux commanditaires sans que vous le sachiez…

Follow the money

Ce monsieur possède son propre site web dans lequel une page est consacrée à ses partenaires officiels. En d’autres mots, à ses commanditaires. Je me suis amusé à surligner dans un de ses derniers textes toutes les mentions à des produits. Les points d’interrogation sur mes photos font référence à des objets qui ne semblent pas être commercialisés par ses commanditaires. Les signes de $, eux, font référence à des produits vendus par l’un de ses « partenaires » officiels. Le texte fait trois pages et la première inclut une photo de l’auteur. Il porte évidemment des vêtements identifiés à l’un de ses commanditaires.


Où est le problème?

Eh bien! cet auteur signe ses textes et ses photos sans mentionner qu’ils constituent trop souvent de véritables publireportages. Le magazine qui le publie ne fait aucune différence entre cette promotion et le véritable contenu rédactionnel. Les lecteurs sont donc victimes de campagnes de publicité déguisées en chroniques sur du nouvel équipement.

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Des questions sans réponses

J’aimerais bien savoir où est l’avantage pour l’éditeur d’un magazine de laisser un auteur mentionner dans ses textes toute une gamme de produits de ses commanditaires. Est-ce que le placement de produits est une source de revenus pour le magazine? L’année dernière, un reportage sur les downrigger du même auteur ne mentionnait que les produits de l’un de ses commanditaires. Pour l’auteur, l’avantage est évident. Mais pour le magazine? Est ce que le magazine paie l’auteur un tarif inférieur parce que le texte inclut de la publicité déguisée? Est-ce que le magazine peut vendre plus aisément aux commanditaires « plogués » par le chroniqueur un espace publicitaire? D’ailleurs dans l’exemple que j’ai pris, une page du texte inclut une publicité d’un produit d’une compagnie mère d’un commanditaire de l’auteur. Et comme je ne crois pas au hasard. Si quelqu’un, quelques parts peut m’éclairer là-dessus, faite moi signe de vie s.v.p.…

J’ai déjà fait une plainte au Conseil de presse contre cet auteur et ce magazine au sujet du manque d’indépendance entre l’information et la publicité, des conflits d’intérêts et de la non-identification de publireportages. Ils ont été blâmés, mais le Conseil de presse n’est qu’un tribunal d’honneur sans véritable pouvoir. De toute évidence, les affaires continuent comme si de rien n’était. Et j’imagine que plusieurs chroniqueurs opérant dans nos différents médias qui traitent de la pêche opèrent de la même manière.

Notez bien que tout ce beau monde ne fait rien d’illégal. On parle tout simplement d’un manque flagrant d’éthique journalistique. Je vous invite tout simplement à lire entre les lignes et à vous demander si vous avez vraiment envie d’acheter des produits « plogués » par un auteur qui nage en pleins conflits d’intérêts! Un conseil pour 2009, vos coffres de pêches sont déjà bien assez pleins. Achetez plutôt des gâteries à votre blonde afin qu’elle ait envie de vous laisser partir à la pêche plus souvent!

Au plaisir de vous lire

David Lefrançois

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