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mars 24, 2009

La SÉPAQ aurait modifié le mode d’annulation de la pêche à la journée

Jusqu’à tout récemment, les annulations pour la pêche à la journée étaient faites en temps réel par les préposés du service des ventes et des réservations. Nous pouvions donc dire à un copain que nous avions libéré un lac et celui-ci pouvait tenter de réserver le plan d’eau en question. Cet après-midi j’ai annulé une sortie dans la Mastigouche parce que je serai finalement en vacances annuelles au moment de la réservation. Un copain a tenté sans succès de mettre la main sur ma réservation. Ce soir un préposé nous apprenait que maintenant les annulations se feraient par un autre employé dans les 24 heures suivant l’annulation.

Évidemment, cette nouvelle façon de faire ne nous permettra plus de donner une longueur d’avance à un copain en lui disant quand nous annulerons une réservation. Mais d’un autre côté, si cette méthode est adoptée à l’avenir par la SÉPAQ, la vente d’une pêche à la journée avec profit par un pêcheur peu scrupuleux sera impossible à moins que le bougon se transforme en guide illégal…

Au plaisir de lire vos commentaires

David Lefrançois
www.peche-reportage.com

mars 20, 2009

Une nouvelle route vers les Monts Otish

Bonjour

C'était dans l'air depuis quelques années. Le développement minier et la création prochaine du parc national Albanel-Témiscamie-Otish imposaient le prolongement de la route 167 au nord du lac Albanel. Le budget de Monique Jérôme-Forget présenté hier confirme le tout:

" Construction d’une route vers les monts Otish

Le budget 2009-2010 annonce la construction de la route vers les monts Otish.
Les coûts de construction de ce nouvel axe routier, reliant Chibougamau aux
monts Otish, sont évalués à 260 millions"

source: http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/Budget/2009-2010/fr/documents/pdf/RenseignementsAdd.pdf

Les travaux devraient débutés bientôt. J'espère qu'on embauchera quelques agents de la faune supplémentaires à Chibougamau pour protéger les territoires qui seront bientôt accessibles par cette route...

David Lefrançois
www.peche-reportage.com

mars 18, 2009

Show de pêche: Chasse et Pêche Max

Revue de presse

Mieux vaut tard que jamais. Cette année, j'avais remarqué de nouveaux visages dans les tournages sur le terrain présentés à Chasse et Pêche Max. En effet, en plus de Jean Pagé, on a pu voir aussi l'ancien guide de pêche Yves Laroche et deux autres co-animateurs.

En surfant sur le web j'ai trouvé un article de Rémi Tremblay qui explique la présence de M. Laroche dans cette émission de RDS.

à lire pour en savoir plus sur Chasse et Pêche Max: article de l'Écho de Frontenac

David Lefrançois
www.peche-reportage.com

mars 13, 2009

Rivières vierges: une espèce menacée

Un article de Louis-Gilles Francoeur à lire dans le quotidien Le Devoir

Voilà un journaliste qui n'a pas peur d'attaquer des idées reçues et de nous faire réfléchir sur la situation des rivières québécoises. Les chroniqueurs de pêche préfèrent trop souvent regarder ailleurs afin de voir leur magazine publier des pages de publicités d'Hydro-Québec...

à lire pour les vrais amateurs de pêche en rivières

David Lefrançois
www.peche-reportage.com

mars 11, 2009

Conseils pratiques pour la pêche à la mouchetée (fin)

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Retour à notre sortie au lac Arvisais, après quelques prises, une fois que le vent s'est mis de la partie et que des vaguelettes ont brisé la surface de l'eau, il était laborieux de repérer les truites à vue d’œil. Où étaient les truites actives par cette journée ensoleillée? Je croyais qu'elles étaient dans le fond, à l'ombre. J'ai donc pêché dans des zones où la profondeur variait entre 20 et 40 pieds. Avec plus ou moins de succès! La théorie est parfois parfaite, mais la pêche c'est la pêche. Ma blonde contrairement à moi à de bons yeux. Elle a remarqué que des truites sautaient non loin de la rive, du côté sud, en plein soleil. Elle voulait absolument aller pêcher là-bas. J’estimais qu'on prendrait des truitelles à cet endroit tout près du bord. Pour lui faire plaisir, j'ai dirigé la chaloupe vers ce secteur du lac. En approchant, nous avons vu une structure intéressante sur le rivage. Elle a lancé son montage près d'une touffe d'arbres tombés à l'eau. Et hop, une superbe truite...

De la chance me suis-je dit? J'ai tenté d'aller dans un « meilleur coin » plus loin de la rive... Madame n'a pas voulu y pêcher très longtemps. Pour lui faire plaisir, je suis retourné au site précédent. Vlan une deuxième belle truite! Madame souhaitait s'ancrer à cet endroit. Et bien j'ai fini par dire oui. C'est là qu'on a fait notre pêche! La plus grosse prise faisait 1.6 livre et c'est bien entendu madame qui l'a capturée. Autre conseil, pêcher à la traîne pour dénicher un secteur propice, ensuite n'hésiter pas à pêcher aux lancers pour profiter au maximum de l’emplacement où vous avez dégoté des truites en activité...

Deux grands conifères étaient tombés à l'eau. À la cime de ces arbres, il y avait au moins 25 pieds d'eau, abri et profondeur étaient au rendez-vous. Les ombles de fontaine étaient en chasse à l'ombre, à une température convenable pour leur métabolisme et surtout en bon nombre...

Il faut savoir s'adapter aux conditions présentes pour avoir du succès à la pêche. Et on doit aussi évidemment s'arranger pour que madame soit heureuse... Parfois, un emplacement qui vous paraît nul de loin, un secteur qui théoriquement devrait contenir juste des petites truites, peut vous surprendre!

Une fois que l'on a mis l'ancre, j'ai changé de technique. J'ai immédiatement utilisé ma deuxième canne montée avec ma recette gagnante de l'été 2008. Un flotteur coulissant... OK là j'en vois qui ricanent. Un flotteur! Ne soyez pas étonnés, la pêche avec des flottes ça marche en ta. Petite anecdote. La première fois que j'ai pêché avec mon beau-père, ma blonde complétait notre trio dans une minuscule chaloupe. Nous étions sur un étang au nord de La Tuque, près de Rapide-Blanc, qui offrait la possibilité de prendre quelques mouchetées au printemps. L'eau était glaciale. Nous n’avions eu aucune touche à la traîne. Après quelques passes sans résultat, j'ai sorti de mon coffre, un petit flotteur fixe. Ma blonde et mon beau-père se bidonnaient tous le deux. Ils ont arrêté de rire après ma deuxième prise en moins de deux minutes... L'eau étant très froide, je me suis dit que les truites se cachaient peut-être sous la végétation, des éricacées qui poussaient sur la rive. C'est là que je lançais mon montage avec pas mal de succès. C’était la première fois que je frustrais mon beau-père à la pêche. Je pense qu’il ne s’en est jamais remis…

Autre anecdote, j'adore pêcher le lac Brodeur dans le secteur Shawinigan de la réserve Mastigouche. Pendant notre dernier séjour, à la fin août 2008, des villégiateurs l'appelaient le lac Bredouille. Effectivement, ce lac est difficile à pêcher. Dave Boulet, l’ancien directeur de la réserve Mastigouche m’a décrit ce lac dans une entrevue il y a quelques années : « Le Brodeur c'est un lac qui donne du gros poisson, mais pas en énorme quantité si on regarde ça à l'hectare. C'est que c'est de la grosse truite qui est gavée. Elle est difficile à prendre. Quand tu en prends une, c'est de la belle. Le lac est riche en nourriture. »

Je ne suis pas biologiste mais je vais tenter des hypothèses pour expliquer pourquoi ce lac est si difficile à pêcher. Le lac Brodeur est très grand et il offre toute une panoplie de structures. L’eau est verdâtre et semble riche en matières nutritives. Certaines baies sont peu profondes et on peut y observer des batraciens et leurs têtards pendant l’été. Vous pourrez pêcher des fonds rocheux mais plus souvent sur des fonds mous où l’été une importante végétation aquatique complique la vie des pêcheurs tout en créant un habitat idéal pour tout une série d’invertébrés dont des insectes et des larves aquatiques. La variation de profondeur des rives vers le large, la pente, n’est pas très grande. Il y a donc une vaste partie de ce lac où la profondeur varie entre zéro et vingt pieds. La grande superficie de cette zone littorale où la lumière pénètre suffisamment pour permettre la croissance des plantes aquatiques favorisent à mon avis l’abondance de nourriture pour les ombles de fontaine. C’est dans cette couronne près des berges qu’on retrouve régulièrement les truites mouchetées pendant la saison de pêche. Et comme ces habitats sont de grande envergure, et bien il faut être souvent très patient pour faire contact avec une truite qui se montra intéressée par notre leurre!

Au printemps, la pêche est parfois très bonne sur le lac Brodeur, surtout avant l’émergence des insectes piqueurs. J’imagine qu’à cette époque de l’année, les ressources alimentaires sont moins accessibles. Il y a quelques années un copain a invité son frère pour compléter notre groupe. C’était un fanatique de pêche à la mouche et il désirait capturer des trophées si l’occasion se présentait. J'ai donc sélectionné pour eux le lac Brodeur. Le moucheur n'a rien pris. Mon ami avait capturé une ou deux petites truites avec une cuillère tournante suite à une longue journée sous une pluie froide. Le moucheur rouspétait un peu à son retour au chalet sur mon choix de lac...

J'avais eu la chance d'aller pêcher ce jour-là au lac aux Chantiers. Mes résultats avaient été pas mal supérieurs, au moins quatre ou cinq de nos prises pesaient d'une à une livre et demie. Une fois devant l’âtre du foyer, un verre à la main, le moucheur m’a questionné sur nos techniques. « J’ai péché avec un flotteur » lui répondis-je? Le puriste m'a fait un sermon. Selon lui ce n'était pas de la pêche. C'était une approche stupide, inintéressante, ennuyeuse, etc. Pauvre diable me suis-je dit, j'aime mieux utiliser une méthode qui marche que pêcher avec des nymphes ou des streamers sans aucun succès. Et en plus, les flotteurs d'aujourd'hui ne sont plus comme les grosses boules rouges et blanches de ma jeunesse. Il y a en de toutes les sortes pour différentes conditions. Je ne fais vraiment pas bon ménage avec les pêcheurs à la mouche puristes qui lèvent le nez sur les autres techniques de pêche.

Je prends personnellement un plaisir fou à pêcher au flotteur et j'expérimente de plus en plus avec cet outil. Voyez-vous, lorsque vous pêchez aux lancers, votre leurre est dans la zone payante pendant quelques secondes. Si vous déterminez la profondeur où les ombles sont actifs et que vous installez un flotteur au-dessus de cette zone et bien, votre leurre peut toujours être au bon endroit. Avec un flotteur bien balancé, vous pourrez déceler à vue la moindre touche. Vous pouvez aussi avoir les mains libres... Dans mon cas, j'en profite souvent pour lire ou relaxer dans la chaloupe en gardant un œil sur mon flotteur. Vous pouvez engloutir un sandwich et boire une bière tout en pêchant. Seul défaut de cette technique, un flotteur combiné à un ver de terre est fréquemment mortel pour la truite. Elles avalent votre présentation dans le fond de la gorge la plupart du temps. C'est presque impossible de gracier nos prises. Mais cela ne me gène pas puisque je pêche afin de consomme mes captures et le jour où la remise à l'eau sera obligatoire et bien je changerai de technique ou peut-être même de sport!

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Retour à notre sortie au lac Arvisais. J'installe donc un flotteur, mais un modèle coulissant. Le montage est élémentaire. Vous mettez un stoppeur sur votre ligne. C'est souvent un simple morceau de fil formant un nœud enroulé sur un support de plastique. Vous enfilez votre fil dans le bout de plastique puis vous placer le stoppeur à l’endroit désiré sur votre ligne à pêche. Puis vous enlevez le bout de plastique qui retenait votre stoppeur. Après quoi vous insérez votre fil à pêche dans une petite bille trouée (une perle), vous passez ensuite votre fil dans le centre du flotteur coulissant et vous attachez un hameçon au bout. Il ne vous reste qu'à lester la partie entre le flotteur et l'hameçon avec quelques plombs fendus. Vous en placez suffisamment pour que votre flotteur tienne à peine à la surface de l'eau. La moindre touche sera ainsi détectée. Avec cette configuration, vous pouvez mettre votre « stop float » à la profondeur que vous voulez. Si le secteur payant est à 25 pieds, vous sortez 25 pieds de ligne et vous serrez le nœud de votre stoppeur sur le fil à pêche. Enfin de lancer plus aisément votre montage, vous n'avez qu'à couper les excédents de fils du stoppeur. Vous voilà prêt à vous amuser.

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Regarder les schémas que j'ai repiqués du site du fabricant des flotteurs Thill (Attention pause pub). Pourquoi est-ce que j'emploie des Thill? J’utilise des Thill parce que j'en trouve facilement sur le net. Peu de détaillants tiennent toute une panoplie de flotteurs en magasins. J'aime mieux les acheter sur la Toile. Je perds ainsi pas mal moins de temps. Je me sers de plusieurs types de flotteurs, dont un lumineux! C'est vraiment cool de pêcher le doré en pleine nuit avec un flotteur lumineux. Il fait complètement noir. Vous ne voyiez aisément que la petite lumière de votre flotteur et puis bang le halo rouge ou orangé s'engouffre dans l'eau...

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Lorsque la truite se nourrit à la surface, un flotteur fixe fait le boulot. J'aime bien les Thill River Master. Ils sont lourds et on peut les lancer assez loin sans craindre de perdre le ver à tous coups. Ces flotteurs sont de formes allongées et deux bagues en silicone servent à stopper votre offrande à la profondeur requise. C'est très simple à monter. Vous passez le fil dans un bout de tuyau de silicone, vous insérez le tout dans le haut du flotteur. Vous faites la même chose pour le bas mais vous ajustez la longueur de fil requise en aval du flotteur avant d'installer la rondelle de silicone du bas bloquant ainsi la profondeur de l'offrande. Un flotteur fixe est facile à lancer si vous le montez pour pêcher à une profondeur moindre que la longueur de votre canne. Pour « balancer » votre flotteur, vous mettez tout simplement quelques plombs fendus entre le flotteur et l'hameçon. Bingo.

Retour au lac Arvisais. Ma blonde était d'humeur généreuse. Elle m'a laissé prendre quelques truites au flotteur qu'elle s'empressait d'éviscérer. Afin de conserver nos truites, on s'arrange pour les ensacher dans la glacière prêtes à être consommées le plus rapidement possible. J'utilisais un flotteur coulissant. J'ai ajusté ma profondeur à 22 pieds environ et je l'ai lancé près de l'arbre tombé à l'eau. Tranquillement, le ver de terre descend vers le fond à cause des plombs fendus. Une fois arrivé à 22 pieds, le stoppeur (le nœud) se bloque sur la bille et met ainsi fin à la descente de l’appât. Celui-ci demeurera maintenant dans la zone convoitée. Cela n'a pas été long. Mon flotteur a pris le bord du fond! Parfois lorsque les truites s'enfuient à l'horizontale avec le ver, le flotteur part à la dérive. Plus la vitesse de déplacement, à l'horizontale ou à la verticale, est grande, plus grosse est la prise en général.

Nous avons ainsi capturé en pêchant à tour de rôle dans le même secteur le reste de notre quota. Ma conjointe en laissant descendre son leurre au fond avant de ramener son offrande et moi au flotteur coulissant. L'avantage du flotteur, c'est que tout le monde dans le bateau peut observer les touches. On a l'impression de pêcher en équipe!

Le lendemain nous sommes allés pêcher sur le lac Brodeur que personne ne voulait choisir. Eh non, nous ne sommes pas revenus bredouilles. Ma blonde a capturé deux belles truites avec la même technique en moins de deux heures. Nous sommes sortis tard pour pêcher à la tombée du jour. J'avais ancré notre chaloupe à l'ombre derrière une pointe où la profondeur variait entre 20 et 30 pieds. Mon flotteur n'a pas fait mouche. Nous avions mangé seulement deux prises le soir précédent. Notre quota fut donc complété de nouveau par madame. Je vais probablement en entendre parler longtemps...

Le dimanche soir nous avons obtenu le troisième choix et nous avons sélectionné le deuxième lac vedette : le Bec-Scie. Mais nous n'avons pas pris une truite. J'en ai échappé une en pêchant à la traîne avec un flotteur. Les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas. De toute façon, nous n'avions qu'une truite à prendre pour finir notre quota. « Remise à l'eau à distance », me suis-je dit... Mon but était bien plus d'explorer ce lac que je n'avais jamais pêché. Eh oui! on peut aussi pêcher avec un flotteur à la traîne. C'est très utile lorsque vous ramez et que vous ne voulez pas vous accrocher au fond...

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Voilà vous connaissez maintenant la technique secrète pour la pêche à la mouchetée que j'ai expérimentée en 2008. N'hésitez pas à vous acheter des flotteurs en 2009. Gros avantage, à moins de pêcher en rivière, c'est impossible de perdre un flotteur!


Au plaisir de lire vos commentaires

mars 01, 2009

Les deux côtés de la médaille : pêche dans le secteur Shawinigan de la réserve Mastigouche.

Bonjour à tous

J’ai acheté le mois dernier un magazine qui présente plusieurs destinations de pêche au Québec. Quand le thermomètre descend sous les moins 10 degrés Celsius et que l’on ne voit pas arriver la fin de l’hiver, un peu de lecture sur notre sport favori nous fait le plus grand bien. J’aimerais vous faire part de certaines idées que la lecture d’un reportage publié sur le secteur Shawinigan de la réserve Mastigouche m’a inspirées. Je préfère ne pas mentionner le nom de l’auteur ni la revue qui publie cet « article ».

Je ne serai jamais capable de travailler dans le milieu des médias qui traitent de la chasse et de la pêche de façon professionnel au Québec. Je n’ai pas la chance de pouvoir écrire avec style et efficacité. Je n’ai pas le talent pour faire passer mes émotions dans un texte. J’ai reçu parfois des commentaires qui m’accusent d’être envieux, voir frustré face aux pros qui font des voyages de pêche extraordinaires tout en étant payés pour le faire. On a raison sur un point. Je suis effectivement très frustré! Frustré de voir si souvent des facettes de la réalité passées sous silence. J’ai donc décidé de lever le voile sur certains faits que cet auteur n’a pas jugés intéressants d’aborder dans son « reportage ».

Primo, en ces temps difficiles, parlons d’argent. Lorsque je paie 8.98 $ pour acheter un magazine, j’aimerais pouvoir trouver aisément le prix d’un voyage de pêche présenté dans les destinations couvertes par les chroniqueurs. Nous nous posons tous cette question: ai-je les moyens financiers pour pêcher un jour à cet endroit? Un séjour de pêche dans la réserve Mastigouche, ce n’est pas gratuit. En 2009, un week-end de trois jours en hébergement en plan européen là-bas me coûtera 282,17 $ par personne. Ces frais incluent le chalet, les droits de pêche et une chaloupe par 2 pêcheurs. Vous devrez en plus planifier un budget pour la location d’un moteur, le transport, la nourriture, l’alcool et le matériel de pêche. Puisqu’on pêche rarement en face du chalet dans cette réserve, je vous recommande un véhicule par deux pêcheurs. Vous devrez parfois rouler une centaine de kilomètres aller-retour pour aller pêcher certains lacs.

La réserve Mastigouche compte près de 417 lacs. La plupart des chroniqueurs mentionnent ce chiffre dans leur article. Les lecteurs ont ainsi l’impression que plusieurs d’entre eux sont laissés au repos pour permettre une meilleure qualité de pêche. Rarement, un chroniqueur vous mentionnera qu’une centaine des lacs de la Mastigouche sont considérés comme « peu ou pas productifs » par le Ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Ces lacs ne peuvent pas soutenir une pression de pêche sportive pour différentes raisons : absence d’espèces sportives, pH acide, faible profondeur, taux d’oxygène disponible trop bas, faible superficie, etc. En 2009, le plan de pêche offre 303 lacs dans cette réserve faunique, 125 d’entre eux sont disponibles pour la pêche quotidienne. La Mastigouche est une bonne destination pour taquiner la mouchetée. C’est un fait. Est-ce bien le cas pour la mouchetée indigène? Suite à plusieurs demandes d’accès à l’information auprès du MRNF, j’ai obtenu des données dignes d'intérêt.

On a ensemencé de l’omble de fontaine dans 153 lacs de la réserve faunique Mastigouche depuis sa création en 1971. Et du lot, 97 l’ont été avec des souches NON INDIGÈNES. Seulement en 2008, la réserve Mastigouche a ensemencé 34 lacs. Deux d’entre eux l’ont été avec de la mouchetée d’une lignée indigène uniquement : les lacs Provision et Pimbina. Et ces deux lacs avaient déjà été ensemencés avec des lignées non indigènes dans le passé. Alors, s.v.p. ne me parlez pas du meilleur endroit pour taquiner la mouchetée indigène à moins de 200 km de Montréal. Je mets au défi les pêcheurs qui fréquentent la Mastigouche de savoir si leurs lacs favoris ont été ensemencés ou non uniquement avec des souches indigènes... Une chose est certaine, personne ne s’est jamais vanté des données d’ensemencement d'ombles de fontaine que j’ai obtenu du MRNF. Pourquoi? Tout simplement parce que l'adjectif indigène couplé à omble de fontaine: c'est vendeur. Les pêcheurs désirent capturer des truites indigènes. Alors on leur laisse croire qu'ils en prennent partout. Vous l'avez cru, j'y croyiais aussi dur comme fer, j'Ignorais qu'autant de lacs de la Mastigouche avait été ensemencés avec des lignées non indigène avant de mettre la main sur ces statistiques.

L’auteur de l’article qui m’a inspiré ce texte cite un cadre de la SÉPAQ au sujet du système de réservation 4 mois à l’avance pour la pêche à la journée via internet mis en place en 2008 : « On a dû faire face à une explosion de demandes. Les correctifs ont été apportés et la clientèle en général est très satisfaite de cette nouvelle façon de faire. » J’imagine que ce cadre vendredi dernier devait être stupéfait de constater que les réservations par internet ont été impossibles le jour de l’ouverture du lac au Sorcier, le lac le plus populaire de la réserve faunique Mastigouche. La SÉPAQ a de toute évidence de nouveau sous-estimé l’ampleur de la popularité de la pêche à la journée. Jamais deux sans trois dit le dicton. Peut-être qu’en 2011 on pourra vraiment se fier au site internet de la SÉPAQ pour réserver un lac le jour de l’ouverture du lac au Sorcier.

Vendredi le 27 février 2009, le système de réservation via internet de la SÉPAQ a carrément planté. Les internautes ont été incapables de compléter leur demande au démarrage du système à 8 h 30. J’avais mis la main sur le lac à la Belette le 27 juin 2009. Mais ma transaction n’a pas pu être conclue en ligne. Un copain internaute a eu la chance d’obtenir l’une des cinq chaloupes du lac Sorcier par internet. Mais lui non plus n’a pas pu finaliser sa réservation. Pourtant, ces deux transactions avaient été autorisées sur nos cartes de crédit respectives. Selon une préposée du service des réservations de la SÉPAQ, personne n’a pu faire de réservation par internet ce matin-là. Je suis convaincu que de façon générale, le 27 février 2009, aucun internaute n’était satisfait de la performance du site web de la SÉPAQ… Qui aime bien châtie bien, la situation s’est grandement améliorée depuis 2008. Mais tout n’est pas parfait, loin de là!

L’auteur nous apprend dans son article qu’il a fait « une bonne pêche sans être miraculeuse » dans le secteur Shawinigan du 9 au 11 juin 2008. Pourtant, l’auteur nous mentionne avoir pêché sur le lac du Busard: un lac vedette dans ce secteur. C’est intéressant de voir éclore un peu d’esprit critique dans ce « reportage ». Les amateurs qui connaissent bien la Mastigouche voient assurément venir ma pointe de frustration. Dans cet article, fort bien écrit par ailleurs, l’auteur ne mentionne pas une seule fois que dans plusieurs secteurs de la Mastigouche, il faut participer à un tirage au sort chaque soir, qui détermine le lac où vous pêcherez le lendemain. Où avais-je la tête, l’auteur n’a pas eu à participer à ce tirage au sort. C’est probablement la raison qui explique cette omission... Il était accompagné par un cadre de la SÉPAQ. Il était en reportage pour un magazine. Ces gens-là n’ont pas le temps de participer au tirage au sort. Ils ont tout simplement fait ouvrir l’un des meilleurs lacs du secteur Shawinigan. C’est tellement plus simple et efficace pour mieux faire connaître les forfaits offerts par la SÉPAQ dans la réserve Mastigouche. Le lac du Busard n’est pas ouvert en juin. Il est disponible uniquement à la fin août pour les citoyens ordinaires comme vous et moi! Nous, si nous pêchions le lac du Busard en juin, nous serions accusés de braconnage. J’ai réservé un séjour dans le secteur Shawinigan du 22 au 25 août 2008 dans l’espoir de pêcher ce lac pour la première fois. Et lors de mon passage, le lac du Busard n’avait toujours pas été ouvert au public en 2008! Meilleure chance la prochaine fois.

Pour ceux qui ne connaissent pas le « Bingo-Sépaq » de la réserve Mastigouche, voici comment il fonctionne généralement. Dans la plupart des secteurs d’hébergement, à 21 h un représentant par chalet est invité à participer à un tirage au sort. Si votre chalet est occupé par 4 pêcheurs. Vous aurez droit à deux boules dans le boulier. Exemple : 6 A & 6 B. Le chiffre 6 représente le chalet #six. La lettre A, un équipage d’un à trois pêcheurs dont les noms sont confirmés avant le tirage par le chef de groupe. À pleine capacité le secteur Shawinigan peut accueillir 44 pêcheurs au total dans ses six chalets. Donc, un total de 22 boules peuvent se retrouver dans le boulier du gardien de territoire. Si tous les chalets sont occupés, c’est souvent le cas dans la réserve Mastigouche qui a un taux d’occupation très élevé, vous auriez donc 1 chance sur 22 d’obtenir le premier choix. Si vous préférez, vous auriez 4,5 % de chance de choisir un lac en premier…

C’est un petit détail qu’il vaut mieux connaître pour éviter des frustrations une fois sur place! Évidemment, si vous avez la chance d’être un chroniqueur de pêche professionnel, ce petit détail n’a aucune importance pour vous. Vous irez pêcher là où le cadre de la SÉPAQ qui vous accompagne jugera bon d’avoir une chaloupe à sa disposition. L’auteur nous précise que « l’important c’est de se retrouver en pleine nature… » Quant à moi, je vous dirais que l’important pour les chroniqueurs professionnels, c’est de pêcher où ils auront la chance de prendre de belles truites dodues pour illustrer avec de magnifiques photographies leur publireportage. Pardon, je suis irrespecteux: leur reportage… Un de ces jours, je vous le promets, je ferai une demande d’accès à l’information pour vérifier si les cadres de la SÉPAQ ont vraiment tous les droits en matière de relation publique et de publicité.

Lors de mon passage dans le secteur Shawinigan en 2008, le gardien du secteur pratiquait un système de lac vedette. Ça non plus ce n’est pas mentionné nulle part dans l’article publié dans ce magazine en février. Les lacs Arvisais et Bec-Scie étaient considérés comme lac vedette lors de mon séjour. Ça signifie que je n’aurais pas pu pêcher deux fois sur le lac Arvisais si j’avais été tiré deux fois au premier rang. Parfois lors de séjour avec la SÉPAQ, c’est l’ensemble des villégiateurs occupant un chalet qui ne peuvent pas pêcher deux fois sur le même lac vedette. Quand vous faites partie d’un groupe de 6 à 12 pêcheurs, c’est une nuance importante. Demandez toujours au gardien de préciser comment il applique son système de lac vedette AVANT le premier tirage…

L’auteur dans cet article recommande plusieurs lacs de la réserve Mastigouche : de la Panse, Chériore, Arvisais, Effilé, Brodeur, Bec-Scie et aux Chantiers. Du lot, seuls le lac Bec-Scie et l’Effilé n’ont jamais été ensemencés. Et parmi les lacs ensemencés, seul le lac Arvisais l’a été avec des ombles de fontaine d’une lignée indigène uniquement… Étonnamment, le chroniqueur professionnel ne recommande pas le lac du Busard! Pourtant, ses statistiques sont enviables : 5,65 prises par pêcheur, moyenne de poids par omble de fontaine de 312 grammes. Un autre oubli de sa part j’imagine. Vous avez envie de pêcher ce lac en 2009. Bonne chance. Le plan de pêche identifie deux types de lacs dans les secteurs d’hébergement. Ceux qui sont ouverts à l’ouverture et les lacs de remplacement. Une fois que le quota annuel en kilogramme d’un lac est atteint, la réserve faunique le ferme et ouvre le premier lac de remplacement dans la liste. Le lac du Busard, l’Effilé et le Bec-Scie sont des lacs de remplacement. C’est impossible de savoir exactement quand ils seront ouverts. Vous devez jouer de chance et réserver votre séjour en souhaitant que le lac que vous désirez pêcher soit ouvert pendant votre passage là-bas. Et une fois sur place, vous aurez peut-être chaque soir 1 chance sur 22 d’obtenir le lac de vos rêves si le secteur est bondé…

J’ai un gros problème avec la recommandation du lac aux Chantiers . Entre vous et moi si vous avez l’opportunité de pêcher dans le secteur Shawinigan en 2009, ne gaspillez pas votre premier choix au tirage au sort sur le lac aux Chantiers. Ce lac a des problèmes. Tellement que je prépare un long reportage centré sur ce lac pour www.peche-reportage.com. Voici quelques chiffres qui devraient me permettre de vous convaincre rapidement : le quota annuel de ce lac en 2008 était de 70 kilos. Le lac aux Chantiers a été offert dès l’ouverture, et ce, pour toute la saison 2008 puisque son quota annuel n’a pas été atteint. Au total, 51,10 kg ont été capturés en 2008 sur ce lac suite à un effort de pêche de 91 jours/pêcheur! En 2006, le quota annuel était aussi de 70 kilos, il a été dépassé en 51 jours/pêche. Je crois pouvoir me permettre d’écrire que les statistiques de ce lac sont en chute libre. Le succès moyen était de 3,52 prises en 2008, versus 5,14 en 2006. Et le poids moyen était de 160 grammes en 2008 versus 286 grammes en 2006. À votre avis, pourquoi recommande-t-on de pêcher ce lac dans cet article???

Votre hypothèse est aussi bonne que la mienne. Dans mon cas, je pense qu’on s’est malheureusement fié à la réputation passée du lac aux Chantiers. Évidemment, cela permettra à la réserve faunique Mastigouche de tirer un peu plus d’argent de la réputation surfaite de ce plan d’eau… Je souhaite vraiment me tromper. J’ai fait de magnifiques pêches sur le lac aux Chantiers. Mais mon instinct me dit que les statistiques de ce lac vont être pires en 2009 que l’année dernière…

Après la lecture de ce « reportage », j’ai senti le besoin de vous donner l’heure juste sur différents points que l’auteur n’a pas jugé intéressant d’aborder. Pour les braves qui m’ont lu jusqu’à la fin, je vais vous révéler un secret. Je vais ouvrir ma saison de pêche en eau libre justement dans le secteur Shawinigan cette année. J’adore pêcher là-bas, tout particulièrement sur le lac Bredouille, pardon le lac Brodeur où la pêche peut être très difficile, mais qui parfois offre une qualité de capture intéressante. Allez voir les statistiques de ce lac et vous comprendrez que lorsqu’on y fait son quota, on a raison d’être fier. Ça arrive très rarement. Il faut être là-bas alors que la température de l’eau est à la hausse, mais juste avant la sortie en masse des insectes piqueurs. La pêche est bonne où vous voyiez des hirondelles se nourrir à la surface du lac…

C’est ça la pêche. Rien n’est garanti. Mais je déteste les gens qui voient la vie avec des lunettes roses. Si j’ai décidé de retourner pêcher dans la Mastigouche, c’est parce que je connais bien les avantages et les inconvénients de cette destination. Vous voilà maintenant mieux informés des mauvais côtés du secteur Shawinigan! Vous connaissez maintenant vous aussi l’autre côté de la médaille…


David Lefrançois
www.peche-reportage.com