« Les deux côtés de la médaille : pêche dans le secteur Shawinigan de la réserve Mastigouche. | Accueil | Rivières vierges: une espèce menacée »

Conseils pratiques pour la pêche à la mouchetée (fin)

spot_arvisais.jpg

Retour à notre sortie au lac Arvisais, après quelques prises, une fois que le vent s'est mis de la partie et que des vaguelettes ont brisé la surface de l'eau, il était laborieux de repérer les truites à vue d’œil. Où étaient les truites actives par cette journée ensoleillée? Je croyais qu'elles étaient dans le fond, à l'ombre. J'ai donc pêché dans des zones où la profondeur variait entre 20 et 40 pieds. Avec plus ou moins de succès! La théorie est parfois parfaite, mais la pêche c'est la pêche. Ma blonde contrairement à moi à de bons yeux. Elle a remarqué que des truites sautaient non loin de la rive, du côté sud, en plein soleil. Elle voulait absolument aller pêcher là-bas. J’estimais qu'on prendrait des truitelles à cet endroit tout près du bord. Pour lui faire plaisir, j'ai dirigé la chaloupe vers ce secteur du lac. En approchant, nous avons vu une structure intéressante sur le rivage. Elle a lancé son montage près d'une touffe d'arbres tombés à l'eau. Et hop, une superbe truite...

De la chance me suis-je dit? J'ai tenté d'aller dans un « meilleur coin » plus loin de la rive... Madame n'a pas voulu y pêcher très longtemps. Pour lui faire plaisir, je suis retourné au site précédent. Vlan une deuxième belle truite! Madame souhaitait s'ancrer à cet endroit. Et bien j'ai fini par dire oui. C'est là qu'on a fait notre pêche! La plus grosse prise faisait 1.6 livre et c'est bien entendu madame qui l'a capturée. Autre conseil, pêcher à la traîne pour dénicher un secteur propice, ensuite n'hésiter pas à pêcher aux lancers pour profiter au maximum de l’emplacement où vous avez dégoté des truites en activité...

Deux grands conifères étaient tombés à l'eau. À la cime de ces arbres, il y avait au moins 25 pieds d'eau, abri et profondeur étaient au rendez-vous. Les ombles de fontaine étaient en chasse à l'ombre, à une température convenable pour leur métabolisme et surtout en bon nombre...

Il faut savoir s'adapter aux conditions présentes pour avoir du succès à la pêche. Et on doit aussi évidemment s'arranger pour que madame soit heureuse... Parfois, un emplacement qui vous paraît nul de loin, un secteur qui théoriquement devrait contenir juste des petites truites, peut vous surprendre!

Une fois que l'on a mis l'ancre, j'ai changé de technique. J'ai immédiatement utilisé ma deuxième canne montée avec ma recette gagnante de l'été 2008. Un flotteur coulissant... OK là j'en vois qui ricanent. Un flotteur! Ne soyez pas étonnés, la pêche avec des flottes ça marche en ta. Petite anecdote. La première fois que j'ai pêché avec mon beau-père, ma blonde complétait notre trio dans une minuscule chaloupe. Nous étions sur un étang au nord de La Tuque, près de Rapide-Blanc, qui offrait la possibilité de prendre quelques mouchetées au printemps. L'eau était glaciale. Nous n’avions eu aucune touche à la traîne. Après quelques passes sans résultat, j'ai sorti de mon coffre, un petit flotteur fixe. Ma blonde et mon beau-père se bidonnaient tous le deux. Ils ont arrêté de rire après ma deuxième prise en moins de deux minutes... L'eau étant très froide, je me suis dit que les truites se cachaient peut-être sous la végétation, des éricacées qui poussaient sur la rive. C'est là que je lançais mon montage avec pas mal de succès. C’était la première fois que je frustrais mon beau-père à la pêche. Je pense qu’il ne s’en est jamais remis…

Autre anecdote, j'adore pêcher le lac Brodeur dans le secteur Shawinigan de la réserve Mastigouche. Pendant notre dernier séjour, à la fin août 2008, des villégiateurs l'appelaient le lac Bredouille. Effectivement, ce lac est difficile à pêcher. Dave Boulet, l’ancien directeur de la réserve Mastigouche m’a décrit ce lac dans une entrevue il y a quelques années : « Le Brodeur c'est un lac qui donne du gros poisson, mais pas en énorme quantité si on regarde ça à l'hectare. C'est que c'est de la grosse truite qui est gavée. Elle est difficile à prendre. Quand tu en prends une, c'est de la belle. Le lac est riche en nourriture. »

Je ne suis pas biologiste mais je vais tenter des hypothèses pour expliquer pourquoi ce lac est si difficile à pêcher. Le lac Brodeur est très grand et il offre toute une panoplie de structures. L’eau est verdâtre et semble riche en matières nutritives. Certaines baies sont peu profondes et on peut y observer des batraciens et leurs têtards pendant l’été. Vous pourrez pêcher des fonds rocheux mais plus souvent sur des fonds mous où l’été une importante végétation aquatique complique la vie des pêcheurs tout en créant un habitat idéal pour tout une série d’invertébrés dont des insectes et des larves aquatiques. La variation de profondeur des rives vers le large, la pente, n’est pas très grande. Il y a donc une vaste partie de ce lac où la profondeur varie entre zéro et vingt pieds. La grande superficie de cette zone littorale où la lumière pénètre suffisamment pour permettre la croissance des plantes aquatiques favorisent à mon avis l’abondance de nourriture pour les ombles de fontaine. C’est dans cette couronne près des berges qu’on retrouve régulièrement les truites mouchetées pendant la saison de pêche. Et comme ces habitats sont de grande envergure, et bien il faut être souvent très patient pour faire contact avec une truite qui se montra intéressée par notre leurre!

Au printemps, la pêche est parfois très bonne sur le lac Brodeur, surtout avant l’émergence des insectes piqueurs. J’imagine qu’à cette époque de l’année, les ressources alimentaires sont moins accessibles. Il y a quelques années un copain a invité son frère pour compléter notre groupe. C’était un fanatique de pêche à la mouche et il désirait capturer des trophées si l’occasion se présentait. J'ai donc sélectionné pour eux le lac Brodeur. Le moucheur n'a rien pris. Mon ami avait capturé une ou deux petites truites avec une cuillère tournante suite à une longue journée sous une pluie froide. Le moucheur rouspétait un peu à son retour au chalet sur mon choix de lac...

J'avais eu la chance d'aller pêcher ce jour-là au lac aux Chantiers. Mes résultats avaient été pas mal supérieurs, au moins quatre ou cinq de nos prises pesaient d'une à une livre et demie. Une fois devant l’âtre du foyer, un verre à la main, le moucheur m’a questionné sur nos techniques. « J’ai péché avec un flotteur » lui répondis-je? Le puriste m'a fait un sermon. Selon lui ce n'était pas de la pêche. C'était une approche stupide, inintéressante, ennuyeuse, etc. Pauvre diable me suis-je dit, j'aime mieux utiliser une méthode qui marche que pêcher avec des nymphes ou des streamers sans aucun succès. Et en plus, les flotteurs d'aujourd'hui ne sont plus comme les grosses boules rouges et blanches de ma jeunesse. Il y a en de toutes les sortes pour différentes conditions. Je ne fais vraiment pas bon ménage avec les pêcheurs à la mouche puristes qui lèvent le nez sur les autres techniques de pêche.

Je prends personnellement un plaisir fou à pêcher au flotteur et j'expérimente de plus en plus avec cet outil. Voyez-vous, lorsque vous pêchez aux lancers, votre leurre est dans la zone payante pendant quelques secondes. Si vous déterminez la profondeur où les ombles sont actifs et que vous installez un flotteur au-dessus de cette zone et bien, votre leurre peut toujours être au bon endroit. Avec un flotteur bien balancé, vous pourrez déceler à vue la moindre touche. Vous pouvez aussi avoir les mains libres... Dans mon cas, j'en profite souvent pour lire ou relaxer dans la chaloupe en gardant un œil sur mon flotteur. Vous pouvez engloutir un sandwich et boire une bière tout en pêchant. Seul défaut de cette technique, un flotteur combiné à un ver de terre est fréquemment mortel pour la truite. Elles avalent votre présentation dans le fond de la gorge la plupart du temps. C'est presque impossible de gracier nos prises. Mais cela ne me gène pas puisque je pêche afin de consomme mes captures et le jour où la remise à l'eau sera obligatoire et bien je changerai de technique ou peut-être même de sport!

IMGP0356_300_225.jpg

Retour à notre sortie au lac Arvisais. J'installe donc un flotteur, mais un modèle coulissant. Le montage est élémentaire. Vous mettez un stoppeur sur votre ligne. C'est souvent un simple morceau de fil formant un nœud enroulé sur un support de plastique. Vous enfilez votre fil dans le bout de plastique puis vous placer le stoppeur à l’endroit désiré sur votre ligne à pêche. Puis vous enlevez le bout de plastique qui retenait votre stoppeur. Après quoi vous insérez votre fil à pêche dans une petite bille trouée (une perle), vous passez ensuite votre fil dans le centre du flotteur coulissant et vous attachez un hameçon au bout. Il ne vous reste qu'à lester la partie entre le flotteur et l'hameçon avec quelques plombs fendus. Vous en placez suffisamment pour que votre flotteur tienne à peine à la surface de l'eau. La moindre touche sera ainsi détectée. Avec cette configuration, vous pouvez mettre votre « stop float » à la profondeur que vous voulez. Si le secteur payant est à 25 pieds, vous sortez 25 pieds de ligne et vous serrez le nœud de votre stoppeur sur le fil à pêche. Enfin de lancer plus aisément votre montage, vous n'avez qu'à couper les excédents de fils du stoppeur. Vous voilà prêt à vous amuser.

thill float stop tip.jpg

Regarder les schémas que j'ai repiqués du site du fabricant des flotteurs Thill (Attention pause pub). Pourquoi est-ce que j'emploie des Thill? J’utilise des Thill parce que j'en trouve facilement sur le net. Peu de détaillants tiennent toute une panoplie de flotteurs en magasins. J'aime mieux les acheter sur la Toile. Je perds ainsi pas mal moins de temps. Je me sers de plusieurs types de flotteurs, dont un lumineux! C'est vraiment cool de pêcher le doré en pleine nuit avec un flotteur lumineux. Il fait complètement noir. Vous ne voyiez aisément que la petite lumière de votre flotteur et puis bang le halo rouge ou orangé s'engouffre dans l'eau...

slip_float_fishing.jpg

Lorsque la truite se nourrit à la surface, un flotteur fixe fait le boulot. J'aime bien les Thill River Master. Ils sont lourds et on peut les lancer assez loin sans craindre de perdre le ver à tous coups. Ces flotteurs sont de formes allongées et deux bagues en silicone servent à stopper votre offrande à la profondeur requise. C'est très simple à monter. Vous passez le fil dans un bout de tuyau de silicone, vous insérez le tout dans le haut du flotteur. Vous faites la même chose pour le bas mais vous ajustez la longueur de fil requise en aval du flotteur avant d'installer la rondelle de silicone du bas bloquant ainsi la profondeur de l'offrande. Un flotteur fixe est facile à lancer si vous le montez pour pêcher à une profondeur moindre que la longueur de votre canne. Pour « balancer » votre flotteur, vous mettez tout simplement quelques plombs fendus entre le flotteur et l'hameçon. Bingo.

Retour au lac Arvisais. Ma blonde était d'humeur généreuse. Elle m'a laissé prendre quelques truites au flotteur qu'elle s'empressait d'éviscérer. Afin de conserver nos truites, on s'arrange pour les ensacher dans la glacière prêtes à être consommées le plus rapidement possible. J'utilisais un flotteur coulissant. J'ai ajusté ma profondeur à 22 pieds environ et je l'ai lancé près de l'arbre tombé à l'eau. Tranquillement, le ver de terre descend vers le fond à cause des plombs fendus. Une fois arrivé à 22 pieds, le stoppeur (le nœud) se bloque sur la bille et met ainsi fin à la descente de l’appât. Celui-ci demeurera maintenant dans la zone convoitée. Cela n'a pas été long. Mon flotteur a pris le bord du fond! Parfois lorsque les truites s'enfuient à l'horizontale avec le ver, le flotteur part à la dérive. Plus la vitesse de déplacement, à l'horizontale ou à la verticale, est grande, plus grosse est la prise en général.

Nous avons ainsi capturé en pêchant à tour de rôle dans le même secteur le reste de notre quota. Ma conjointe en laissant descendre son leurre au fond avant de ramener son offrande et moi au flotteur coulissant. L'avantage du flotteur, c'est que tout le monde dans le bateau peut observer les touches. On a l'impression de pêcher en équipe!

Le lendemain nous sommes allés pêcher sur le lac Brodeur que personne ne voulait choisir. Eh non, nous ne sommes pas revenus bredouilles. Ma blonde a capturé deux belles truites avec la même technique en moins de deux heures. Nous sommes sortis tard pour pêcher à la tombée du jour. J'avais ancré notre chaloupe à l'ombre derrière une pointe où la profondeur variait entre 20 et 30 pieds. Mon flotteur n'a pas fait mouche. Nous avions mangé seulement deux prises le soir précédent. Notre quota fut donc complété de nouveau par madame. Je vais probablement en entendre parler longtemps...

Le dimanche soir nous avons obtenu le troisième choix et nous avons sélectionné le deuxième lac vedette : le Bec-Scie. Mais nous n'avons pas pris une truite. J'en ai échappé une en pêchant à la traîne avec un flotteur. Les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas. De toute façon, nous n'avions qu'une truite à prendre pour finir notre quota. « Remise à l'eau à distance », me suis-je dit... Mon but était bien plus d'explorer ce lac que je n'avais jamais pêché. Eh oui! on peut aussi pêcher avec un flotteur à la traîne. C'est très utile lorsque vous ramez et que vous ne voulez pas vous accrocher au fond...

IMGP0338_300_226.jpg

Voilà vous connaissez maintenant la technique secrète pour la pêche à la mouchetée que j'ai expérimentée en 2008. N'hésitez pas à vous acheter des flotteurs en 2009. Gros avantage, à moins de pêcher en rivière, c'est impossible de perdre un flotteur!


Au plaisir de lire vos commentaires

Poster un commentaire

(Si vous n'avez pas encore écrit de commentaire ici, vous devez être approuvé par le propriétaire du site avant que votre commentaire n'apparaisse. En attendant, il n'apparaîtra pas sur le site. Merci d'attendre).