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juillet 17, 2009

Des nouvelles du lac au Sorcier

Bonjour

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La photo qui illustre ce carnet a été prise par mon copain Réjean vendredi dernier. Cette ouananiche devait faire autour de 1,5 kilo. Nous avons eu la chance de pêcher sur le lac au Sorcier trois jours consécutifs. Disons que ce ne sont pas nos contacts à la SÉPAQ qui nous ont rendu ce séjour possible. Quand un pêcheur à la chance de se rendre sur le lac au Sorcier, c'est la ouananiche qu'il tente de déjouer en premier lieu. C'est le saumon d'eau douce qui est l'espèce vedette de ce plan d'eau.

Je ne fais pas partie des chroniqueurs invités aux frais des contribuables à pêcher dans le réseau de la SÉPAQ. Cela me donne la latitude nécessaire pour aborder des sujets, disons, trop souvent passé sous silence pour nos spécialistes des relations publiques et du marketing qui travaillent pour les médias québécois en symbiose avec le réseau des parcs, les réserves fauniques et les pourvoiries.

Récemment, j’ai publié un texte sur les statistiques du lac au Sorcier. Dans ce texte, je vous faisais remarquer que ce lac contient deux espèces de poissons recherchés par les pêcheurs sportifs : la ouananiche et l’omble de fontaine. Un biologiste du MRNF doit donc fixer un quota annuel pour chacune de ces deux espèces. En 2007, le quota de l’omble de fontaine a été dépassé de 40 % environ. On avait donc décidé de fermer le lac au Sorcier seulement une fois que le quota prévu pour la ouananiche avait été atteint. En 2008, nouveau dépassement pour l'omble de fontaine sur le lac Sorcier: captures totales de 262 kilos alors que le quota annuel était à 250 kilos. Et bien en 2009, les chances que le même processus se reproduise sont élevées!

Selon une employée de la SÉPAQ, ce matin le quota annuel de la ouananiche (500 kilos en 2009) était atteint à 70 %. Depuis l’ouverture le 27 juin dernier, 97 % du quota annuel de l’omble de fontaine (234 kilos en 2009) avait déjà été capturé. Selon ma source, le biologiste responsable du plan de pêche serait à évaluer si la saison de pêche sera prolongée sur le lac au Sorcier cet été. Sa décision devrait être connue ce week-end.

Mon intuition me dit que la pêche sera prolongée sur ce lac. Pourquoi? Tout simplement parce que la SÉPAQ pourra vendre aisément 100 % de ses embarcations sur ce plan d’eau tant et aussi longtemps qu’elle le gardera ouvert tellement il est populaire. Mais entre vous et moi, pourquoi détermine-t-on un quota annuel pour l’omble de fontaine sur le lac au Sorcier si l’on se permet de le dépasser trois années de suite?

L’an dernier, je me suis dit qu’on avait dépassé le quota de l’omble de fontaine sur ce lac parce que le nouveau système de réservation mis en place avait surestimé le nombre de jours/pêche à offrir. Vous le savez tous, il est maintenant possible de réserver un lac pour la pêche à la journée quatre mois d’avance. Auparavant, les pêcheurs pouvaient réserver un lac offert à la pêche à la journée 48 heures à l’avance. C’était donc beaucoup plus simple pour la SÉPAQ de respecter les quotas annuels avec l’ancien système de réservation. Le dépassement de 2007 était donc de toute évidence une décision prise en toute connaissance de cause.

En 2009, la pêche a ouvert une semaine plus tard sur le lac au Sorcier. On a même baissé le quota annuel de l’omble de fontaine de 250 kilos en 2008 à 234 kilos en 2009. Je croyais qu’on avait pris ces décisions pour assurer la pérennité de la pêche à l’ombre de fontaine sur le lac au Sorcier. J’imagine que je n’ai rien compris des bribes d’information que j’ai obtenue à gauche et à droite. Malheureusement, le MRNF refuse que j’interviewe le ou la biologiste responsable du plan de pêche de la réserve faunique Mastigouche. Allez savoir pourquoi? J’imagine qu’un blogueur n’a pas l’expérience requise pour comprendre les subtilités du plan de pêche…

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« La protection de l’environnement et le développement durable » seraient des valeurs importantes pour la SÉPAQ selon leur rapport annuel 2008-2009. Malheureusement, ces valeurs ne semblent pas peser très lourd en ce qui a trait à l’omble de fontaine sur le lac au Sorcier.

J’espère me tromper. Je souhaite qu’on ferme la pêche sur le lac au Sorcier parce que le quota annuel pour l’omble de fontaine aura été atteint à la date prévue pour sa fermeture cette année: le 21 juillet 2009. J'espère que le plan de pêche sera respecté pour assurer des destinations de pêche de qualité aux générations futures. Ça c'est l'absolu. Mais dans la réalité je pense qu'en attendant la décision finale du MRNF et de la SÉPAQ, vous devriez vous préparer à mettre la main sur le lac le plus populaire de la réserve Mastigouche pour la pêche à la journée. Et ce possiblement dès mardi prochain à 8 h 30 pile!

Mise à jour
Lundi 20 juillet 2009

Mon intuition était bonne. Le lac au Sorcier sera disponible dès samedi prochain! Rendez-vous demain mardi à 8 h 30 avec le systèjme de réservation de la SÉPAQ dès 8 h 30. Quatre journées seront offertes. Donc 20 chaloupes. Bonne chance!

David Lefrançois
www.pêche-reportage.com

juillet 16, 2009

Que se passe-t-il au lac aux Chantiers?

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J’ai pu observer sur le terrain depuis la fin des années 1990 que la qualité de pêche décroît sur plusieurs lacs de la réserve faunique Mastigouche. Fin août 2008, j’ai été choqué de constater que personne ne semblait réagir alors que la pêche était vraiment moins bonne au lac aux Chantiers. Ce plan d’eau, accessible dans le secteur d’hébergement Shawinigan, m’a offert des pêches extraordinaires pour un lac situé à deux heures de route de Montréal. Mon attachement à ce plan d’eau m’a amené à l’utiliser comme lac témoin pour essayer de comprendre les dangers qui guettent nos lacs. Lisez la suite de ce reportage si mes recherches pour tenter de comprendre ce qui est en train de se produire dans plusieurs lacs des réserves fauniques du Québec vous intéressent…

Je fréquente la réserve faunique Mastigouche depuis 1999. Je fais partie de trois groupes d’une quinzaine de pêcheurs qui participent chaque année au tirage au sort pour la pêche en villégiature. La loi du nombre m’a permis d’aller plus d’une fois dans le secteur Shawinigan en début de saison alors que la pêche à l’omble de fontaine est parfois excellente. Je fais aussi partie de deux groupes qui préfèrent pêcher dans la réserve Mastigouche en août, et à cette période de l’année, même si vous êtes non gagnants au tirage au sort, des chalets demeurent toujours disponibles.

Avant 2007, l’un de mes lacs favoris du secteur Shawinigan était le lac aux Chantiers. Généralement, lors du tirage au sort qui détermine l’allocation des lacs le lendemain, le lac aux Chantiers était réservé parmi les trois premiers. S’il ne sortait pas toujours au premier rang, c’est qu’on doit rouler une vingtaine de kilomètres pour s’y rendre et faire un court portage de 15 minutes.

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Le 14 mai 2005, j’ai eu la chance d’ouvrir la saison de pêche sur ce lac avec mon copain Luc. Nous y avions capturé un quota de quatorze ombles de fontaine qui pesaient près de 5,5 kilos (douze livres). Entre 2000 et 2006, il n’était pas rare d’y capturer des truites qui dépassaient la livre, même parfois une livre et demie. Avec des possibilités de pêche aussi bonnes, le quota annuel en kilogrammes déterminé par le Ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) était atteint rapidement en juin chaque année. Le lac aux Chantiers était l’un des premiers lacs à fermer dans le secteur Shawinigan.

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Mais depuis 2007, la pêche y est plus difficile. En mai 2008, malgré la patience de mon ami Réjean, après plus de 8 heures de pêche sur ce petit lac dont je connais toutes les structures, nous n’avions capturé qu’une seule truite qui dépassait la livre. Malgré nos efforts, nous n’avons pas été en mesure de faire notre quota. Le nombre et le poids moyen des prises à considérablement chuter sur ce lac depuis 2006. Tellement que l’été dernier, à mon passage le 25 août 2008, le lac aux Chantiers qui avait reçu ses premiers pêcheurs à l’ouverture était toujours ouvert! C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à me poser de sérieuses questions sur l’efficacité du plan de pêche de la réserve faunique Mastigouche. Le système mis en place pour protéger notre patrimoine faunique ne semblait pas réagir. De retour à Montréal, j’ai fait part de mes appréhensions au sujet du lac aux Chantiers par courriel le 27 août 2008 au directeur de la réserve Mastigouche, M. Mathieu-H. Brunet :

« Lors de mes premiers séjours dans votre réserve faunique, le lac aux Chantiers donnait des résultats extraordinaires. (…) Le quota annuel a été baissé, mais de toute évidence, ce quota est toujours trop élevé. Ce n'est pas normal que ce lac, un plan d'eau de petite taille, soit offert aux pêcheurs de l'ouverture jusqu'au 25 août. Pourquoi ne l'avez-vous pas fermé dès le mois de juin en analysant les statistiques de pêche? Quel est votre plan de match pour sauvegarder ce lac? » (…)

Voici un extrait de sa réponse reçue par courriel le 19 septembre 2008 :

(…) « En ce qui concerne l'ouverture et la fermeture des lacs, cela dépend juste de l'atteinte ou non du quota alloué par lac. Si le lac aux Chantiers était encore ouvert lors de votre séjour, c'est qu'il restait du quota à prendre. Nous faisons une gestion serrée de nos plans d'eau et soyez assurés qu'il n'y a aucune surpêche dans la réserve faunique. Notre technicien de la faune, en lien avec Faune-Québec, analyse le rendement de tous nos lacs de pêche et nous prenons les moyens nécessaires pour conserver une bonne qualité de pêche à travers les années, et ce, dans tous nos plans d'eau. Étant donné que nous travaillons avec du “vivant”, même en faisant la meilleure gestion du monde il se peut que le rendement d'un lac varie pour des raisons difficilement explicables ou contrôlables. »

La SÉPAQ publie depuis des années les statistiques de pêche des plans d’eau ouverts l’année précédente. La publication de ces données est une excellente forme de marketing. Ces documents précisent dans le cas de la réserve Mastigouche le poids moyen des captures en kilogramme et le nombre de prises par pêcheur pour chaque lac. Mais on ne trouve pas dans ces statistiques le poids total des captures annuelles ni le quota annuel alloué à chaque plan d’eau. Ces données sont la clé de voûte du plan de pêche.

Suite à une série de courriel, j’apprenais que les quotas annuels en kilogrammes pour chaque lac offert dans la Mastigouche étaient déterminés par une biologiste du MRNF basée à Trois-Rivières. Le 1er décembre 2008, j’ai envoyé un courriel à cette biologiste pour obtenir les quotas annuels de tous les lacs de la Mastigouche ainsi que des informations sur la méthodologie utilisée pour déterminer ces quotas. Le 9 décembre 2008, j’ai reçu un courriel d’une conseillère en communication du MRNF :

« En réponse à votre courriel du 1er décembre 2008, nous vous informons que la nature de votre demande relève de l’application de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels (L.R.Q., c.A-2.1). »

Après des démarches avec le bureau du responsable de l’accès à l’information du MRNF, j’ai reçu une autre enveloppe brune juste avant les Fêtes 2008. En fait, j’ai obtenu 185 pages de données avec les quotas annuels de tous les lacs de la réserve faunique Mastigouche depuis sa création en 1971.

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Ces données m’ont permis d’apprendre bien des choses sur le lac aux Chantiers et sur la réserve faunique Mastigouche. En 1971, il y avait seulement 91 lacs d’accessibles aux pêcheurs d'ombles de fontaine selon le plan de pêche qui totalisaient un quota possible pour la réserve de 17 215 kilos. Nous aurons accès à 300 lacs à mouchetée en 2009 qui totaliseront, eux, un quota de 19 096 kilos. Si je filtre les données disponibles et que je compare uniquement les lacs offerts en 1971 et en 2009 pour cet espèce, j’arrive à une diminution du quota annuel de 7583 kilos! Soit une diminution de plus de 54,5 % de l’offre aux pêcheurs sur ces 79 lacs! Sur les 91 lacs ouverts au public en 1971, 62 ont vu leur quota diminuer en 2009. À ce rythme, si j’ai la chance d’avoir des petits-enfants, pourront-ils faire des pêches de qualité dans 40 ans dans ma réserve faunique favorite?

Le lac aux Chantiers a été offert aux clients de la réserve faunique Mastigouche pour la première fois en 1972. Son quota annuel était de 91 kilos cette année-là et il est tombé en zéro en 1977 et 1978. Au départ j’ai pensé que les biologistes avaient tout simplement fait reposer le lac aux Chantiers pendant deux ans. En 1982-1983 son quota annuel atteignait 109 kilos. Depuis lors, le quota annuel du lac aux Chantiers est en déclin : 95 kilos en 1993, 78 kilos en 2003. Depuis 2005, son quota annuel moyen est de 71,6 kg.

Fort bien, mais qu’est-ce qu’on obtient comme captures annuelles et quel est l’effort de pêche nécessaire pour y arriver? On peut faire dire n’importe quoi à des chiffres. Certains vont prétendre que les biologistes se sont tous simplement trompés sur le potentiel de pêche des lacs de la Mastigouche en 1971 et qu’avec le temps on a réajusté les quotas annuels à la baisse pour des raisons de conservation. Je devais avoir accès à d’autres données. Après une seconde demande d’accès à l’information, j’ai obtenu les captures annuelles et l’effort de pêche pour chaque lac lors de certaines années depuis 1971. Je n’étais pas au bout de mes surprises. Tous les pêcheurs doivent remplir des statistiques suite à une journée de pêche dans la réserve Mastigouche. On indique la date, le lac pêché, le nombre de pêcheurs, le nombre de prises, le poids des prises et le nombre d’heures pêchées. Ces statistiques sont compilées et elles permettent à la réserve de fermer les lacs une fois que le quota annuel est atteint. Du moins, c’est vrai pour les lacs offerts en hébergement. Avec ces statistiques on peut aussi déterminer le nombre de jours/pêche offerts sur chaque plan d’eau.

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En 2006, les pêcheurs ont capturé 75 kilos d’ombles de fontaine en 51 jours/pêche sur le lac aux Chantiers. Le quota annuel a été dépassé de 5 kilos. Deux ans plus tard, malgré 91 jours/pêche d’alloués sur ce lac, à peine 51 kilos de truite ont été capturés. Ces nouvelles informations m’ont amené à envoyer ce courriel le 5 février 2009 à Mathieu-H Brunet, le directeur de la réserve faunique Mastigouche :

Pouvez-vous me dire qui dans l'organisation de la réserve Mastigouche ou du MRNF est responsable de vérifier la productivité des plans d'eau? Quelles mesures seront prises en 2009 pour conserver une bonne qualité de pêche sur le lac aux Chantiers à l'avenir?

Le 20 février 2009, j’obtenais cette réponse par courriel :

Monsieur Lefrançois,

Il me fait plaisir de pouvoir répondre aux questions que vous vous posez par rapport à la gestion de la ressource halieutique dans la réserve faunique Mastigouche. L'intérêt que vous avez pour la gestion faunique démontre bien l'attachement que vous entretenez envers la réserve faunique, tout comme beaucoup d'autres pêcheurs, chasseurs et villégiateurs qui fréquentent Mastigouche.

Je me permets tout de même de vous rappeler que la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) est le gestionnaire identifié par le gouvernement pour gérer les activités sur le territoire des réserves fauniques québécoises. Bien que nous mettions activement l'épaule à la roue dans la gestion des ressources présentes sur le territoire, il relève bel et bien du MRNF d'orienter cette dernière.

Ce processus de gestion commune se fait par le biais de maintes discussions et rencontres tout au long de l'année entre les représentants de la réserve faunique et les biologistes du MRNF et à la lumière des résultats d'études et des observations du MRNF, nous ajustons le plan de pêche d'année en année pour le bénéfice des pêcheurs actuels, mais aussi pour les générations futures. (…)

Questions :

« (…) Je n'arrive pas à comprendre pourquoi le système mis en place ne semble pas réagir à la baisse de productivité du lac aux Chantiers. (…) Est-ce que vous ou certains de vos collègues avez remarqué que les statistiques du lac aux Chantiers sont en chute libre? En 2006, moins de 51 jours/pêche ont été nécessaires pour atteindre le quota annuel de 70 kilos. En 2007, l'effort de pêche a pratiquement doublé pour atteindre le quota annuel (92 jours/pêche). En 2008, malgré un effort de pêche de 91 jours, à peine 51 kilos ont été pris sur le quota annuel de 70 kilos. Pourtant en 2009, le quota n'a pas bougé? (…) Comment expliquez-vous la baisse du succès moyen par pêcheur et la baisse du poids moyen des captures depuis 2005? Cycle naturel, braconnage, introduction d’espèce compétitrice, perte d'accès à une frayère à cause d'un barrage de castors ? À ma connaissance, aucune perturbation majeure comme des coupes forestières n'ont eu lieu depuis des années dans ce secteur? Est-ce que ce lac a déjà subi une restauration de la biodiversité d'origine? Est-ce qu'un obstacle à la migration des poissons aurait été mal entretenu? À part varier le quota annuel en kilo, quels sont les moyens à la disposition de la direction de la réserve et du MRNF pour conserver une bonne qualité de pêche sur le lac aux Chantiers?»

(…)

Réponse de Mathieu-H Brunet

Finalement, en ce qui concerne le cas du lac aux Chantiers, il n'y pas lieu de s'inquiéter non plus. Effectivement, le succès de pêche est en baisse, mais pas en chute libre comme vous le dites. Tout comme beaucoup d'autres lacs, il fait l'objet de suivi serré et sachez que des pêches expérimentales sont prévues sur ce lac en 2009 pour alimenter en information ce suivi. Le lac aux Chantiers a effectivement fait l'objet d'une restauration de la biodiversité d'origine en 1976. Le MRNF et la Sépaq font aussi un suivi périodique de tous les obstacles à la montaison du poisson des lacs restaurés. Le lac aux Chantiers est un lac qualifié de cyclique aux yeux du MRNF et a déjà fait l'objet de multiples variations dans le temps. On a déjà observé dans le passé des baisses dans le succès de pêche de ce lac et il serait imprudent de tirer des conclusions hâtives en ce qui concerne ce plan d'eau. (…)

Mathieu-H. Brunet, directeur
Réserve faunique Mastigouche

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Je souhaite grandement que M. Brunet ait raison et que la baisse de productivité du lac aux Chantiers soit reliée à un cycle naturel. Quelle autre cause pourrait expliquer les résultats décevants des dernières années? À l’aide d’Internet, j’ai trouvé des documents qui m’ont permis de comprendre le déclin des quotas annuels dans certains lacs de la réserve Mastigouche. La principale raison est l’introduction d’espèces compétitrices et envahissantes. La solution choisie pour répondre à ce problème est la restauration de la biodiversité d’origine.

Débutons par tenter de comprendre l’impact de l’introduction d’une espèce dans un lac qui contenait de l’omble de fontaine? Voici ce qu’écrit à ce sujet le réputé chercheur de l’UQTR Pierre Magnan :

« L'omble de fontaine, Salvelinus fontinalis, est souvent retrouvé en présence d'une ou plusieurs espèces dans les lacs du Bouclier canadien (Catostomidae, Cyprinidae) (NDLR : meuniers noirs et mulets à cornes par exemple). Ces espèces ont été introduites par les pêcheurs utilisant des poissons-appâts ou ont colonisé les lacs du bouclier en empruntant des voies créées par les pratiques forestières du début du siècle. Depuis 1984, les travaux de mon équipe ont permis de démontrer que les introductions d'espèces diminuaient grandement la biomasse et les rendements à la pêche sportive de l'omble de fontaine, en raison d'une compétition alimentaire avec les espèces introduites. »

Source : http://www.uqtr.ca/GREA/chercheurs.php?id=5

Dans une autre étude, M. Magnan et deux chercheurs précisent que le rendement peut facilement baisser de 30 à 50 % si une espèce compétitrice est introduite dans un lac qui contenait uniquement de l’omble de fontaine. Certains poissons comme le mulet à corne sont en effet beaucoup mieux adaptés que l’omble de fontaine pour se nourrir des larves, des vers et des invertébrés riches en nutriments qui vivent au fond de nos lacs – la faune benthique.

« Creek chub is more efficient at feeding on benthic prey than brook charr (Magnan & Fitzgerald 1982, 1984), and when living in sympatry with charr, fishing yield and production of trout are lower by 30 to 50%, respectively, compared to when living in allopatry (Magnan 1988; Lacasse & Magnan 1992; Bourke et al. 1999). »

http://www.uqtr.ca/GREA/pdf/publi/2009boizardmanganangers.pdf

Le mulet à corne n’est pas la seule espèce ayant un impact majeur sur l’Omble de fontaine dans le territoire de la Mastigouche. On doit aussi mentionner le Meunier noir. Le régime alimentaire de ce poisson est semblable à celui des truites mouchetées. La compétition engendrée pour l’espace et la nourriture fait baisser rapidement la qualité de la pêche sportive. Une véritable guerre au Meunier noir est déclarée depuis des années dans la réserve Mastigouche.

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photographie publiée avec le permission de Paysan (Flickr) source

On a même dynamité des chutes pour empêcher cette espèce de remonter dans certains bassins hydrographiques. L’une de ces chutes a été dynamitée sur la rivière du Loup en amont de la décharge du lac aux Chantiers. On a aussi procédé à la restauration de la biodiversité d’origine de plusieurs lacs infestés par le Meunier noir. Que veut-on dire par l’expression « restauration de la biodiversité d’origine »? En québécois, on dirait qu’on a empoisonné ces lacs afin de tuer tout ce qui y respirait par des branchies pour ensuite y ensemencer uniquement des truites mouchetées…

Vous devez vous demander comment on empoisonne les lacs. Avec l’aide de roténone liquide. Cette molécule organique, extraite de différentes plantes, est toxique pour de nombreux êtres vivants, dont les poissons. Pour l’instant, l’usage de la roténone est toujours permis au Québec et aux États-Unis dans différentes applications.

Évidemment, j’ai tenté d’obtenir plus d’information sur les raisons de la décroissance des quotas annuels de plusieurs lacs de la Mastigouche. J’ai fait une demande d’entrevue officielle au MRNF avec le biologiste responsable de la mise en place du plan de pêche de la réserve faunique Mastigouche. J’ai eu la surprise d’obtenir la réponse suivante d’une conseillère en communication du MRNF :

« En réponse à votre courriel du 5 janvier dernier, je vous informe que la politique du Ministère ne permet pas d’accorder d’entrevue dans le cadre d’un blogue. Il ne sera donc pas possible pour nous d’acquiescer à votre demande d’interview téléphonique pendant la saison hivernale concernant les quotas annuels de la réserve faunique Mastigouche.»

J’ai donc dû faire deux autres demandes d’accès à l’information, pour obtenir du MRNF diverses informations sur le lac aux Chantiers. Selon un document intitulé « Historique des aménagements dans la réserve Mastigouche », mon « ancien » lac favori a été le deuxième à subir une restauration de la biodiversité d’origine dans cette réserve faunique! Ce document stipule :

« 1977, restauration du lac Chantier, roténone + O.M.P + repeuplement. »

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Un obstacle à la migration des poissons (O.M.P.) a été construit. On a tué tous les animaux respirant par des branchies en 1977 dans le lac aux Chantiers à l’aide d’un « traitement » à la roténone. Puis on l’a ensemencé en 1978, 1979 et 1980. Selon ce document, on a consolidé le barrage du lac aux Chantiers en 1993. Depuis cette date, le lac aux Chantiers n’apparaît plus dans les travaux d’aménagement. Est-ce que la réserve faunique et le MRNF avaient les ressources humaines nécessaires pour assurer le suivi et l’entretien de cet ouvrage depuis 1993? Est-ce que la durée de vie utile de l’O.M.P a été dépassée?

Aussi incroyable que cela puisse paraître, je suis allé au moins cinq ou six fois pêcher au lac aux Chantiers sans savoir que le petit ponceau qui nous servait à enjamber le ruisseau faisait partie d’un ouvrage qui empêchait les Meuniers noirs de remonter ce cours d’eau pour aller compétitionner les ombles de fontaine dans le lac en amont.



Les compétiteurs de l'omble de fontaine peuvent-ils contourner l'OMP par la droite lors des crues ou des inondations?

Ce barrage montrait d’ailleurs ces dernières années des signes de dégradation. Depuis 2006, le secteur de Saint-Alexis-des-Monts a été victime de plusieurs inondations. Est-il possible que le niveau d’eau à la suite de fortes pluies ait suffisamment augmenté pour que les Meunier noirs réussissent à contourner le barrage? Est-ce que des imbéciles ont réintroduit le Meunier noir en pêchant illégalement avec des menés dans le lac aux Chantiers? Allez savoir, mais une chose est certaine, je vous garantis que les statistiques de pêche du lac aux Chantiers en 2009 ne seront pas bonnes si la baisse de productivité de cet écosystème est reliée au retour du Meunier noir ou d’une espèce envahissante.

Devinez où j’ai ouvert ma saison de pêche en 2009. Et oui dans le secteur Shawinigan de la réserve faunique Mastigouche. Voici un extrait d’un carnet que j’ai publié sur mon blogue :

« Nous avons été chanceux au tirage au sort du vendredi 15 mai 2009, mais pas tant que ça. Nous formions 4 groupes de deux pêcheurs et certains d’entre nous sont sortis loin. J’ai sélectionné pour un de mes groupes le lac aux Chantiers. Je savais que ce lac avait des problèmes, mais comme c’était le jour de l’ouverture, j’ai pris une chance. Mes copains Raymond et Sylvain y ont capturé une dizaine d’ombles de fontaine dont le poids moyen était de 150 grammes. Le lendemain, un groupe de 3 pêcheurs a ramené 21 truites pour 3 kg. Le même poids moyen. Vous vous rappelez que dans les belles années du lac aux Chantiers, j’ai déjà pris à l’ouverture un quota de 14 truites dont le poids moyen était de 392 grammes. Un poids moyen pratiquement trois fois plus élevé!

Alors, suivez mon conseil, oubliez le lac aux Chantiers cette année si vous êtes tirés premiers dans le secteur Shawinigan. Faites comme moi, demandez au gardien de ce secteur, où il irait pêcher. Je vais même lire l’avenir, le quota annuel de 70 kg en 2009 du lac aux Chantiers est IRRÉALISTE. J’ai la conviction qu’il ne sera pas atteint et qu’on va peut-être enfin constater l’ampleur des dégâts… »

Combien de pêcheurs ont été déçus en 2008 à leur retour du lac aux Chantiers? Combien de pêcheurs cette année, après avoir lu en février 2009 que l'éditeur d'un magazine québécois recommandait le lac aux Chantiers dans le secteur Shawinigan, reviendront déçus de leur pêche sur ce lac? Est-ce qu’on va garder ouvert le lac aux Chantiers de nouveau pendant une saison complète afin de tirer le maximum de revenus de la réputation passée de ce lac?

J’imagine que les pêches expérimentales prévues en 2009 sur le lac aux Chantiers dont parlait le directeur de la réserve Mastigouche dans son courriel serviront à vérifier la présence d’espèces compétitrices. Comptez sur moi pour vous donner des nouvelles du lac aux Chantiers et pour poser des questions aux autorités compétentes. Rien ne garantit toutefois que j'aurai la chance d'obtenir des réponses. Je ne suis en effet qu'un pauvre blogueur...

Je n’ai pas de réponses claires pour expliquer la baisse de la qualité de pêche sur le lac aux Chantiers: cycle naturel, introduction d’une espèce compétitrice par un braconnier, réintroduction d’une espèce compétitrice suite à une inondation ou à cause du mauvais état de « l‘obstacle à la migration des poissons », etc. Est-ce que ce lac pouvait supporter la pression de pêche dont j’étais moi-même en partie responsable? Est-ce le quota annuel de ce lac était trop élevé? Est-ce qu’il y a eu surpêche par des braconniers? Allez savoir, j’ai appris une chose en travaillant sur ce reportage, en matière de gestion de nos lacs et de nos rivières, il n’y a pas de réponse simple à des problèmes complexes. La population d’ombles de fontaine du lac aux Chantiers de la réserve faunique Mastigouche semble être en décroissance. Pourtant, ce territoire est protégé par le système de gestion mise en place par la réserve faunique Mastigouche et le MRNF. Le lac aux Chantiers n’est assurément pas le seul à éprouver des problèmes dans la réserve faunique Mastigouche. Prenez une seconde et imaginez un instant la situation des lacs en territoire libre au Québec !

En terminant, je tiens à remercier les fonctionnaires du MRNF qui ont traité mes demandes d’accès à l’information et le directeur de la réserve faunique Mastigouche. Sans votre aide précieuse, ce reportage n’aurait pas pu prendre forme.

juillet 05, 2009

Qu’est-ce que les statistiques nous apprennent sur le lac au Sorcier

Bonjour

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J’aimerais étudier avec vous quelques statistiques de la réserve faunique Mastigouche que j’ai obtenues suite à une série de demandes d’accès à l’information auprès du MRNF. Dans ce carnet, je vais aborder le lac au Sorcier. C’est probablement le lac le plus populaire pour la pêche à la journée dans le réseau de la SÉPAQ au Québec. La réserve faunique Mastigouche a été ouverte au public en 1971. Cette année-là, le lac au Sorcier était lui aussi offert à l’ensemble des citoyens québécois pour la première fois. Auparavant uniquement de richissimes membres d’un club privé et leurs invités pouvaient y pêcher. Ce lac contenait de l’omble de fontaine, mais on y a ensemencé de la ouananiche avec succès bien avant la création de la réserve faunique. Beau sujet de réflexion pour les amateurs de poissons indigènes. Auriez-vous moins de plaisirs à prendre des ouananiches au lac au Sorcier maintenant que vous savez qu’elles y sont présentes à la suite d’une intervention humaine?

Vous pouvez voir dans le graphique ci-dessous différentes données : quota annuel, rendement annuel et enfin l’effort. Le quota annuel est le maximum de prises permises en kilos par le MRNF pendant une saison de pêche. On peut voir que le quota pour la ouananiche sur le lac au Sorcier est pratiquement demeuré le même entre 1971 et 2008. Le rendement est la quantité de prises en kilos capturées par les pêcheurs qui ont complété les statistiques. L’effort est le nombre de pêcheurs ayant eu l’occasion d’aller pêcher sur le plan d’eau. Deux clients de la réserve ayant pêché pendant 12 heures dans une embarcation comptent pour 2 jours/pêche. Trois pêcheurs ayant pêché 8 heures dans une embarcation comptent pour 3 jours/pêche, pourtant le nombre total d’heures de pêche est le même. Cette statistique est ainsi faite.

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Que nous dit ce tableau? Le rendement annuel pour la ouananiche est bien meilleur sur le lac au Sorcier en 2008 qu’en 1971. On a pris plus de saumons d’eau douce en kilos en moins de jours/pêche. La hausse est de près de 40 %! Toutefois ceux qui ont la conservation à cœur, auront remarqué qu’on a dépassé sensiblement le quota pour la ouananiche en 2008 : 591,20 kg enregistrés alors que le quota annuel était de 500 kilos. La SÉPAQ a mis en place en 2008 le nouveau système de réservation pour la pêche quotidienne 4 mois à l’avance. De toute évidence, la SÉPAQ avait vendu plus de droits de pêche qu’elle aurait dus pour le lac au Sorcier en 2008. Avant l’année dernière, les pêcheurs devaient réserver un lac 48 heures à l’avance. La SÉPAQ dans son rapport annue1 2008-2009 mentionne que « la protection de l’environnement et le développement durable » sont des enjeux importants tout comme « La qualité du service à la clientèle et l’adaptation aux tendances du marché ». On peut lire dans ce rapport annuel qu’« une analyse indépendante confirme la satisfaction de la clientèle sur la nouvelle formule de réservation de la pêche quotidienne. » C’est évident que c’était plus facile de limiter le dépassement du quota annuel d’un lac avec l’ancien système. Est-ce la hausse des revenus de la pêche quotidienne de 14,7 % en 2008 s’est fait en partie sur la protection de l’environnement? Est-ce que le nouveau système de réservation de la SÉPAQ a causé plusieurs situations de surpêche en 2008 dans la réserve faunique Mastigouche? Est-ce que le poids moyen et le nombre des captures par jour de ouananiches ont baissé depuis 1971 sur le lac au Sorcier?


Malheureusement, je n’ai pas l’ensemble des statistiques à ma disposition. Mais avec l’aide du travail de moine de Claude Lessard, le webmestre de www.peche-reportage.com, j’ai pu mettre la main sur des statistiques intéressantes : poids moyen des captures (en kilos) et le succès moyen des pêcheurs (poissons/pêcheur) pour tous les lacs de la réserver Mastigouche depuis 1980!

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Grâce au travail de Claude, je peux ainsi vous confirmer que le poids moyen des ouananiches capturées, et enregistrées au lac au Sorcier depuis 1980 est de 0,879 kg. Le succès moyen est de 1,39 prise par pêcheur et le poids total des captures par jour est en moyenne de 1,23 kg par jour/pêche. En 2008, le poids moyen des ouananiches capturées était de 0,819 kg, les pêcheurs ont pris 1,39 ouananiche par jour en moyenne pour un poids total quotidien de 1,14 kg. En 2009, le quota annuel pour la ouananiche est demeuré à 500 kilos, mais on a diminué le nombre de jours de pêche sur ce lac. Le lac au Sorcier sera ouvert pendant 24 jours du 27 juin au 21 juillet 2009. La SÉPAQ a de toute évidence rajusté le tir pour éviter de défoncer le quota annuel de son lac vedette deux années de suite.

La pêche à la ouananiche sur le lac au Sorcier de la réserve Mastigouche se porte plutôt bien. Mais est-ce aussi le cas pour l’omble de fontaine?


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Le quota annuel a baissé de façon dramatique, mais on peut voir que cela ne veut rien dire. En fait, ce quota était tout simplement trop élevé au départ… Le quota annuel moyen entre 1971 et 2008 était de 332 kilos pour l’omble de fontaine sur le lac au Sorcier. On y a dépassé largement le quota annuel pour cette espèce en 2007 malgré l’usage des réservations deux jours à l’avance. Le quota annuel était de 250 kilos, mais les pêcheurs ont capturé 366,70 kg de cette espèce.

Pourquoi a-t-on laissé les pêcheurs dépasser le quota annuel pour la mouchetée de 47 % en 2007?

J’imagine qu’on ferme le lac au Sorcier une fois que le quota annuel pour l’espèce la plus recherchée, la ouananiche, a été atteint. En 2007, on a enregistré des prises annuelles de 503,10 kg de ouananiche après 571 jours/pêche. Le quota annuel de 500 kilos avait été à peine dépassé.

En 2009, le quota annuel pour l'omble de fontaine au lac au Sorcier est de 234 kilos. Je vais essayer d'en savoir plus sur la mise en place et la gestion des quotas sur un plan d'eau qui contient plusieurs espèces...

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Le poids moyen des mouchetées enregistrées sur le lac au Sorcier entre 1980 et 2008 était de 0,276 kg, le succès moyen lui était de 2,28 captures. Le poids moyen en 2008 était de 0,318 kg et le succès moyen était de 1,59. Encore une fois, on peut constater que la pêche pour cette espèce se porte relativement bien selon les statistiques que j’ai à ma disposition. Personnellement je suis toutefois déçu de constater que les ombles de fontaine du lac au Sorcier sont victimes d'un parasite. Je me demande bien si ces points noirs attaquaient déjà les mouchetées à l'ouverture de la réserve Mastigouche en 1971? Avis aux vieux pêcheurs, donnez nous votre avis là-dessus. Si vous désirez en apprendre plus à ce sujet, passez voir le site du MRNF...

http://www.mrnf.gouv.qc.ca/faune/sante-maladies/parasites.jsp

Il semble que le système de gestion mis en place par le MRNF et la SÉPAQ pour assurer la pérennité des ressources fauniques du lac au Sorcier fonctionne bien. La qualité de pêche à la ouananiche et à l’omble de fontaine est sensiblement la même qu’à la création de la réserve en 1971. Évidemment, cette comparaison de statistiques sur une base historique n’a rien de scientifique. Depuis 1971 les pêcheurs ont aussi eu la chance de mettre la main sur des technologies qui ont grandement augmenté leur efficacité. Je pense au sonar, au GPS, au « down-rigger, aux moteurs électriques, aux cartes bathymétriques, etc.

Autre fait intéressant, il semble qu’aucun ensemencement n’aurait été fait au lac au Sorcier depuis 1971 selon les données que j’ai obtenues du MRNF. Le plan de pêche pour ce lac semble être un succès pour les pêcheurs ainsi que pour l’environnement. Mais est-ce le cas dans l’ensemble de la réserve faunique Mastigouche?


À suivre…

David Lefrançois
www.peche-reportage.com