Les quotas pour la saison de pêche 2010 dans la réserve Mastigouche ne sont pas encore définis par le MRNF.
Il est possible de réserver une journée de pêche dans la Mastigouche depuis le 14 janvier 2010 alors que le ministère des Ressources naturelles et de la Faune n’a pas encore produit le plan de pêche de cette réserve faunique. Voilà ce que 3 demandes faites en vertu de la Loi sur l'accès à l'information par www.peche-reportage.com depuis le 25 novembre 2009 ont confirmé. La dernière réponse du responsable de l’accès à l’information du MRNF, M. Démosthène Blasi, datait du 14 janvier 2010. Tous ceux qui s’intéressent à la pêche à la journée savent que c’était le jour du début des réservations pour la pêche quotidienne dans la réserve faunique Mastigouche. On réservait le 14 janvier une journée de pêche le vendredi 14 mai 2010 selon la modalité 4 mois à l’avance.
Au départ, j’étais tellement convaincu qu’il s’agissait d’une erreur que j’ai téléphoné mercredi dernier, le 20 janvier 2010, au MRNF à Trois-Rivières pour avoir une deuxième confirmation. Lucie Carpentier, la relationniste de presse du MRNF de la Mauricie et du Centre-du-Québec, m’a elle aussi confirmé que : « le plan de pêche 2010 n’est pas encore disponible ». Mme Carpentier m’a suggéré de contacter la SÉPAQ afin d'apprendre pourquoi les réservations avaient débuté avant la production par le MRNF du plan de pêche 2010. En fait, mercredi dernier, deux lacs offerts à l’ouverture étaient déjà « fermés » : le lac Taure et le lac du Rocher. Comment la SÉPAQ avait-elle pu déterminer que ces lacs fermeraient le 19 mai 2010 après 6 jours de pêche sans avoir en main le plan de pêche du MRNF?
Pour avoir une réponse à mes questions j’ai rejoint Mathieu-H Brunet, le directeur de la réserve faunique Mastigouche hier midi.
Comment avez-vous déterminé quels seront les lacs offerts en hébergement et à la journée en 2010 sans avoir eu le plan de pêche du MRNF?
En fait, il faut juste faire une distinction. Cela ne nous empêche pas de produire le plan de pêche comme tel, ce qu’on n’a pas encore comme données, ce sont les quotas de chacun des lacs. On sait quels lacs on peut exploiter, mais on ne connaît pas les quotas pour la saison 2010. (…)
Quand attendez-vous le plan de pêche?
Très prochainement. Les gens du ministère travaillent là-dessus actuellement. On devrait se rencontrer d’ici une dizaine de jours.
Si je ne me trompe pas, l’année dernière vous l’aviez eu bien avant le début des réservations n’est-ce pas?
Oui, oui tout à fait. En fait, c’est assez simple à expliquer, au ministère la personne qui s’occupait de ça est partie en congé de maternité et évidemment elle n’a pas été remplacée. Ils négocient avec les ressources qu’ils ont et ça prit plus de temps cette année. Mais il faut comprendre, et vous le savez probablement déjà, que l’exploitation des lacs est pas mal la même d’année en année. Les quotas varient très peu. Les grandes surprises sont à peu près inexistantes. Donc on peut fonctionner dans ce cadre là. Cela ne nous empêche pas de planifier. Les quotas arrivent plus on moins tard, mais en général ce n’est pas ça qui détermine si on ferme un lac ou non. Quand il y a des surprises, de grandes surprises à appréhender, là, on se questionne. Mais dans ce qu’on a produit comme plan de pêche actuellement, c’est des lacs où on sait à peu près ou on s’en va. Ça fait 35 ans qu’on exploite ces lacs-là donc en général sur la base du rendement qu’on a eu l’année dernière on n’appréhende pas de gros changements. C’est pour ça qu’on peut avancer.
J’imagine que vous avez présentement pris des évaluations conservatrices pour éviter qu’il y ait surpêche si le MRNF avait décidé de diminuer les quotas cette année?
Tout à fait. Comme on fait depuis toujours en fait. Depuis l’avènement des 4 mois d’avance on fait une évaluation moyenne qui reste conservatrice pour ne pas se planter. La première année vous le savez, on en avait discuté, il y a eu quelques petites surprises, entre autres au niveau du Sorcier à l’époque, au niveau de quelques lacs, mais tout ça rentre dans l’ordre à mesure ou l’on fait notre évaluation sur la moyenne des rendements des cinq dernières années au niveau du nombre de jours que ça prend pour prendre le quota annuel de chaque lac. Et on navigue avec ça et comme je vous l’avais déjà spécifié par courriel, ce n’est pas la fin du monde si on dépasse un quota annuellement alors qu’on parle d’une ressource qui quand même réagit assez bien sur quelques années. Et puis on ne fait pas de dépassements majeurs. Ce n’est pas ce qu’on veut nous non plus. D’ailleurs la façon dont on gère nos lacs vous comprendrez qu’on gère nos stocks de poissons pour offrir de la pêche pour encore plusieurs années. Il peut arriver à l’occasion des dépassements, mais ils sont rattrapés sur une moyenne de quelques années.
Je tiens à remercier M. Brunet d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.
Au plaisir de vous lire.
David Lefrançois
www.peche-reportage.com