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Le plan de pêche du MRNF pour la Mastigouche est complété.

Le MRNF a haussé le quota annuel pour la mouchetée sur le lac au Sorcier en 2010 de 234 kilos à 275 kilos. En 2009, les pêcheurs avaient capturé 272,6 kg alors que le quota de cette espèce était de 234 kilos. Le quota pour la ouananiche sur le lac au Sorcier demeure à 500 kilos. Fait intéressant 450 jrs/pêche seront alloués sur le lac au Sorcier peu importe si le quota de 500 kilos est atteint ou non. En 2009, la SÉPAQ avait offert la chance à 432 pêcheurs de pratiquer leur activité sur le lac au Sorcier. Un quota du même genre existe aussi pour le lac Brodeur où le succès est faible. Le MRNF souhaite trouver le facteur qui limite le taux de succès sur ce lac cette année. La somme des quotas annuels des lacs offerts en 2010 dans la réserve faunique Mastigouche totalise 17 500 kilos en 2010 alors qu’elle était de 19 721 kilos en 2009.

Voilà toute une série de nouvelles que j’ai pu obtenir cette semaine. Le MRNF m’a finalement fait parvenir le plan de pêche de la réserve Mastigouche le mercredi 14 avril 2010. Faute d’effectif, le MRNF n’a pas pu le produire avant. Les plus allumés parmi vous doivent se demander comment la SÉPAQ a géré ce « léger » retard. C’est que, voyez-vous, la SÉPAQ a commencé de son côté à prendre des réservations pour la pêche quotidienne selon la modalité 4 mois à l’avance dès le 14 janvier 2010! La majorité des lacs « vedettes » étaient donc déjà réservés mur à mur alors que le MRNF n’avait toujours pas finalisé son plan de pêche!

Ce qui se conçoit bien s’exprime clairement. Eh bien! j’aurai de la difficulté à appliquer ce dicton à cet article qui porte sur les quotas annuels de pêche dans la réserve faunique Mastigouche en 2010. Tout simplement parce qu’en cette matière la logique est particulièrement difficile à suivre.

Quelques principes de base :
1) Le MRNF détermine un quota en kilos pour chaque lac offert par la SÉPAQ.
2) Ce quota annuel est en kilogrammes pour chaque espèce présente dans le plan d’eau.
3) Le quota annuel varie selon différents facteurs comme le succès de pêche, le poids moyen des prises, la pression de pêche nécessaire pour atteindre le quota annuel, l’ensemencement, etc.
4) La SÉPAQ estime le nombre de jours qui seront nécessaires pour capturer le quota annuel et elle établit la date d’ouverture et de fermeture de chaque lac offert à la pêche quotidienne.
5) Théoriquement, la SÉPAQ doit fermer un lac une fois que l’un des quotas alloués par le MRNF est atteint.


Voilà pour les principes que le MRNF et la SÉPAQ devraient suivre pour assurer la pérennité des ressources. Que se passe-t-il dans la vraie vie? Prenons l’exemple du lac de la Croix. Ce lac avait un quota de 180 kilos en 2009. Les pêcheurs y ont capturé seulement 54,1 kg l’an dernier malgré un ensemencement de 8500 fretins de souche non indigène fait en 2008. La SÉPAQ a décidé de son côté d’ouvrir le lac de la Croix du 22 mai 2010 au 6 septembre 2010! Les réservations ont donc débuté 4 mois plus tôt le 22 janvier dernier alors que le plan de pêche du MRNF n’était toujours pas disponible.


Presque 3 mois après le début des réservations, le MRNF confirme qu’il offre un quota de zéro kilo pour le lac de la Croix. Au départ j'ai pensé que le MRNF avait décidé de carrément fermer le lac de la Croix cette année! mais selon Mathieu H. Brunet, le directeur de la réserve faunique Mastigouche, mon interprétation des données provenant du plan de pêche 2010 du MRNF était erronée.

Dans une lettre qu'il m'a fait parvenir, il explique:

"Il faut comprendre que dans les lacs ensemencés, aucun quota n'est fixé par le MRNF, c'est pourquoi il y a un "0" dans la case des quotas. Jusqu'à cette année, le MRNF mettait un quota indicatif dans cette case tout
en y ajoutant un "+", ex.: 40kg+, ce qui voulait dire que pour un plan d'eau donné, on s'attendait à prélever un minimum de 40 kg et le + venait dire que dans ces cas-là, on devait aller chercher le maximum de prises dans ce plan d'eau. Il faut se rappeler que ce sont des lacs ensemencés et que dans ces cas-là, nous gérons ces lacs non pas en lien avec un quota fixe mais plutôt avec le succès de pêche. Quand le succès de pêche est rendu trop bas pour permettre à notre clientèle une belle expérience de pêche, nous fermons le lac, tout simplement, estimant (données à l'appui) que nous avons récolté le maximum des poissons ensemencés dans ledit lac."

Donc contrairement à ce que je croyais, les lacs auxquels le MRNF a attribué un quota de 0 kg en 2010 n'auraient donc pas été ouverts par la SÉPAQ alors que le MRNF souhaitait les fermer. Mea culpa, avouez qu'un quota de zéro kilo ne laisse pas croire aux communs de mortels que la pêche sera ouverte sur ce plan d'eau! J'aurais bien aimé me faire confirmer le tout par le MRNF, mais de nouveau, j'ai obtenu une fin de non-recevoir. Un biologiste à qui j'ai fait parvenir quelques questions à refiler mon courriel à un palier supérieur. Voici un extrait de la réponse du MRNF :

"En réponse à votre courriel du 17 avril 2010 adressé à M. Michel Lemieux par lequel vous nous demandez des renseignements relatifs à la gestion de la pêche dans la réserve faunique Mastigouche, nous vous informons que nous ne pouvons accéder à votre requête.

En effet, cette dernière comporte de multiples questionnements ainsi que des demandes de précisions sur les modes de gestion appliquée conjointement par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (MRNF) et la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ). Or, de fournir à répétition des réponses à vos questionnements représente une charge de travail importante pour notre personnel, amenant celui-ci à aller bien au-delà de nos obligations en matière de services au citoyen. (...)

Stéphanie Lachance
directrice régionale
Ministère des Ressources naturelles et de la Faune
Direction de l'expertise
Énergie-Faune-Forêts-Mines-Territoire
de la Mauricie et du Centre-du-Québec

Devant ce genre de réponse, un journaliste-citoyen a-t-il d'autres choix que de passer par la loi sur l'Accès pour obtenir des confirmations?

J'avais aussi mentionné dans ma première version de cet article un autre cas intéressant. Celui du lac Boisvert.

"En 2007, le quota annuel de 15,5 kg a été à atteint en 28 jrs pêche. Ce lac a été ensemencé avec 4000 fretins de souche d’une lignée non indigène à l’automne 2007. Le quota annuel du MRNF sur ce lac est passé de 15,5 kg en 2007 à 88 kilos en 2008 et 2009 à la suite de cet ensemencement. Le poids total des captures fut de 18,90 kg en 2008, mais de 143,2 kg en 2009. Vous avez bien lu 143,2 kg en 80 jours/pêche. Les 80 pêcheurs qui ont eu la chance de réserver ce lac en 2009 ont défoncé le quota prévu en 2009 de 62 %. La SÉPAQ a décidé d’ouvrir ce lac du 29 mai au 27 juin 2010 et les pêcheurs ont réservé toutes les journées offertes sur le lac Boisvert vu son succès de l’an dernier. Toutefois, le MRNF lui a décidé de fermer ce lac en 2010 dans son plan de pêche."

Suite à la réception de la lettre de M. Brunet, le directeur de la réserve faunique Mastigouche, force est de constater que mon interprétation des données du MRNF pose problème. N'oublions pas que selon lui, ""Il faut comprendre que dans les lacs ensemencés, aucun quota n'est fixé par le MRNF"...

J'écrivais dans la première version de cet article: Une chatte perdrait ses petits à tenter de comprendre la gestion des ressources cynégétiques et halieutiques au Québec. (...)

Je n'ai pas changé d'avis à ce sujet!

J’ai eu besoin de 3 demandes d’accès à l’information pour confirmer qu’au début avril 2010 le plan de pêche de la réserve Mastigouche n’était toujours pas disponible. Je ne compte pas le nombre de demandes d’accès que j’ai dû faire pour confirmer qu’un nouveau quota en jours-pêche s’applique maintenant à certains lacs de la réserve Mastigouche. Les employés dévoués de la SÉPAQ qui travaillent comme gardien de territoire m’avaient mentionné dès 2008 que le lac Brodeur avait un nouveau quota basé sur la pression de pêche. J’ai eu la confirmation officielle de ce fait seulement la semaine dernière. Et grande nouvelle, alors que les statistiques de 2008 démontraient une baisse marquée de la qualité de pêche sur le lac aux Chantiers, le système mis en place pour protéger nos plans d’eau a finalement réagit en diminuant le quota annuel sur ce lac de 70 kilos en 2009 à 15 kilos en 2010. Cette baisse de près de 80 % du quota annuel de ce lac offert dans le secteur d’hébergement Shawinigan est causée par l’introduction du Meunier noir qui a de nouveau réussi à envahir ce plan d’eau. En 2009, 30 pêcheurs ont dû mettre un effort de pêche de 158 heures pour capturer 120 mouchetées sur ce lac. Les captures de 2009 totalisaient seulement 16,5 kilos alors que le quota annuel était toujours à 70 kilos!

Voila l'essentiel que j'écrivais dans cet article que l'on m'a invité à modifier pour rectifier des faits. Vous avez maintenant l'essentiel de l'opinion du directeur de la réserve Mastigouche, M. Mathieu H. Brunet. Il m'a d'aiileurs invité à le rencontrer en personne. C'est la seule façon qui me permettrait d'obtenir une entrevue avec lui. J'aurais apprécier comme journaliste-citoyen bénévole une entrevue téléphonique. Voir que l'on accepte de répondre à mes questions par courriel. Cela me permettrait de toute évidence de mieux comprendre les "subtilités" du plan de pêche de la réserve Mastigouche.


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David Lefrançois
www.peche-reportage.com

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