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No money no candy

C’est ce que j’avais pris l’habitude de répondre aux filles qui m’abordait à l’intersection de Ste-Catherine et St-Laurent à mon arrivée à Montréal en 1989. À l’époque j’allais parfois prendre une bière aux Foufounes électriques. À la sortie des bars, j’ai assisté à quelques scènes qui m’ont révélé les mauvais côtés de l’humanité. Les temps ont changé, mais là où il y a des hommes, il y a de l'hommerie.

J’ai eu le droit à une attaque d’un vénérable chroniqueur de pêche sur un forum de discussion dernièrement. À part le fait qu’il se cache derrière un « nickmane », c’est de bonne guerre puisque je n’écris pas que de bonnes choses sur les membres de sa confrérie. Pourquoi est-ce que je critique aussi souvent les articles écrits par les chroniqueurs professionnels? Je vais vous donner un bon exemple. J’ai lu en 2009 un bel article écrit par l’éditeur d’un magazine sur le secteur que je connais le mieux dans la réserve faunique Mastigouche : le secteur Shawinigan.

L’éditeur du magazine en parlant de ce secteur de la Mastigouche dans son article avait omis de mentionner un « détail ». Un tirage au sort pour l’attribution des plans d’eau est en place dans ce secteur d’hébergement. Seriez-vous déçu d’apprendre sur place que vous aurez 1 chance sur 24 lors du tirage au chalet du gardien d’obtenir le meilleur lac offert dans le secteur Shawinigan le lendemain de votre arrivée? Comment j’arrive à ce chiffre? Si tous les chalets du secteur Shawinigan sont remplis à pleine capacité (12+8+8+14+2+4) on peut compter un total de 48 pêcheurs dans le secteur. Si tout le monde décide de pêcher à deux par chaloupe, il y aura 24 boules dans le boulier. L’existence de ce tirage au sort n’est pas cachée par la SÉPAQ. Le problème n’est pas là. La question est de savoir si l’auteur de l’article avait volontairement omis de mentionner l’existence de ce tirage au sort…

Depuis l’an passé, si le refuge Shawinigan est aussi à pleine capacité (6) et si les pêcheurs du chalet du lac Jouet (6) décident de se rendre au tirage au sort, on peut théoriquement avoir 60 pêcheurs pour 30 chaloupes... Donc même avoir une chance sur 30 d’être tiré 1er dans le secteur Shawinigan.

Serez-vous déçu d’apprendre qu’en plus vous ne pourrez pas aller à un lac vedette si vous êtes tiré premier en fin de saison le soir de votre arrivée parce que c’est impossible de vous rendre au lac Busard ou au lac Bec-Scie avec votre auto? Ce genre de situation, je l’ai vu de mes yeux vu. En 2008, j’étais dans le secteur Shawinigan à la fin août. J’espérais pêcher le lac Busard, le meilleur lac de ce secteur. Mais j’ai réservé mon séjour trop tôt. Le gardien de territoire a ouvert le lac Busard le lendemain de mon départ. Ça fait 10 ans que j’essaie de pêcher ce lac. J’ai eu la chance d’aller au lac Bec-Scie toutefois en 2008. Ce lac est un peu plus loin sur le chemin du lac Busard. J’ai donc pu constater l’état du chemin. Une auto ne pouvait pas passer pour se rendre ni au lac Busard ni au lac Bec-Scie. Je pense que cela mérite d’être écrit noir sur blanc dans un article si vous faites votre travail comme journaliste-citoyen.

Et bien si je vous disais que l’éditeur du magazine en question, lui, a pu pêcher le lac Busard en juin 2008 pendant son séjour là-bas? Est-ce que c’est utile de savoir qu’un chroniqueur de pêche se voit attribuer parfois un plan d’eau qui sera offert au public deux mois plus tard par la SÉPAQ? Pourquoi font-ils cela selon vous? Tout simplement pour publier des photos qui vont vous stimuler à vous y rendre vous-même. Pour moi, c’est malhonnête de la part des journalistes qui profitent de cet avantage de ne pas le mentionner dans leur « publireportage ». Écoutez, peut-on parler d’un reportage quand l’auteur omet de mentionner l’existence du système d’attribution des lacs dans la réserve Mastigouche?

Allez voir ce document à la page 2 : http://www.sepaq.com/dotAsset/1215510.pdf
« Chaque soir, à 21 h, un tirage au sort a lieu au chalet du gardien ou à tout autre endroit désigné par lui pour l’attribution des plans d’eau du lendemain. Exception : les chalets Aubry, du Cap, de la Ferme 1 et 2, Mastigou #1, St-Bernard #1 et Jouet dont les plans d’eau sont attribués à l’entrée au poste d’accueil pour la durée du séjour. Cette pratique s’applique aussi aux camps rustiques Mastigou, de la Tête, Joe, Brochard, Pékan et Matawin. On vous informera où enregistrer vos prises lors de l’arrivée. »
Fin de la citation.
En d’autres mots, si vous allez dans un chalet dans la plupart des secteurs d’hébergement de la Mastigouche: Violon, Sable, Houde-Patoulet, des îles, Shawinigan et Ouabiti, vous devrez participer au « Bingo SÉPAQ » organisé par le gardien. Si vous sortez la première boule, vous ferez fort probablement une belle pêche, si vous sortez 19e, 20e et 21e sur 21 comme cela nous est déjà arrivé, vous pourriez être déçu!

En plus, pas mal de monde ignore ce qui suit qu’on peut pourtant lire dans la référence précédente : http://www.sepaq.com/dotAsset/1215510.pdf
4- La notion de lacs «vedettes» peut s’appliquer afin d’éviter que lesdits lacs soient pêchés à plusieurs reprises au cours d’un même séjour par les mêmes personnes. Informez-vous à votre gardien de territoire.
Fin de la citation.

En d’autres mots, si vous et votre copain êtes tirés premiers, par miracle, deux jours en ligne au « Bingo SÉPAQ », vous ne pourrez pas retourner deux fois sur le lac vedette du moment. Cette pratique du « lac vedette » s’applique aussi parfois à tous les occupants d’un chalet. Par exemple si vous occupez le chalet Shawinigan #4, votre groupe de 14 personnes pourrait théoriquement allez une seule fois pêcher sur le lac Busard. C’était le cas en 2010 pendant mon séjour là-bas et non je n’ai pas eu la chance d’y pêcher encore l’an dernier!

Autre détail important, certains lacs vedettes sont offerts 1 seule fois par séjour! C’est le cas du lac Crodeau (chalet du Cap) et du lac des Frères (chalet Aubry). Si vous voulez que tous les membres de votre groupe de 4 personnes puissent pêcher l’un de ces deux lacs vedettes, vous devrez réserver deux blocs de séjour. En d’autres mots, vous devrez séjourner dans la Mastigouche du vendredi au mercredi, du lundi au vendredi ou du mercredi au lundi…

Vous me lisez toujours. Vous êtes courageux et vous méritez donc d’en apprendre encore plus sur ma réserve favorite…

Pourquoi parle-t-on si rarement du bingo-SÉPAQ dans les « shows » de pêche et les articles dans les médias écrits selon vous? Est-ce tout simplement parce que ce n’est pas vendeur? Pourquoi on aime mieux vous parlez des résultats de pêche que vous pourriez avoir si vous êtes tirés premier?

Mes copains ont bien aimé le secteur Houde-Patoulet au mois de mai 2010. Si nous n’avions pas eu un 4X4 dans le groupe, les choses auraient probablement été différentes. Notre chance au tirage au sort pour l’attribution des lacs aurait eu plus d’importance. Et ça, on ne vous le dira pas dans le prochain publireportage que vous lirez dans un magazine ou que vous écouterez à la télé. Dans la Mastigouche, vous n’aurez pas toujours la chance de pêcher en face de votre chalet. Pourquoi? Tout simplement que le potentiel des lacs ne le permet pas. C’est la raison qui explique aussi pourquoi vous n’avez pas le droit de pêcher dans cette réserve le jour de votre arrivée. C’est écrit noir sur blanc sur les confirmations de réservation. Mais les chroniqueurs de chasse et pêche omettent très souvent de le mentionner. Allez savoir pourquoi…

Vous devez vous demander quels sont les lacs qui seront ouverts pendant votre séjour? À part à l’ouverture, c’est difficile à dire. Théoriquement, une fois que le quota annuel d’un lac est atteint, la SÉPAQ le ferme et elle ouvre un lac de remplacement. Les lacs de remplacements sont en général de très bons lacs. Mais c’est impossible de savoir exactement quand ils ouvriront.

Pourquoi les chroniqueurs professionnels omettent-ils de vous mentionner tous ces détails? Revenons à l’auteur de ce magazine qui avait publié un « reportage » sur le secteur Shawinigan en 2009. J’ai mis la main, par un heureux hasard, sur le document qui lui a permis d’aller pêcher gratuitement là-bas en 2008. Un formumlaire GRATUITÉ doit être produit afin d'autoriser les visites de presse obtenues gratuitement ou à une fraction du prix. Ce document mentionne que 2 participants ont pu profiter d’une gratuité d’une valeur de 912$. L’auteur et le photographe probablement.. Ma source m’a aussi donné une copie de la confirmation de réservation de leur séjour. Ce document mentionne, lui, la présence de 6 personnes, toujours pour une valeur de 912$. Avec les taxes, le total atteignait 1 033,94$. Si je pars du principe que la SÉPAQ n’a pas assumé les taxes, ce court voyage de 2 jours aurait coûté à ces 6 personnes la somme de 121,94$. Un peu plus de 20$ par personne pour occuper le chalet Shawinigan #3. Ce n’est pas cher. Vous devez aussi prendre en considération qu’ils ont eu accès à un lac vedette avant le grand public. Voilà de bonnes raisons d’être positifs dans son article et d’oublier de légers détails qui ne sont pas trop vendeurs…

No money no candy. C’est probablement aussi la façon de fonctionnement de plusieurs chroniqueurs de pêche pour qu’ils parlent d’un fournisseur de séjour dans leur papier. Dans leur cas, ils font dans l’échange de services… Un séjour gratuit ou à une fraction de prix contre un beau papier élogieux sans détails négatifs.

Au plaisir de lire vos commentaires

David Lefrançois
Montréal

Commentaires

Bonjour, que c'est rafraîchissant de te lire, je trouve justement que les chroniqueurs de pêche sont sur une autre planète. Gros voyage de pêche sur le bras avec tous les guides et gadgets inimaginables pour la pêche. Mais que veux-tu, il faut vendre des publicités... Sur une autre note, je suis allé pêcher dans la réserve Mastigouche le week-end dernier et c'était ma première expérience pour ce type de pêche et j'ai vraiment apprécié ma journée. La météo et la truite ont collaboré pour cette journée et j'ai maintenant la piqûre (de mouche noire aussi). Une chose me désole par contre, j'ai mon propre canot qui me permet de pêcher sur des lacs difficiles d'accès, mais le choix de lacs (avec embarcation personnelle) est limité dans la Mastigouche et inexistant dans la majorité des autres réserves de la SEPAQ. Est-ce que tu connais d'autres endroits (réserve faunique ou public) qui permettent d'utiliser mon canot(avec un portage raisonnable 10-20 minutes)? Merci et aux plaisirs de te relire...

Merci Michel d'avoir pris le temps d'écrire un commentaire.

Je te recommande de contacter les réserves fauniques et les parcs près de chez toi. Vérifie s'ils offrent le forfait de pêche-aventure.

Tu peux aussi faire des recherches avec Google Maps dans ta région. Vérifie tous les chemins forestiers qui semblent mener vers des coupes récentes. Une fois que tu auras étudié Google Maps, tu peux étudier les cartes pour trouver des lacs à proximité de ces nouveaux chemins. Tu pourrais faire des découvertes intéressantes.

Je te recommande d'être discret sur tes résultats. Malheureusement au Québec bon nombre de pêcheurs pensent que s'ils ne vident pas un lac, d'autres le feront...

Bonne saison 2011

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